Cancer chez les enfants Sénégalais

Cancer chez les enfants : 700 nouveaux cas recensés au Sénégal par an
cancer

Un million de francs, c’est le montant nécessaire pour la prise en charge d’un enfant souffrant de cancer. C’est ce qui, pour les professionnels de la santé, justifie la complexité de la maladie pour nombre de familles sénégalaises.
Au Sénégal, environ 700 enfants développent une tumeur chaque année. Et ce nombre pourrait atteindre les 800 cette année. Le chef du service de l’Unité d’oncologie pédiatrique de l’Hôpital Aristide Le Dantec, Pr Claude Moreira l’a révélé, hier, dans les locaux du Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (Sneips). Il s’exprimait ainsi en prélude à la Journée mondiale de lutte contre les cancers, prévue le 4 février prochain.
Pour 12 millions d’habitants, le Sénégal compte près de cinq millions d’enfants âgés de moins de 15 ans. La plupart des cas de cancer chez l’enfant surviennent avant l’âge de cinq ans, note le Pr Moreira. Et parmi les enfants qui développent une tumeur au Sénégal, seuls 20 %, soit le cinquième bénéficie d’une prise en charge. En 2008, seuls 135 enfants souffrant de cancer, soit 19,3 % des cas, ont fait l’objet d’une prise en charge. ‘Bien qu’il soit moins fréquent que le cancer chez les adultes, le cancer chez les enfants a un potentiel évolutif très important. Les cellules cancéreuses se multiplient en quelques semaines’, souligne le Pr Moreira, précisant que la tumeur se traite et se guérit. Mais il suffit de la détecter tôt. D’ailleurs, informe le pédiatre, 80 % des cancers chez les enfants qui arrivent à l’Unité d’oncologie pédiatrique de Le Dantec guérissent.
Le cancer le plus fréquent chez les enfants est le cancer des ganglions : le lymphome de Burkitt est la plus répandue en Afrique. On note également le cancer des leucémies chez les enfants. Selon les spécialistes, ces cancers sont très sensibles à la chimiothérapie, qui est la méthode de traitement utilisée pour enrayer la tumeur. Seulement, prévient le Pr Claude Moreira, c’est un traitement lourd pour les enfants, et ceci à cause de la toxicité médicamenteuse. En effet, dans le traitement des tumeurs, on fait appel à l’utilisation de drogues pour tuer les cellules cancéreuses. Mais à côté, des cellules normales peuvent être également détruites. D’où l’intérêt de guérir la tumeur tout en se gardant de minimiser les effets secondaires. Cette toxicité médicamenteuse se manifeste chez l’enfant par une grande fatigue et des pertes de cheveux.
Mais l’un des problèmes le plus redouté dans le traitement des cancers, c’est la douleur. Elle est ‘monstrueuse’ avec plus de 16 ponctions lombaires, sans compter les autres traitements, se désole le Pr Moreira. Le pédiatre estime qu’il est inacceptable qu’au 21e siècle qu’un patient souffre de douleur dans son traitement.
Un million de francs, c’est le montant nécessaire pour la prise en charge d’un enfant souffrant de cancer. Un montant ‘insignifiant’, note le Pr Moreira, qui estime qu’une famille à elle seule ne pourrait pas prendre en charge un enfant qui a le cancer. Seulement, il fait référence à une prise en charge globale des 800 nouveaux cas attendus cette année. Le chef de service de la pédiatrie de l’hôpital Le Dantec appelle à une mobilisation des pouvoirs publics et de tous les acteurs du secteur de la santé pour trouver la somme des 800 millions nécessaires pour prendre en charge tous les enfants. ‘Aujourd’hui où l’unité de mesure est le milliard dans ce pays, trouver moins d’un milliard par an pour la prise en charge des enfants souffrant de cancer est un geste salutaire pour le pays’, indique le Pr Moreira.
PREVENTION CONTRE LES CANCERS : 30 % des cas sont liés au tabagisme
Le tabagisme est l’une des principales causes de cancer dans le monde. 30 % des cancers développés à travers le monde sont liés au tabagisme. Directeur de l’Institut du cancer à l’hôpital Aristide Le Dantec, le professeur Mamadou Diop en a fait la révélation, hier, lors de la Journée d’information organisée dans les locaux du Sneips en prélude de la Journée mondiale de lutte contre les cancers. Le tabac tue plus de quatre millions de personnes dans le monde. Et si rien n’est fait d’ici 2020, près de 20 millions décéderont suite à la consommation du tabac. En moyenne, 7, 5 années de vies sont perdues à cause du tabac. Le tabac est responsable du cancer du poumon et d’une partie des maladies cardiovasculaires et d’autres maladies pulmonaires. Conscient de cette situation dévastatrice, le Pr Diop, qui faisait une présentation sur la prévention contre les cancers, tire sur la sonnette et appelle à une mobilisation de tous les acteurs de la lutte anti-tabac. ‘Professionnels de la santé, enseignants, législateur, politiciens, professionnels des médias, associations… ’, tous sont interpellés, en particulier l’Etat qui bénéficie d’une manne financière avec notamment les taxes sur le tabac.
Par ailleurs, le Pr Mamadou Diop déplore le manque de fonds et l’absence de subventions pour la prise en charge des cancers. ‘Aujourd’hui, soutient le Pr Diop, il n’y a pas grand-chose qui est fait pour la prise en charge des cancers, surtout en ce qui concerne la mobilisation des fonds. Ces fonds sont essentiellement tournés vers les programmes de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, alors qu’on assiste à une flambée du cancer’.
A cela s’ajoute la réduction des expositions professionnelles et environnementales et de l’exposition aux rayons ultraviolets. Une
alimentation équilibrée, une activité physique régulière et la vaccination contre l’hépatite B sont également des moyens de prévention contre les cancers. Le Pr Diop évoque également la vaccination contre le virus du papillome humain. Ce virus provoque des lésions bénignes, ainsi que le cancer du col de l’utérus et d’autres cancers.
Education et prévention primaire, détection précoce des lésions, traitements et soins palliatifs, sont entres autres recommandations servies par le Pr Diop, soulignant en outre l’accompagnement des personnes malades du cancer et qui sont en stade terminale.

Issa NIANG

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1 réponse

  1. bernard dit :

    l’Afrique est devenu le dépotoir de l’humanité. Les pouvoir locaux se laissent corrompre pour accepter sur leur territoire des dépôts à ciel ouvert de produits hautement toxiques dont on ne sait que faire en Occident. De même que l’Afrique est devenu un marché d’avenir pour les cigarettiers. De moins en moins d’occidentaux fument. Par contre, on fume de plus en plus jeune en Afrique. Pas étonnant dès lors que l’on y recense un nombre croissant de cancers.Les pays occidentaux ont exploité durant des dizaines d’années (et exploitent encore) les richesses africaines. Maintenant, ils y exportent leurs saloperies ety leurs maladies mortelles. Pauvre Afrique

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