RÉALITÉ DE FÊTE

Tabaski : Quand les patrons font appel aux « bonnes » ou « boy » occasionnels pour les tâches ménagères

Durant la fête de Tabaski, les domestiques se font rares à Dakar. Ces dernières rentrent dans leurs villes ou villages d’origine pour passer la fête en famille. Cependant, certaines familles à Dakar optent pour une « bonnes » ou un « boy » afin d’assurer la propreté dans la maison, la veille, le jour-j et le lendemain de fête. La plupart du temps des femmes « lingeuses » ou hommes, appelés « Boy », assurent ce service durant 48 ou 72 h moyennant une somme d’argent allant de 5000 f à 10000f la journée. Seneweb vous fait découvrir ces « bonnes » ou « Boy » occasionnels.

Sabado Gomez plus connue sous le nom de Pithie, la quarantaine dépassée, est une Bissau-guinéenne qui a longtemps vécu au Sénégal. En temps normal, elle fait le linge dans la plupart des quartiers de Grand-Yoff, Dieuppeul, Castors, Liberté 6. Elle habitait Grand-Yoff, avant de déménager vers Keur-Massar, il y a deux ans. Toutefois, elle devient « une bonne » pour assurer le nettoyage dans les maisons lors des cérémonies de mariage, deuil, baptême et durant les fêtes de Korité, Tabaski…

Pour cette année, elle a été prise par la famille Faye, habitant Les Parcelles-Assainies de Keur Massar dans la commune de Jaxaay, pour deux jours, soit la veille et le jour de la Tabaski. Elle va aider dans le nettoyage, la vaisselle mais également la cuisson, en se chargeant d’éplucher oignons, légumes et autres condiments. « Cela fait plus d’une décennie que je fais ce travail. Aujourd’hui, il y a ma fille qui m’accompagne pour que le travail soit rapide. C’est 7500 f la journée et les deux jours font 15 000 f. Je donne une partie à ma fille et je prends le reste », renseigne-t-elle.

« Dès fois, ce sont mes clientes qui me sollicitent et je ne demande rien pour la paie, mais en retour elles me paient bien et m’offrent même des cadeaux. On va en profiter en attendant le retour des domestiques qui sont parties dans leurs villages fêter la Tabaski », lance-elle en sourire.

Même son de cloche chez Marie-Jeanne, la trentaine, de teint clair et d’ethnie « mancagne ». Elle habite Malika, quartier « Ndiago ». Elle a été recrutée par la famille Mbengue dont le chef de famille est gendarme et habite la cité Gendarmerie de Keur-Massar. « D’habitude, je nettoie chez des locataires célibataires, le matin ou l’après-midi. Mais actuellement, mes clients sont partis faire la fête dans les régions. J’en profite pour me faire un peu d’argent aussi. Dans cette famille, les femmes sont toutes mariées et ont rejoint leur domicile conjugal ou partent faire la fête hors de Dakar. C’est la fille aînée de la maîtresse de maison qui m’a embauchée pour aider sa mère le jour de la Tabaski (ce mercredi), pour 7000f la journée. Elle habite seule avec ses deux jeunes garçons et son mari », raconte la jeune femme qui a été engagée pour trois jours de travail, soit la vielle, le jour-j et le lendemain de la Tabaski.

Abdourahmane quant à lui, est un Guinéen. Il est arrivé au Sénégal, il y a 5 ans. Âgé entre 18 et 19 ans à l’époque, il cumule de petits boulots par-ci et par-là. De la vente de sachets au marché Castors au lavage de voitures, Abdourahmane finit par gagner la confiance des clients qui lui offrent d’autres boulots supplémentaires pour arrondir ses fins du mois. Les jours ouvrables, il est à la disposition de son patron, M. Tounkara à qui il fait les petites courses. Les week-ends, il ne chôme pas non plus, puisqu’il fait le tour des domiciles de ses clients pour faire le nettoyage, le lavage des moutons et enclos, ou encore le nettoyage des moquettes. La famille Mbaye qui réside à Castors l’a sollicité pour les aider durant ces jours de fête puisque les deux domestiques qu’elle emploie, sont parties passer la fête au village pour quelques jours et la dame de la maison est souffrante depuis quelques années.

« C’est le fils de cette dernière qui m’a engagé pour cinq jours, c’est-à-dire du lundi au vendredi. Depuis lundi, je viens très tôt vers 7 h 30 et je nettoie toute la maison à grande eau. Vers 9 h ou 10 h toute la maison est propre. Et je reviens dans l’après-midi pour laver la vaisselle. Le jour de la Tabaski (Mercredi) je dois me lever un peu plus tôt car je dois laver les moutons d’abord. Juste après je ferai le ménage comme d’habitude puis je vais aider dans la préparation du festin », explique le sieur Diallo.

Pour ce qui est de son salaire, Diallo n’en fait pas une fixation puisqu’il a affaire à un bon patron. « Normalement les 5 jours doivent faire 25 000f soit 5 000f par jour, mais mon patron est tellement généreux qu’il me donne des fois plus. Il m’offre également de la viande. Il me recommande des fois même à ses amis ou aux autres membres de sa famille qui habitent dans d’autres quartiers »

Ainsi, poursuit-il, « j’ai un parent qui travaillait dans un Fast-Food, il a arrêté et je l’ai recommandé à des clients comme « boy » durant la Tabaski ».

Le métier de « bonnes » et « boy » est très sollicité durant cette période pour entretenir les maisons. Les agences de placements de domestiques, elles aussi, en profitent pour se frotter les mains. En effet, elles exigent la somme de 10 000 f la journée pour une « bonne » ou un « boy » et nombreuses sont les familles qui font recours à eux en attendant le retour dans une ou deux semaines des vaillantes domestiques ou celles dites « vacancières » puisque l’année scolaire va bientôt se terminer.

dakarsoir.com

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