Les richesses du Sénégal menacées…

Sites archéologiques, baobabs et rôniers menacés
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La petite côte sous la hantise de la boulimie foncière expose le patrimoine à un péril. Plusieurs paysages du département de Mbour ne cessent de croître du fait de la poussée démographique exponentielle. Des lieux traditionnels, antres de génies titulaires, et des sites archéologiques sont souvent sous le béton ou le fer ou en voie de l’être. 
Au niveau de certains foyers ruraux, les baobabs et les rôniers font les frais des braconniers et des personnes mues par des préoccupations mercantiles .L’espace est occupé pour l’agro-business, la construction d’habitat à l’ignorance totale de ce qui est sous les sables depuis des générations : des vestiges historiques.
La construction de la station balnéaire à Saly-Portudal a fait délocaliser au début des années 1980, tout un pan de la culture Koulang (un quartier porte le nom) surtout au niveau de ses sanctuaires. Ousmane Guèye, le maire de Saly-Portudal mène un combat, celui de préserver les vestiges et les traces de la présence portugaise depuis le 16ième siècle. Le fait jure avec la disparition progressive du parler local de ce terroir Le koulang, qui, à force de non usage, a laissé place à un vide. L’entrisme du wolof a fini de par le  reléguer aux calendes grecques.
Au niveau de Mbour, des traces de la présence coloniale se perdent de manière progressive. Le wharf, symbole de la vie économique offre, le triste spectacle d’une ligne de poteaux en bois de rôniers. Pourtant, des chalands y accostaient pour l’évacuation des graines d’arachide dans des cargos vers l’Europe. La seconde mort de cette infrastructure est survenue après l’indépendance avec l’absence de protection d’installations liées à l’histoire de la ville.
Mango Guelem, le symbole du centre de la ville de Mbour et faisant face à la Grande Mosquée, une réserve foncière. Ce lieu chargé d’histoires et de traditions est occupé par une pharmacie.
A Mballing, un marigot sis au niveau du Sud-ouest de la commune de Mbour, les choses se déprécient de manière vertigineuse. Le grand baobab, abri des pélicans ou Gouye Salamalekoum (repaire du génie tutélaire de la ville Coumba Ballenne) est de nos jours menacé de disparition. En ces lieux, on faisait des scènes bawnanne (cérémonies traditionnelles propitiatoires pour provoquer des pluies en période sécheresse). Les dépositaires de ce sanctuaire ont baissé les bras. Seuls les habitants de la zone Sonatel se meuvent pour contester les ilots attribués à des fins d’habitation ou les berges du marigot qui sont asséchées.
Un privé a revalorisé le tombeau d’un talibé de Cheikhouma Oumar (El Hadji Omar Tall) lors de son périple dans la petite côte au cours du 19ième siècle (voir site de l’ex Orstom-office de recherches scientifiques des territoires d’outre mer- ou actuel Ird- institut de recherche développement).
La communauté rurale de Fissel regorge de sites historiques. L’école élémentaire de Fissel-Mbadanne portant le nom de Abdel Kader Lèye ( un ancien chef de canton) et la résidence de ce dernier méritent une restauration. Des cérémonies traditionnelles de miss ou labrar sont à l’épreuve du temps. Le Gapiguy de Mbalmsome ,cet objet en en fer reste le symbole des croyances de toute une contrée.La lecture historique en fait un reste de canon abandonné par les troupes de l’officier français Pinet Laprat au 19 siècle période des guerres de conquête et résistance. Le tamarinier de la route de cette localité ne finit pas de nourrir mille interprétations de sa fonction. Si les uns en voient un lieu mystiques ,d’autres le considèrent comme une voie de passage obligée de personnes réclamant des droits de passage ou de traversée du Jeguem ( terroir englobant les communauté rurales de Séssène, Sandiara, Fissel et une partie de Ndiaganiao).
A dix kilomètres de Mbour, sur l’axe allant vers Joal-Fadiouth, le marigot de Thiamassas, ou du moins ce qui en reste, a sur ses berges traces de la présence de l’homme au cours de la période protohistorique. Les cartes d’histoire et de géographie du Sénégal en parlent. Bon nombre  d’étudiants en histoire de l’Université Cheikh Anta Diop y ont fait des visites ou des fouilles archéologiques. Des coquillages et autres pièces comme des ossements ou des pointes de flèches taillées sur du calcaire en témoignent. L’alerte est sonnée par la construction de la future station balnéaire de Pointe Sarrène. L’arrivée des bulldozers, des Caterpillar ou des poque lins pour des travaux de terrassement risque d’être trop tard pour agir dans la conservation de ce patrimoine.
Joal-Fadiouth encore dans la conservation de sa ruralité résiste encore à la dislocation de ses sites du génie tutélaire comme Mama Nguedj, Mama Ndagne, Kouta …
Des paysages et especes vegetales menaces
Le baobab, l’arbre emblématique au Sénégal, vit des heures difficiles et un avenir sombre. Pourtant, à quelques encablures de la réserve naturelle de Bandia, la forêt de baobab de Diam Bougoum ou la Forêt bleue dans la partie nord ouest de Nguékokh se meurt. Le maire de la ville, Abdou Ndiaye, motive davantage ses brigades de surveillance appuyées par les agents des Eaux et Forêts. L’ingéniosité humaine a fait naître des initiatives très meurtrières. Avec les lotissements, les gens s’installent. Ils ne coupent pas les baobabs pour ne pas s’exposer à la loi, mais ils les tuent autrement : par empoisonnement. Des investigations nous apprennent l’usage d’huile de vidange et des restes de requin pour les mettre dans les entailles faites sur un baobab. Par conséquent, en moins d’une semaine, l’arbre s’affaisse.
Les rôniers connaissent le même sort avec le braconnage .La coupe de ces arbres frise le ridicule. Toute une entreprise en place déjoue la vigilance des agents des Eaux et Forêts. Chaque jour, les  villageois des localités de la communauté rurale de Nguéniène décrient le fait avec impuissance.
La première menace dans la petite côte contre le littoral reste l’avancée de la mer. Les géo-parcs de Popenguine à côté de la réserve naturelle de Keur Cupam restent encore vierges .Leur importance a été signalée par les missions de l’agence nationale chargée de la recherche scientifique au Sénégal accompagnant des étudiants  .Des efforts énormes ont été entrepris pour protéger les lieux.
Samba Niébé BA/Sudonline

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