L’EURO S’ÉCRASE, LE FCFA SOUFFRE

Les pays de la zone franc CFA subissent la baisse de l’euro et la flambée des prix

Les quinze pays africains dont la devise est adossée à la monnaie unique européenne voient les prix flamber un peu plus encore, tandis que le coût de leurs dettes libellées en dollars augmente.

La baisse du cours de l’euro, d’environ 16 % par rapport au dollar sur un an, a des conséquences jusqu’en Afrique centrale et de l’ouest. Cette dépréciation touche par ricochet le franc CFA, indexé sur la devise européenne et utilisé dans quinze pays africains. Elle renchérit le coût de leurs importations et alimente la flambée des prix de l’énergie comme des denrées alimentaires, déjà sous tension depuis la guerre russe en Ukraine et les nombreuses restrictions aux exportations instaurées dans la foulée.

En Côte d’Ivoire, qui avait été secouée par des émeutes de la faim en 2008, le gouvernement a bloqué les prix de sept produits de base, dont le sucre, le riz et l’huile de palme, au moins jusqu’en septembre. Le Sénégal subventionne l’importation sur le blé et tente de promouvoir la culture de céréales locales comme le mil, le sorgho ou encore le niébé, riches en protéines. Au Togo, le président Faure Gnassingbé a déclaré, fin juin, que les subventions à hauteur de 20 millions de dollars (19,7 millions d’euros) chaque mois n’étaient pas « viables » pour les finances du pays et qu’il privilégierait plutôt une stratégie de substitution des importations.

Pour les pays très endettés en dollars, la dévaluation du franc CFA pèse lourd sur les finances publiques. « Quand le franc CFA perd 20 % de sa valeur par rapport au dollar, cela signifie que le remboursement de la dette libellée en dollars augmente de 20 %, explique Kwami Ossadzifo Wonyra, économiste à l’université Togolaise de Kara. Or, de nombreux pays à bas revenu ont dû contracter des emprunts en dollars pour faire face à la pandémie de Covid-19 ». Au Sénégal, ils représentent à eux seuls 40 % de la dette extérieure.

Julien Bouissou/lemonde.fr

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