NGOR SAÏ SAÏ

Au Sénégal, l’île des amours volés et des tentations assouvies

N’Gor, au large de Dakar, est devenu le rendez-vous de la jeunesse sénégalaise. On peut s’embrasser et se tenir la main, loin du poids des traditions et du regard des proches.
Quatre filles au bord de l’eau. Cheveux longs, maillots échancrés, pagnes à imprimé léopard, créoles dorées, rouge à lèvres… Elles ont à peine plus de 20 ans. Elles parlent fort, rigolent, prennent la pose, bras en l’air, jambes tendues, et se mitraillent avec leurs portables. Une photo, deux photos… Silvania, étudiante de troisième année en « qualité, hygiène, sécurité » à l’université de Dakar, assure qu’elles sont « venues là pour la beauté de la plage et des paysages ». Sur le sable, assis en rang d’oignons, les yeux écarquillés, plusieurs brochettes de garçons, plus ou moins du même âge, ne ratent pas une miette de la scène de séduction. On les appelle des saï-saï (traduisez : dragueurs invétérés). Ils sont au spectacle.
C’est une après-midi banale sur la plage principale de N’Gor, une île au large de la pointe des Almadies, à la périphérie de Dakar. 200 mètres sur 500, protégés du bruit et de la pollution de la capitale sénégalaise, avec des allées de bougainvilliers et des villas de luxe (Peter Gabriel et France Gall y ont eu leur villégiature).
Des barques de pêcheurs pleines à craquer de jeunes filles accrochées à leur sac à main et de jeunes hommes en baskets font des allers-retours non-stop avec le continent pour 1.000 francs CFA (1,50 euro). L’endroit est devenu le nouveau rendez-vous de la jeunesse dakaroise, l’île des amours volées et des tentations assouvies…
Nathalie Funes/nouvelobs.com

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4 réponses

  1. issa gibb dit :

    Une petite escale romantique dans ce monde de brutes… Mais les mots « amours volées » et « tentations assouvies » sont de trop dans cet article, dans un pays où les libertés, les réunions de groupes sont de plus en plus surveillées et restreintes (§ Rapport 2018 d’Amnesty International de Surveillance du Sénégal).
    Ce lieu de rendez-vous de la Jeunesse, risque d’être vite dénoncé par les obscurantismes à la police pour museler les libertés de cette jeunesse trop libertaire à leurs goûts..
    Pour protéger cette jeunesse, il faudrait peut être taire les lieux et leurs agissements amoureux à Ngor ou ailleurs pour qu’ils ne soient pas inquiétés par les Limiers à cause des dénonciations des Mecs en robe… Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ou à étaler dans les journaux dans une dictature islamo-policière , en suivant simplement, le conseil du « Pour vivre heureux, vivons cachés » !
    N’oublions pas qu’un chanteur s’est fait emmerdé par les intégristes religieux pour un sac rose, dans leurs crises homophobes après la visite du Président Américain Obama au Sénégal en 2013… N’oublions pas qu’une petite starlette de la télévision, s’est faite inquiétée et mise en garde à vue par les Limiers en 2014 sur dénonciation des Mecs en robe, pour une vidéo sur Internet où elle dansait dans son appartement, avec un teeshirt blanc mouillé sur le corps et un pantalon rouge que les obscurantistes ont trouvé trop moulants et indignes des valeurs de l’Islam (preuves qu’ils regardent bien, ces genres de vidéos sous le manteau)… N’oublions pas que des jeunes se font tabassés ou tués par la police, pour moins que çà : Les étudiants de Thiès qui manifestaient pacifiquement pour demander le remplacement d’un professeur absent pour maladie en 2016 et qui ont été tabassés par la police avec une violence extrême…Ou le regretté Fallou qui a été tué à balles réelles par la police en mai 2018 parce qu’il manifestait contre le retard des versements de ses tickets-resto pour manger au restaurant de son l’Université… Ainsi qu’un autre étudiant inconnu, tué dans les mêmes conditions, déjà en 2014…
    Les jeunes sénégalais désespèrent car ils n’entrevoient aucun avenir meilleur, ni la sortie du tunnel de la misère… Il faut éviter de leur mettre des bâtons dans les roues, dans leurs amourettes et leur préserver au moins çà, pour s’évader du néant dans lequel leurs dirigeants, leurs religieux et leurs polices, les tiennent…
    Vive les amoureux !

  2. Frank dit :

    Comme d’habitude le commentaire d’Issa est aussi intéressant que l’article lui-même. Merci Issa

  3. Tiocan dit :

    Vive les amoureux, mais on voit bien l’hypocrisie de la société sénégalaise où tout est dans le paraître. Les jeunes font n’goulou goulou à un âge précoce mais il est mal vu de se tenir la main ou de se donner un baiser dans la rue.
    Quand aux demoiselles, elles ont intérêt à bien cramponner leur sac à main, car où il y a foule, il y a aussi beaucoup de voleurs.

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