UN MIRACLE AU NIOKOLO KOBA?

Un éléphant observé en liberté pour la première fois depuis des années au Sénégal

Le pachyderme, un mâle « probablement âgé de 35 à 45 ans », est resté placidement sur le bord de la route « pendant 2 ou 3 minutes », avant de « s’éloigner tranquillement », au coeur du Parc national de Niokolo Koba
Un éléphant en liberté a été observé de près en janvier dans un parc national de l’est du Sénégal, pour la première fois depuis des années, signe selon ses responsables que la pression du braconnage s’atténue dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. « Nous venions de voir des buffles quand, tout à coup, quelqu’un a lancé: +Oh, un éléphant!+ », raconte Philipp Henschel, le directeur pour Afrique de l’Ouest et centrale de l’ONG américaine Panthera, qui participait à une mission d’observation au coeur du Parc national de Niokolo Koba, à plus de 600 km au sud-est de Dakar.Le pachyderme, un mâle « probablement âgé de 35 à 45 ans », est resté placidement sur le bord de la route « pendant 2 ou 3 minutes », avant de « s’éloigner tranquillement ».
La rencontre s’est déroulée dans la matinée du 19 janvier dans une zone vallonnée et difficile d’accès, proche du Mont Assirik, où les derniers éléphants du Sénégal ont trouvé refuge.Au nombre d’une centaine dans les années 1980, la population d’éléphants a été décimée sous les effets du braconnage, d’une sécheresse accrue et de l’exploitation forestière et agricole aux abords de la réserve, a expliqué à l’AFP le conservateur général des parc nationaux du Sénégal, le colonel Boucar Ndiaye.
Ces dernières années, des indices (excréments, empreintes et restes alimentaires) et des photos prises par des caméras automatiques ont permis d’établir la présence de quelques éléphants, y compris des femelles et des jeunes, dans le Niokolo Koba, qui s’étend sur plus de 9.000 km2 près des frontières de la Guinée, de la Guinée-Bissau et du Mali. »Mais c’est la première fois depuis au moins trois ou quatre ans qu’un éléphant s’est approché d’aussi près, sans prendre peur », souligne Jacques Gomis, le conservateur de ce grand parc composé essentiellement d’une savane dominée par des baobabs. »Le fait qu’on ait pu l’approcher en plein jour démontre que la sécurité commence à s’installer, que les animaux sont plus sereins, puisque lorsqu’ils sont stressés, ils modifient leurs habitudes et ne se déplacent plus que la nuit », ajoute M. Gomis.Ces dernières années, l’Etat a renforcé la lutte contre le braconnage et l’exploitation forestière illégale. A présent, trois brigades mobiles et des postes fixes assurent la sécurité des animaux 24 heures sur 24, avec le soutien financier d’ONG et de mécènes privés.
Les observations vont se poursuivre dans les prochains mois, afin de déterminer si le groupe est viable et en mesure de se reproduire. « Pour cela, il faudrait qu’il compte une dizaine d’individus », explique le conservateur de Niokolo Koba. »Il ne faut pas s’enorgueillir à outrance, mais on peut se réjouir qu’aucune espèce n’a disparu », souligne le colonel Boucar Ndiaye, selon qui « les efforts doivent être poursuivis pour renforcer la protection des animaux », dont les populations de lions, d’élands de derby (la plus grande antilope d’Afrique) ou de lycaon (chien sauvage africain) restent fragiles.
SENEPLUS

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6 réponses

  1. C’est totalement incroyable.
    On les croyait totalement éradiqués du Sénégal et voilà qu’on les observe à nouveau.
    Tant mieux pour la diversité.
    Mais l’observateur de ce miracle n’avait-il pas, au préalable, mangé des Amarulas???

  2. PHILIPPE dit :

    Sur le plan de la sauvegarde de la nature, les bonnes nouvelles plutôt bonnes sont rares, celle ci est excellente!
    Que ça dure….

  3. Sarroca dit :

    C’est prometteur pour les futurs visiteurs car aujourd’hui les observations restent désespérément vides de tout animal..
    Sinon quelques guibs, phacochères et 4 cobs au cœur de grandes plaines…
    Il faut persévérer car il est aujourd’hui très difficile de recommander la visite du Niokolo…..

  4. Beatrice BRUN dit :

    Les médias du monde entier ont relayé l’info.
    C’est une énorme surprise et heureuse🌍🐘🇸🇳.
    Combien d’éléphants au PNNK actuellement? et avec un peu de chance, 🐘… une femelle gestante, 🤔?

    Comme le dit RWAS, (reducing wild animal suffering) la souffrance domine sur le bonheur dans la nature.
    Privation nourriture, sécheresse, privation de leurs territoires, (urbanisation galopante), mutilations, faim, maladies, parasitisme, prédation de l’homme, (essentiellement ÉTRANGER)❗ 👹
    D’où le rôle des utilitaristes de protéger ces animaux sauvages.
    « L’exploitation illimitée de l’animal par l’homme est une des forces du Mal » 👹
    (marguerite YOURCENAR)

    Comme dit Philippe, (pourvu que cette bonne nouvelle perdure et merci pour votre commentaire 👏

  5. Ndiaye dit :

    Je ne veux pas paraitre rabat-joie, mais j’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’importance cette « bonne nouvelle extraordinaire », du moment qu’ils disent dans l’article qu’ils savaient que il y avait des éléphants dans le parc, mais qui se limitaient à leurs zones loin des « Hommes ».
    Donc au finish, la bonne nouvelle est en fait juste qu’ils en ont vu un trainé dans un endroit inhabituel!
    D’un autre côté, c’est bizarre le parc niokolo koba semble être sous exploré par les agents du parc à tel point que des animaux de la taille d’un éléphant n’y soient pas répertoriés physiquement de façon plus ou moins précise en déterminant leur nombre approximatif autrement qu’en identifiant des indices d’empreintes et d’excréments. Comprend pas! 9000 km2 c’est pas la sibérie non plus..

  6. SIMON Didier dit :

    Faux , en 1980 il ne restait que quelques rares éléphants au Niokolo. NOus avons fait une mission sur le sujet dans le parc avec Dupuis, Directeur des parcs, et Jean Gorse, créateur du parc.

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