LE CHANVRE INDIEN EN QUESTION

Le chanvre indien fait des ravages chez les jeunes Sénégalais

Dans la banlieue dakaroise, les jeunes et adolescents sont souvent dans la délinquance juvénile à cause notamment de la pauvreté. Agressions, drogue, ces jeunes touchent à tout. Le cannabis communément appelé « chanvre indien » est la drogue la plus accessible et la plus utilisée.
Dans le quartier populaire de Khar Yallah, dans la banlieue de Dakar, un groupe de jeunes se partagent un joint de chanvre indien enveloppé dans un bout de papier. Pour eux, ce moment est unique. Sous couvert de l’anonymat, ils se confessent au micro de VOA Afrique.
« Fumer du chanvre indien me permet de me libérer de tous mes soucis pendant un certain temps. J’ai l’esprit tranquille et le corps super léger. Je suis élève en classe de 4e. J’ai commencé à prendre ca au collège parce qu’il y avait un grand qui m’en vendait par petites quantités et finalement, je m’y suis habitué », expique-t-il.
« Durant les grandes vacances scolaires, je me trouve un petit boulot et avec mes amis, on se cotise pour avoir un joint à nous partager. On prend notre dose, on est tranquille dans notre coin et on dérange personne ».
Pour avoir leur dose, ces adolescents se tournent vers leur fournisseur, lui aussi relativement jeune. Il explique les détails de son business.
« Je suis passé par la même galère que ces jeunes avant de devenir revendeur », confie-t-il. « Il y avait nos grands qui fumaient du chanvre juste derrière notre école et en les fréquentant, on a chopé le virus et depuis, on est dans le business du chanvre. Au Sénégal, il y a de rares personnes qui cultivent du chanvre indien. La plupart du temps, on s’approvisionne depuis la Gambie, le Mali, et même la Casamance. Les zones qui sont en conflit sont plus adaptées à la culture du chanvre indien ».
Malgré ses ravages, le chanvre indien est plus que jamais utilisé par les adolescents. La plupart du temps, ils le font au péril de leur vie.
« Je suis une fois tombé malade à cause du chanvre indien. Je respire difficilement et je toussais tout le temps. D’ailleurs, la plupart du temps, ces toux étaient accompagnées de sang. J’avais très peur et les gens me suppliaient d’arrêter l’usage du chanvre indien, mais rien n’y fait je continue toujours à l’utiliser », témoigne un jeune Sénégalais.
La population participe à la marche de Médecins du monde qui encourage le dépistage du VIH et du Sida près de Cotonou, Bénin, le 1er décembre 2007.
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Le docteur Idrissa Ba, psychiatre-addictologue et coordonnateur technique du Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar affirme que les conséquences peuvent parfois être plus graves.
« Du fait de la consommation, beaucoup de jeunes deviennent incontrôlés et dépendants. L’autre conséquence, c’est d’autres problèmes sur le plan médical », souligne-t-il.
« Des problèmes pulmonaires, des problèmes de comportement parce que ça entraîne des troubles du comportement, mais aussi à la longue ca impacte sur les fonctions cognitives donc des troubles psychiatriques peuvent apparaître. Il y a aussi des conséquences sur le plan social avec la violence ».
Au Sénégal, le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar est la seule structure capable de venir en aide à ces jeunes usagers de drogues. Le Docteur Idrissa Ba assure qu’ « il faut former le personnel local pour qu’il puisse prendre en charge les problèmes liés au trafic de drogue au même titre que les autres problèmes de santé ».
Dans le district de Cox’s Bazar au Bangladesh, où vivent la plupart des réfugiés rohingyas, les saisies se font plus fréquentes et plus importantes.
« Nous sommes des médecins, on ne peut pas former et mettre partout des spécialistes, mais on peut former des gens et cela participe à la lutte contre la discrimination ».
Au Sénégal, la prise en charge des jeunes victimes d’addictions est problématique. Il n’existe qu’une seule structure spécialisé dans la lutte contre les addictions et la consommation de drogue, plus particulièrement celle du chanvre indien demeure importante chez les adolescents.
Loin des structures de prise en charge et sans contrôle parental, ces jeunes demeurent prisonniers de leur addiction.
Seydina Aba Gueye/voaafrique.com

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3 réponses

  1. issa gibb dit :

    Le chanvre indien = Cannabis pour le nommer par son autre nom est fourni aux Jeunes du Sénégal par ???
    La Gambie, Le Mali et la Casamance ??? Ou l’HYPOCRITE « TOUJOURS LES AUTRES » !
    Chercher et fouiller un peu plus profond… Et vous trouverez que les fournisseurs de cannabis de la jeunesse sénégalaise, sont de purs sénégalais souvent très bien placés dans les sphères privilégiés du pays, pour faire du fric facile et rapidement … En plus, des mafias chinoises qui sont dans leur logique d’intoxication d’un pays conquis, en favorisant ces drogues dites légères au début, pour passer aux drogues dures plus lucratives pour eux, mais plus dangereuses et d’accoutumances plus rapides pour la jeunesse et même la population adulte Sénégalaise… »Pour oublier leurs soucis et faire comme les grands  » comme le disent si bien, ces collégiens déjà, drogués à 14 ans, au Sénégal
    Sans oublier qu’une grosse partie de ces trafics de drogues servent à financer l’achat d’armes pour Daesh et d’autres groupes terroristes … Si vous regardez bien, les tronches et surtout les yeux des jeunes sénégalais, qui reviennent du Magal à Touba, auxquels ils ont participé pour leurs premières fois… On devine très vite, qu’ils n’ont pas manger que du mouton et bu que de l’eau… Y-a pas photo !

  2. Etienne MENOUX dit :

    Yamba nerna

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