Obscurentisme religieux au Sénégal

Sénégal: pas d’école en langue française dans la ville sainte des mourides
Touba3

Le plus haut responsable des mourides, très influente confrérie musulmane au Sénégal, s’est dit « déterminé à combattre » l’enseignement du français dans la ville sainte du mouridisme, Touba, dans une déclaration citée mercredi par l’agence de presse sénégalaise (APS).
« Il n’est nullement question d’implanter dans le périmètre de Touba (à 200 km à l’est de Dakar), une école où l’on dispense l’enseignement français », a déclaré aux médias le khalife général des mourides, El Hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké.
Il a ainsi démenti les propos du président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui avait déclaré lundi que le khalife lui avait signifié « son acceptation de l’installation d’écoles publiques françaises à Touba », selon l’APS.
« Je ne peux cautionner qu’on remplace l’enseignement coranique par toute autre forme d’apprentissage. (…) Je reste plus que jamais déterminé à combattre cette forme d’enseignement », a ajouté le responsable religieux.
Les écoles publiques en langue française avaient été fermées à Touba en 1997. Le Français est la langue officielle de cette ancienne colonie française, indépendante depuis 1960.
Des mourides font valoir qu’on ne verra jamais un khalife contredire un précédent khalife et que le fondateur de la confrérie, Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul (1853-1927), avait été persécuté par les autorités coloniales françaises qui l’avaient fait exiler au Gabon puis en Mauritanie.
Au Sénégal, pays réputé pour sa tolérance religieuse, 90% de la population est musulmane. L’essentiel des musulmans adhère à l’Islam soufi représenté par différentes confréries.
Touba, deuxième agglomération du Sénégal, est placée sous l’autorité exclusive du khalife général. Dans cette ville, fumer une cigarette, boire de l’alcool, s’adonner aux jeux de hasard ou encore pratiquer le football sont interdits, tout comme les activités politiques.

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