« ÉCOLOGIE » A LA SÉNÉGALAISE

Zone des Niayes et filaos: on déboise et on reboise

C’est à n’y rien comprendre. Pendant que l’État coupe les filaos pour construire des routes et déclasse des zones entières pour développer de nouvelles cités, des projets de développement lancent des opérations de reboisement. Et les producteurs maraîchers s’inquiètent.
La zone des Niayes est cette étroite bande de terre sitée sur la grande côte, entre Dakar et Saint-Louis. Exploitée par de petits producteurs maraîchers, elle représente plus de 60 % de la production horticole du pays.
Dans les années 1950, un vaste programme a permis d’y planter une bande de filaos pour fixer les dunes de sable et protéger la cuvette maraîchère.
Une zone en danger
Le déboisement et l’avancée galopante de l’urbanisation font courir un grave danger à cette zone. « Aujourd’hui, la zone des Niayes est menacée par une urbanisation forte et désorganisée, qui évolue vers les terres horticoles », s’alarme Mamadou Ndiaye, coordonnateur de l’Association des unions maraîchères des Niayes (AUMN). « La pratique de plus en plus répandue de l’agrobusiness dans la zone constitue une grave menace pour les quelques 17 500 petits producteurs agricoles et maraîchers membres de l’AUMN » poursuit-il dans un récent communiqué
Malgré ses engagements en matière de protection de la zone des Niayes, les filaos continuent à être coupés. Nous en avions parlé ici. Des zones entières sont déboisées pour construite le prolongement de la VDN, route qui ira de Guédiawaye à Saint-Louis. Et des terres sont déclassées pour faire place à des zones urbaines.
« Le déclassement répond à des intérêts publics et est fait en parfaite conformité avec la loi et les exigences du Code forestier » expliqué le professeur Mame Thierno Dieng, ministre de l’Environnement et du Développement durable lors de la cérémonie de présentation des vœux.
Le forum civil s’en inquiète : « Cette bande est un domaine classé. Pour son déclassement, il faut un décret. Et, pour un décret de déclassement, il faudrait, au moins, des études d’impact environnemental, technique et populaire », explique Pape Michel Mendy, coordinateur du Forum civil de la section de Guédiawaye.
Des projets de reboisement en cours
Pendant ce temps des ONG reboisent. Le projet Sunu Gox, mené par le Gret et Y’en a marre, vient dernièrement de planter 1 000 arbres le long du littoral à Guédiawaye, le long de la route.
Pour mieux assister les agriculteurs de la zone des Niayes, dans la région de Thiès, Sos Sahel a lancé, en 2019, l’opération « Sos verte » pour la reforestation de la bande des filaos. Plus de 35 000 hectares de terres seront restaurés pour la promotion de l’agriculture. « La disparition des Niayes avec l’industrie extractive risque de nous installer dans un pays importateur de légumes. C’est la sécurité et la stabilité du pays qui en dépendent », a déclaré Sidy Sarr, le vice-président de Sos Sahel.
Alors où est la logique ?
C’est une bataille entre promotion immobilière et sauvegarde des espaces verts et agricoles. Elle s’annonce mal compte tenu de la forte pression urbaine au Nord de Dakar. Le Plan directeur d’urbanisme de Dakar et ses environs à l’horizon 2035 semble déjà dépassé.
article original et photos: https://www.au-senegal.com/zone-des-niayes-et-filaos-on-deboise-et-on-reboise,12714.html?fbclid=IwAR3bdcuV5oRlQ1DQCSSbcnztsx0CjBipSgqZgAvvMSAWPMeR66ws4eXl0Oo

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2 réponses

  1. Stephane dit :

    Essayé de comprendre les Sénégalais c’est se rendre complice de leur niveau de connerie

  2. jean-marie dupart dit :

    malheureusement nous avons le même constat et le pays aura du mal à se remettre de cette folle course au « progrès »

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