ENFANTS MENDIANTS: UNE HONTE SANS FIN

Le calvaire des talibés dans les rues se poursuit après le mesurettes du Gouvernement

De nombreux enfants talibés vivant dans les « daara », sont toujours forcés par leurs maitres coranique à mendier dans la capitale sénégalaise. Afin de survivre du matin au soir, ils sont obligés de faire la manche. Vivant très souvent dans des conditions difficiles, les talibés sont pratiquement livrés à eux même, surtout en cette période de pandémie, où ils encourent d’autres dangers. Les mesures annoncées par le Gouvernement pour vider les rues des enfants-mendiants n’ont jusque-là pas eu l’effet escompté.
Pieds nus, t-shirt en lambeaux, Ousmane arpente les rues de Mbao (périphérie de Dakar) à longueur de journée pour chercher de quoi survivre. Un fardeau quotidien et perpétuel. Confié à un marabout par son père, la vie se révèle être dure pour lui, il se sent « seul et rejeté ». En cette période de froid, il est livré à lui-même, obligé de faire la manche pour se nourrir. « La nuit, je dors souvent dehors. Je n’ai pas d’habits pour me protéger. Avec d’autres copains, nous nous trouvons un coin. Nous dormons là-bas pour nous tenir au chaud », confie Ousmane, le visage triste.
La majorité des jeunes talibés, partis de chez leurs parent pour apprendre le Coran, vivent dans des conditions précaires. Ils sont logés en surnombre dans des maisons délabrées où l’accès à l’eau potable et à l’électricité sont restreints. De plus, ils mangent parfois qu’une fois par jour. De ce fait, impossible de se concentrer sur les sourates et versets à parcoeuriser. Sans compter les services corporels qu’ils subissent dans ces lieux d’apprentissage. En effet, il arrive fréquemment que les enfants soient sévèrement battus par leur maître parce qu’ils n’ont pas pu collecter la somme d’argent fixée à au moins 500 FCFA par jour.
« S’il te plaît, achète-moi à manger, j’ai faim »
Couché sur un morceau de carton, aux abords du ron-point de Grand Mbao, la tête cachée dans son blouson, Sewrou Diagne, âgé d’à peu près 9 ans et originaire de Saloum, dort dans la rue depuis plus de 3 jours. « Il arrive parfois que je dors dans la rue surtout ces temps-ci où je n’ai rien à ramener à mon daara », affirme le jeune garçon avec des traces de larmes séchées sur son petit visage.
Le comportement des passants face aux talibés qui demandent de petites pièces diffère. Les regardant avec pitié, certains leurs donnent des pièces, des sachets de lait caillé ou des biscuits. Mais d’autres fois, c’est de l’indifférence totale qu’ils reçoivent de la part de ces derniers. Une situation qui ne les empêche pas, juste après la prière de l’aube, d’arpenter les rues de la capitale, pour satisfaire aux charges du marabout.
Vêtu d’un short et d’un pull-over troué, Babacar, âgé de 5 ans environ, déambule sur l’asphalte, pieds nus, entre les voitures circulant à vive allure. Il tend la main de gauche à droite pour obtenir quelques pièces, il demande aux conducteurs de quoi s’acheter du « pain beurre », car il a faim et n’a rien avalé depuis plusieurs heures. « S’il te plaît, achète-moi à manger, j’ai faim » dit-il à votre serviteur. « Je n’ai que 25 francs. Depuis hier, d’autres talibés m’ont volé de l’argent et je ne vais pas pouvoir rentrer dans mon daara, on risque de me frapper », supplie le petit garçon en pleurs.
« Plus de 1 500 enfants dont environ 1 000 talibés ont été retirés de la rue », selon les autorités
En 2016, le Sénégal avait pris la décision de retirer ces enfants de la rue. Les enfants récupérés sont gardés en « centres d’accueil, d’information et d’orientation pour enfant en situation difficile » appelés « Ginddi », gérés par l’Etat. Ils y restent le temps de retrouver leurs parents. Il est difficile de savoir si la prise en charge est toujours d’actualité. Certaines ONG ont retroussé leurs manches pour leur venir en aide. En 2010, le nombre de talibés au Sénégal était estimé à 50 000 par l’ONG Human Rights Watch et à plus de 100.000 enfants en 2019.
Human Rights Watch a également analysé des informations montrant qu’au moins 32 enquêtes judiciaires sur des abus présumés perpétrés par des maîtres coraniques ou leurs assistants ont été ouvertes entre 2017 et 2019 dans neuf régions administratives, entraînant au moins 29 poursuites et 25 condamnations pour mendicité forcée, sévices ou mort d’enfants.
En juin 2016, le Président Macky Sall a ordonné « le retrait d’urgence des enfants des rues ». Ce qui a permis de lancer rapidement la première phase du programme. De mi-2016 à début de 2017, plus de 1 500 enfants dont environ 1 000 talibés ont été retirés de la rue et placés temporairement dans des centres d’accueil. Plusieurs centaines d’entre eux ont été ramenés à leurs familles. Toutefois, comme l’indique un rapport de Human Rights Watch de 2017, le programme a retourné plus de 1 000 enfants aux mêmes maîtres coraniques qui les avaient envoyés mendier initialement. Le gouvernement n’a pas ouvert d’enquêtes officielles sur les maîtres concernés et aucune inspection n’a été menée afin de vérifier les conditions de vie dans les daaras en question.
« La Covid-19 impacte les conditions de vie des enfants talibés »
La situation devient un phénomène récurrent malgré les mesures prises par l’Etat pour éradiquer le fléau Habits sales, visage maigre sur lequel se lit la fatigue, ils se lancent alors dans des travaux quelconques : jeter les poubelles, porter des courses, aller dans les marchés pour décharger des camions de légumes, des travaux pénibles sans protection adéquate – qu’ils sont obligés de réaliser pour obtenir quelques pièces.
De plus, la pandémie a eu des impacts sur les conditions de vie des enfants talibés, et a mis en lumière leur vulnérabilité multidimensionnelle. Elle a entraîné des changements drastiques dans leurs pratiques quotidiennes en matière d’alimentation, de mobilité, de mendicité et d’apprentissage. La pandémie a mis à nu la précarité du système de protection sociale et sanitaire des enfants talibés qui, en cette période, n’ont pas de masques ni de gel, continuant, malgré eux, à sillonner les rues et s’exposant ainsi à des risques de contaminations.
Malgré les difficultés qu’il rencontre au quotidien, Ousmane, « rêve de vivre comme tous les enfants du monde en famille, être aimé et protégé ». Comme tous les jeunes de son âge, il veut « aller à l’école, avoir de beaux habits ou devenir footballeur comme Sadio Mané. »
dakarsoir.com

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8 réponses

  1. mamadou seck dit :

    Et eux c’est aussi de la faute des français aussi???

  2. Stephane dit :

    SOUTENEZ ! Loic Tréguy du village pilote , toubab présent au Sénégal depuis plus de 25 ans , fondateur avec Renaud Puzenat du club de rugby  » sans fout le score  » Tréguy et sa femme ont tout donné pour aider les jeunes désœuvrés Sénégalais, au village pilote , pas de salaires indécent , pas de 4 x 4 rutilants

  3. issa gibb dit :

    Exact,  » Le Juste parmi les Justes », Loïc Tréguy, ancien rugbyman français, résident au Sénégal depuis plus de 25 ans, vient en aide aux enfants Talibés en fuite des daaras maltraitantes et aux Enfants des rues… Avec des tournées en camionnette, toutes les nuits à Dakar et dans son Centre d’Accueil d’Enfants en périphérie de Dakar, pour les premiers soins… Et dans le Village Pilote au Lac Rose où il recueille, soigne, nourrit, héberge, instruit, réinsère et sauve des centaines et des centaines d’Enfants des rue avec son équipe professionnelle de Protection de l’Enfance… Que tous les Dieux, le protègent ainsi que sa formidable équipe au Service du Sauvetage des Enfants des rues au Sénégal… Il faut soutenir le Village Pilote au Sénégal !
    Car nous sommes effectivement bien loin de ces nombreuses Associations pseudos-humanitaires d’aides aux Enfants des rues et aux Talibés qui dégueulent au Sénégal, dans des bureaux spacieux et avec des 4X4 rutilants neufs qui sont là, subventionnées pour profiter du Soleil du Sénégal et qui en n’ont rien à foutre des Enfants des rues et des Talibés, sans jamais aucun résultat dans leurs missions de Protection de l’Enfance au Sénégal …
    Il y va de la même Hypocrisie pour l’Etat Sénégalais avec ses « mesurettes » en faveur des Talibés pour continuer à toucher du pognon des subventions et des dons des Institutions Internationales pour les détourner… Mais, les gouvernements successifs n’ont en réalité aucune volonté d’éradiquer l’abject système esclavagiste maraboutique au Sénégal et ils s’assoient cyniquement sur l’Intérêt Supérieur de l’Enfant au Sénégal, complices des marabouts et des religieux confrériques, à laisser faire du fric sur le dos de ces pauvres gosses et la mendicité forcée qui rapporte si bien aux marabouts, véritables pourritures humaines esclavagistes d’Enfants en toute impunité au 21° siècle… Malgré la ratification du Sénégal des Droits de l’Homme et de la Protection de l’Enfance à l’ONU ??? Chercher l’erreur !

    D’autres rares Associations font aussi du bon boulot auprès des Enfants des rues et des Talibés fugueurs, comme la Maison de la Gare à Saint-Louis ou l’Association Ader à Louga et quelques autres qui recueillent, soignent, hébergent, nourrissent et surtout protègent les Enfants…
    Malheureusement d’autres Associations croient bien faire : Si soigner les enfants Talibés ou les faire manger sur place dans l’Association sont toujours de bonnes actions… D’autres donnent de la nourriture ou des vêtements aux Talibés, pire de l’argent : C’est une Grosse Erreur de leur part ! Car ces Associations entretiennent le système esclavagiste des marabouts qui revendront la nourriture ou les vêtements à leurs seuls profits et surtout, les Talibés continueront à mendier pour eux, dans les rues avec tous les dangers…

    Le « But » ou le vrai « Combat » est de sortir les enfants Talibés de la mendicité dans les rues !
    Un « Combat » qui reste encore et toujours utopique au Sénégal tellement la mafia maraboutique semble puissante avec l’Etat et les confréries complices… Et une population sénégalaise soumise à l’obscurantisme d’un faux Islam dévoyé à l’argent facile avec un peuple déshumanisé et lâche aux souffrances de ces pauvres gosses esclaves mendiants et maltraités qu’il ne voit même plus dans ce Pays de Merde qu’est le Sénégal avec ses Talibés et leurs cortèges d’abus… Honte ou Merde du Sénégal !
    Pourtant en Vérité et Humainement, ces pauvres gosses esclaves seraient mieux dans leurs familles, à l’école publique ou coranique dans leurs villages, sans mendier dans les rues, sans être abusés ou maltraités et rentrer tous les soirs, chez leurs parents, avec leurs frères et leurs sœurs comme chez les gens normaux et civilisés ??? In chà Allah…

  4. Ndiaye dit :

    Ok l’esclavage parlons en:
    Petite piqure de rappel ou d’histoire (la vraie) pour les ignorants sur la différence historique, culturelle et conceptuelle entre les nations « civilisatrices ou civilisées » et les « sauvages » concernant l’exploitation multiséculaires des humains.

    « On pourrait être étonné de voir désigner la dépendance par des mots différents, esclavage en Amérique, captivité en Afrique; je vais montrer que la différence du mot se retrouve dans la condition elle même, différente dans l’Ancien et dans le Nouveau- Monde.
    En Amérique, il existe entre le maître et l’esclave une dissemblance tranchée et ineffaçable, d’origine, de race, de couleur.
    En Afrique, le captif est africain, noir comme le maître et tel changement de fortune s’est rencontré, qui a interverti les conditions.
    La différence de race, contribue à rendre les captifs des Maures plus malheureux que les captifs des Noirs.
    Chez la plupart des peuples du Sénégal, pasteurs ou cultivateurs, le travail du captif se borne à assurer les besoins du maître et de sa famille, dont tous les membres l’AIDENT dans les travaux des champs et dans la préparation des aliments.
    La tâche de l’esclave du COLON n’a PAS de limite, il doit travailler à la satisfaction des besoins de son maître et à l’accroissement sans bornes de sa fortune. Lorsqu’on étudie la condition des captifs chez les peuples privés de relations suivies avec les Européens, on la trouve PEU différente de celle des hommes LIBRES ; les enfants des captifs sont élevés comme les enfants de la maison, le fils du maître ne se distinguera du captif adolescent et homme, que par la possession d’un fusil, peut-être d’un cheval et de plusieurs femmes.
    A mesure que nous considérons la captivité chez des peuples de plus en plus rapprochés de NOS établissements, nous trouvons cette condition de plus en plus dure. Aucune production ne peut satisfaire les besoins de notre commerce ; d’un autre côté, les désirs des maîtres, et ceux plus impérieux de leurs femmes, sont d’autant plus aiguillonnés par l’attrait de nos.marchandises qu’elles sont plus à leur portée; delà, dans la production, une activité plus grande obtenue par l’exagération du travail des captifs. Les captifs les plus malheureux du Sénégal, sont les noirs que les Maures occupent à la récolte de la gomme, ceux dont le travail poursuit un but plus spécialement commercial. Les captifs plus rapprochés de NOUS sont soumis à un travail plus soutenu, et ils vivent au contact d’une société qui répudie l’esclavage !  »

    Extrait de « Le Sénégal, étude intime, par le Dr F. Ricard » (1865)

  5. Tiocan dit :

    Sikon Ndiaye, spécialiste en mauvaise-foi, en conneries et en copiés-collés.

  6. Stephane dit :

    Et ces Mauritaniens qui dans leur république Islamique, grande etendue de sable, pratiquente encor en 2021 l’esclavage

  7. Stephane dit :

    pratiquent

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