96% des touristes ne reviennent pas au Sénégal

Teranga sénégalaise : 96% des touristes ne souhaitent plus revenir au Sénégal

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La faiblesse du taux de retour des touristes au Sénégal (4% au plus) renseigne sur l’énorme travail que le ministre de la Culture et du Tourisme a pourtant décidé de remporter.

Des spécialistes indiquent que 4% des touristes reviennent au Sénégal et que moins d’un touriste sur un souhaite revenir au Sénégal, en dépit des superbes sites, de l’histoire et du littoral du pays. Des chiffres qui ont une incidence « très défavorable » sur les rentrées de devises qui sont descendues sous les 309 milliards de francs CFA de 2007. De 409 316 arrivées dont 92 500 résidents en 2007, les arrivées sont descendues à 350 000, selon les dernières estimations de 2010.

Les raisons de la baisse de la fréquentation touristique de la destination Sénégal sont nombreuses. Des spécialistes du secteur qui rivalisent d’analyses dans leurs blogs évoquent le manque de productivité lié à un très mauvais rapport qualité-prix de l’hôtellerie et au déficit chronique de promotion et de concertation (Nouhad Bourgi, consultant en ingénierie du tourisme).

S’y ajoute selon cet expert « l’impact dévastateur du renchérissement constant des taxes de toutes sortes. » « Une situation qui achève de ruiner la crédibilité de la destination : un matraquage en règle du secteur touristique qui risque de rendre le Sénégal infréquentable », affirme-t-il dans son blog.

C’est ainsi qu’un observateur se demande si l’on peut parler encore du Sénégal comme le pays de la Téranga (hospitalité).

« Le Président Macky Sall a dit lors de l’inauguration de la biennale que la Teranga est plus forte que l’hospitalité, Youssou Ndour se bat beaucoup pour vendre la destination Sénégal aux hommes d’affaire sénégalais comme aux internationaux, mais peut-il à lui seul changer les choses si l’on ne fait pas du tourisme une cause nationale ? », s’interroge l’observateur.

A ce propos, Bourgi est sans équivoque. « Parmi les multiples prélèvements, citons le renchérissement sans frein des redevances aéroportuaires dont l’accumulation peut représenter jusqu’à 50% du prix du billet, faisant de Dakar l’un des aéroports les plus chers au monde. »

Cette analyse revient dans le discours des spécialistes, mais aussi des voyageurs. ASI24 a fait l’expérience en décortiquant des billets d’avion dont les prix nets de 125 000 francs sont vendus à 394 000 francs CFA, voire plus.

Outre le renchérissement des taxes « qui ne se comprennent dans parce que l’aéroport Léopold Sédar Senghor dégoûte n’importe quel voyageur », s’ajoute la « qualité d’accueil exécrable et un environnement inacceptable. »

« Quand un étranger l’aéroport de Dakar, il n’a plus envie de revenir. Les policiers ne sont pas mis dans de très bonnes conditions, l’étranger a l’impression qu’ils sont fatigués. Arrivé aux bagages, le voyageur découvre un b… indescriptible.

« Il est agressé par les bagagistes qui n’ont rien à y faire, à la sortie, le voyageur est assailli par des cambistes, des voleurs, des chauffeurs de taxi clandestin, des taximen qui ne parlent ni français ni anglais. Tout ce qui est mauvais et inacceptable est vu par le touriste dès l’aéroport », regrette un spécialiste qui requiert l’anonymat.

La source d’ajouter que le touriste ne retrouve la quiétude que dans sa chambre d’hôtel et quand il quitte le Sénégal. « Ce n’est pas étonnant qu’il ne désire plus revenir. Youssou Ndour a beaucoup à faire, vraiment », martèle-t-il.

Pendant que le Sénégal régresse dans secteur touristique, de nombreux pays ont enregistré une reprise en dépit de la crise économique, grâce au dynamisme de la demande touristique domestique et internationale pour conforter la progression de l’ensemble de leurs économies, note dans son blog Mouhamed Faouzou Dème,administrateur directeur général de la société de communication et promotion touristique, Maison du Sénégal.

Pour un Boubacar Ndiaye, un expert en tourisme, les ministères de l’Intérieur, de l’Economie et des Finances doivent s’associer à l’effort de Youssou Ndour.

« Youssou Ndour est en train de marquer le terrain. Jamais dans l’histoire la culture et le tourisme n’ont été autant médiatisés tant au Sénégal qu’à l’international. Cela veut dire que Youssou Ndour a impacté, maintenant il faut aussi lui donner les moyens de réussir, parce que c’est tout le Sénégal qui va en bénéficier »

Une remonté pourrait être notée cette année avec l’arrivée de Youssou Ndour au ministère de la Culture et du Tourisme. « Après sa déclaration de candidature à la présidentielle et pendant les deux campagnes électorales, le secteur hôtelier a enregistré l’arrivée de centaines de journalistes dont certains sont restés plus d’une semaine à Dakar. Et cela, on le doit à Youssou Ndour », note Charles Faye, son conseiller en communication.

En avril, le ministre a invité les membres du gouvernement et les hommes d’affaires de passer leurs vacances à Dakar. Selon un fonctionnaire, le tourisme domestique pourrait monter « opportunément ces prochains mois ».

NB/ASI24

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4 réponses

  1. jeangilles dit :

    Bjr
    96% de decus je pense que ca fais beaucoup mais vraiment beaucoup…….

  2. oyster dit :

    Je suis allé pour ma part quatre fois ,en attendant de revenir .
    Le pays change au fil des années ,et, il est possible que l’accueil soit différent.
    mais , toujours en circuit et en particulier avec la fram.

  3. jeangilles dit :

    Re
    Il suffit de baisser les billets d avion et les touristes reviennent
    Car decembre au Maroc et decembre au Senegal c est pas la meme temperature

  4. SEVESTRE dit :

    PRIORITÉ AU TARIF BILLET AVION TROP TROP CHER ET PROTECTION DU TOURISTE ET DES RESIDENTS TROP DE CAMBRIOLAGES ET DE RAKET DES POLICIERS SUR LES ROUTES . BEAU PAYS MAIS QUE DE DELINQUANCE !

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