Où est l’argent?

L’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Sénégal (Anacs) : Une nébuleuse à coût de milliards

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S’il y a également à l’instar de l’Anoci une agence que la commission des finances de l’Assemblée nationale doit convoquer pour une audition, c’est bien l ’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Sénégal (Anacs), « ex Direction de l’aviation civile (Dac) ». L’Asecna, les sociétés d’assistance et les compagnies aériennes qui foulent le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor lui versent des redevances à coût de milliards sans aucune trace dans le budget national encore moins un investissement dans les infrastructures aéroportuaires .

   

L’Agence nationale de l’aviation civile du Sénégal (Anacs) créée par le décret n° 2003-384 du 28 octobre 2003 est chargée entre autres, de contrôler l’application de la réglementation nationale en vigueur et des conventions internationales signées et ratifiées par le Sénégal. L’Anacs , « agencialisée » donc devenue autonome, est née des cendres de l’ex Direction de l’avion civile (Dac) . C’est le décret 2004 -16-78, sous le magistère de Ousmane Masseck Ndiaye comme Ministre de tutelle qui détermine les redevances dûes à l’Anacs.

 

 

En retour, l’Anacs n’a pas investi le plus petit sou, ni dans les infrastructures aéroportuaires ni dans le renforcement des ressources humaines. D’ailleurs, au temps où l’actuel Premier Ministre Hajibou Soumaré était Directeur du Budget, ce dernier se demandait où allait l’argent perçu par l’Anacs au titre des redevances car il n’ y avait aucune trace dans les écritures comptables du budget national.

 

Mieux, à part Air Sénégal international (Asi) et Air France qui s’auto assistent au sol, toutes les compagnies aériennes qui foulent le tarmac Léopold Sédar Senghor se font assister au sol, soit par Sénégal handing services (Shs) , soit par African handing service (Ahs), les deux seules sociétés d’assistance agrées au Sénégal. Rien que pour 2006, la redevance versée à l’Anacs par Ahs et Shs est de 100 millions par mois. L’administration aéronautique nationale du Sénégal (Aans) doit verser annuellement 1 milliard 500 millions à l’Anacs au titre de la redevance. Sans compter ce que versent les compagnies (appareil et personnel) à l’atterrissage comme au décollage de l’aéroport Léopold Senghor. D’ailleurs certaines sources avancent que c’est l’Anacs qui est derrière le Ministre des transports terrestres et aériens, Farba Senghor et qui tire les ficelles dans le dessein de se voir confier la future agence qui devra gérer l’activité commerciale que gérait l’Asecna pour le compte du Sénégal.

 

Au moment où les yeux sont braqués sur les 26 milliards qui résultent de la gestion commerciale de l’aéroport et des aérodromes du Sénégal à travers la gestion déléguée, toutes les redevances perçues au profit de l’Anacs ne sont pas versées au Trésor public. Selon une source digne de foi, c’est ce qui explique que l’ancienne Direction de l’aviation civile (Dac) a été supprimée pour voir ériger en ses lieu et place, une agence (Anacs). Si bien qu’avec la profusion des agences (qui ont pour la plupart, les missions que certaines Directions et Services techniques de l’Etat) depuis 2000, le doute est permis quant à la gestion népotique et opaque.

 

Mohamadou SY « Siré »

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