LES NOUVELLES PIROGUES

La révolution au Sénégal de la pirogue en verre

Hier au Sénégal, le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, Alioune Ndoye, a offert 38 pirogues en fibre de verre à des pêcheurs à Ouakam, un arrondissement de Dakar. Ceci fait suite au lancement, le 28 novembre à Mbour, du Programme national de renouvellement du parc piroguier avec la remise de pirogues en fibre de verre à de jeunes pêcheurs de Mbour puis ce devait être au tour de Joal-Fadiouth, de Pointe-Sarène, de Cayar, de Saint-Louis et de Cap-Skirring.
A la clef se trouvent deux politiques : le renouvellement du parc piroguier et la création d’un tissu industriel pour les fabriquer localement. Les enjeux économique et politique sont de taille car aujourd’hui encore, la pêche en pirogue artisanale assure plus de 80% de la pêche annuelle au Sénégal qui s’élève à environ 450 000 tonnes, et il existerait encore 20 000 pirogues en bois au Sénégal. L’enjeu écologique est également majeur. Déjà en 2014, lorsque l’Etat sénégalais s’était lancé dans des projets de création de pirogues en polyester, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, avait expliqué : «Il faut couper deux arbres au moins pour faire une pirogue. C’est pourquoi nous avons opté pour la création de pirogues en polyester », a dit M. Guèye.
Au côté tradition se greffe le tout premier argument : celui de son prix. Il serait de FCFA 5 à 6 millions contre environ FCFA 2 millions pour des embarcations en bois. On peut estimer que celles offertes samedi par CFAO-Yamaha avec le financement de l’Agence de coopération japonaise Jica, étaient d’environ FCFA 4,6 millions (€ 7 000) l’unité puisque le coût total du don de 38 pirogues était de FCFA 177 millions. Sans oublier les politiques de subvention et des dons. A mettre aussi dans la balance la longévité des produits qui serait de 25 ans pour les pirogues en fibre de verre comme celles distribuées samedi, contre 5 ans pour celles en bois, selon Samba Ndiaye.
L’Etat met la main à la poche. « La pirogue en vibre de verre sera subventionnée par l’Etat par l’octroi d’une prime à la casse pour toute pirogue en bois remplacée, à hauteur FCFA 1,5 million, afin de faciliter aux pêcheurs l’acquisition de ces pirogues en vibre de verre qui coûtent entre FCFA 5 et 6 millions » avait alors indiqué en juinSamba Ndiaye, directeur général de la Société des infrastructures de réparation navale de Dakar (SIRN).
Pour sa part, le délégué général de la Délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), Pape Amadou Sarr, va décaisser ce mois-ci FCFA 2 milliards pour ces acquisitions. « On a une enveloppe de 100 milliards de francs CFA qui sera disponible à partir de 1er jan 021 pour les jeunes de ce pays. On va faire une discrimination positive pour les zones de départ principales que sont Mbour, Joal-Fadiouth, Cayar, Saint-Louis, dans le sud et vers Kédougou, pour permettre à notre jeunesse de rester et développer ce pays », avait-il précisé.
A quand la fabrication massive locale ?
Ce qui nous mène au deuxième volet du dossier : la fabrication locale des pirogues. C’est en 2014 que l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) a délivré au Sénégal un brevet d’invention pour les pirogues en verre. Un programme national ambitieux de construction de pirogues en verres serait en réflexion dans le cadre du Projet de construction navale (Pcn) de la Société des infrastructures de réparation navale de Dakar (SIRN), avait indiqué en juin Samba Ndiaye. Un programme qui répond aussi à la politique d’industrialisation du Sénégal.
« Je peux affirmer que ce projet est dans sa phase de maturité dans la mesure où l’idée de transfert de technologie qui le sous-tend s’est matérialisée par l’installation de la première usine de construction de pirogues en fibre de verre au Sénégal », avait-il déclaré. « Cependant, nous sommes dans un processus dynamique pouvant mener à une production de diverses autres embarcations, surtout que de nouveaux investisseurs vont s’installer dans le cadre de partenariats public-privé. »
Côté privé, rappelons que CFAO, racheté en 2012 par le japonais Toyota, est avec Yamaha dans l’usine de fabrication de pirogues à Ouakam, là où la remsie a été faite samedi. Une ouverture qui s’est faite « suite à deux années de test et d’études réalisées en concertation avec des pêcheurs sénégalais et des experts du secteur », avait alors indiqué CFAO.
ndarinfo.com

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2 réponses

  1. ivan dit :

    Belle coopération des japonais qui ont construit une usine au Sénégal pour fabriquer ces pirogues et qui ont réalisé ce don. Le prix plus élevé qu’une pirogue en bois risque cependant d’être un frein. Le journaliste indique une durée de vie de 5 ans pour une pirogue en bois: dans la réalité, c’est environ 30 ans pour une pirogue correctement entretenue et 10 ans pour une pirogue non entretenue.

  2. trevidic dit :

    et ,beaucoup plus pour la fibre de verre à condition d’un minimun d’entretien……….
    georges OYSTER.

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