La pilule du lendemain pullulue

L’utilisation abusive inquiète les pharmaciens
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Les pharmaciens installés sur la Petite Côte sont inquiets de l’utilisation abusive du « Norlevo ». Ce contraceptif d’urgence appelé aussi « pilule du lendemain » est très prisé par les jeunes filles qui visent à éviter une grossesse après un rapport non protégé. Aujourd’hui, les professionnels de la santé proposent le retrait de ce médicament du circuit ou, à défaut, d’interdire sa vente sans ordonnance dans les officines.
L’utilisation du « Norlevo » et du « Secufem », communément appelées « pilules du lendemain », a complètement explosé ces dernières années. De plus en plus de jeunes filles, mineures comme majeures, ont recours à cette contraception d’urgence qui leur permet de réduire les risques de grossesse non désirée. Mais beaucoup d’entre elles semblent ignorer que cette « pilule du lendemain » ne doit être utilisée qu’en dernier recours, car n’étant pas fiable à 100 %. « Le médicament doit être utilisé le plus tôt possible, de préférence dans les 12 heures ou au plus tard dans les 72 heures après un rapport sexuel », explique un pharmacien. « Mais l’utilisation de cette contraception d’urgence ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles et ne peut remplacer les précautions et les mesures nécessaires à prendre en cas de risque de transmission », indique-t-il en soutenant que l’utilisation de cette contraception peut augmenter la pandémie du Sida.
Le « norlevo » bat les préservatifs
À en croire certains pharmaciens, la vente des préservatifs a chuté d’une manière grandissante pour laisser la place à la vente du « Norlevo » et à d’autres contraceptions comme le « Secufem ». Aujourd’hui vendu comme des petits pains dans les officines, le « Norlevo » ou le « Secufem » remplace la vente des préservatifs, constatent des pharmaciens établis sur la Petite Côte où le taux des sidéens est très élevé. Faut-il retirer le produit du circuit ? Selon des propriétaires et employés de pharmacie, compte tenu du danger que constitue la vente abusive du produit, il est plus judicieux de le retirer du marché, car, soutiennent-ils, ça rentre dans le cadre de la lutte contre le VIH Sida. « Encourager l’utilisation du « Norlevo », c’est encourager les rapports non protégés », peste un pharmacien qui pense que la vie d’un être humain est plus sacrée qu’amasser de l’argent en vendant ce produit. Les utilisatrices, pour la plupart, sont constituées de travailleuses du sexe, de femmes dont leurs maris sont absents et d’autres mariées à des Européens. Or, à Mbour et à Saly, il est établi selon des sources médicales que les travailleuses du sexe sont plus promptes à la contamination du VIH. De ce fait, certains spécialistes de la santé estiment qu’il faut impérativement surveiller le médicament à défaut de le retirer du marché. « Au début, la vente se faisait sur ordonnance médicale et aujourd’hui on ne sait pas pourquoi on est arrivé à la vente libre du médicament », fulminent des pharmaciens qui invitent les autorités médicales à prendre leurs responsabilités même si eux, préposés à la vente, doivent y laisser une fortune.
Des effets secondaires néfastes
De l’avis de beaucoup de pharmaciens, le produit est fortement dosé et peut entraîner des effets secondaires très néfastes. Or, estiment-ils, l’utilisatrice ne connaît pas certaines informations médicales sur le produit et l’avis du médecin est souhaité pour la délivrance de l’ordonnance. Une enquête menée auprès d’une dizaine de femmes nous a permis de constater que nombre d’entre elles ignorent les effets secondaires qui sont très dangereux pour leur santé. Il est aussi clair que dans le milieu des travailleuses du sexe, celles qui utilisent le « Norlevo » ne sont mues que par le souci de procurer beaucoup de plaisir à leurs clients et amasser beaucoup d’argent. Mais les pharmaciens sont formels : l’utilisation du produit doit être faite sur un intervalle d’un mois. Ils évoquent par ailleurs le danger que constitue pour elles l’utilisation abusive.
Des femmes qui vivent avec des Européens d’un âge avancé et qui ne veulent pas avoir d’enfants sont également victimes d’une sur-utilisation du produit. Il en est de même pour certaines femmes infidèles dont les maris se trouvent hors du pays. « Le « Norlevo » laisse une porte ouverte à toutes sortes de danger, dont les maladies sexuellement transmissibles (MST) », soulignent des spécialistes de cette maladie établis aux postes de santé du département de Mbour. « Aujourd’hui, nous recevons beaucoup plus de cas de malades atteints de MST et cette proportion devient inquiétante », nous confient-ils. Aujourd’hui, l’heure est grave et plusieurs pharmaciens et travailleurs de la santé demandent aux autorités de s’impliquer davantage sur l’utilisation de cette contraception d’urgence qui est détournée de ses objectifs initiaux.
mbourinfo

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1 réponse

  1. PDP dit :

    c’est une campagne de prévention sur le VIH en insistant sur l’unique protection que représente l’usage des préservatifs qui devrait être menée par le gouvernement, en diminuer le prix de vente et en élargir la distribution à tous les boutiques. Les pharmaciens ont également un rôle à jouer en rappelant à ces jeunes filles lors de la délivrance de cette pilulle du lendemain qu’elles échappent à une grossesse mais qu’elles n’échapperont pas au VIH et qu’elles sont responsables de sa propagation.

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