LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

La corruption au Sénégal : une endémie nourrie et entretenue au sommet de l’Etat.
Par Mody NIANG

‘’L’opacité dans la gestion des deniers publics, un dénominateur commun aux socialistes et aux libéraux’’, tel est le titre que j’ai donné au chapitre VI de mon livre ‘’Me Wade et l’alternance : le rêve brisé du Sopi’’ (L’Harmattan, Paris, juin 2005). Voilà bientôt soixante ans, en effet, que nous sommes très mal gouvernés. Ce qui nous vaut notre place peu enviable parmi les pays les plus pauvres et les plus endettés du monde. Une des manifestations de cette mal gouvernance qui nous colle à la peau, la corruption, vit ses plus jours depuis le 1er avril 2000, avec les deux gouvernances jumelles du vieux président-politicien et de son successeur. Ce texte se propose de passer en revue, pour rappel, l’odyssée de ce mal endémique tout au long de cette longue période plus de dix-neuf (19) ans. Dns notre pays, il faut toujours rappeler, et encore, et encore.
Donc, nous rappelons que, au soir du 3 avril 2000, à l’occasion de son premier message à la Nation, le tout nouveau président de la République, celui que j’appellerai plus tard le président-politicien déclarait : « Ma décision de procéder à des audits de l’Etat et de ses démembrements, des sociétés d’Etat et des sociétés nationales dans lesquelles l’Etat détient des intérêts, ainsi que des collectivités locales, a eu un écho favorable dans l’opinion nationale. Je dois au peuple sénégalais de faire la lumière sur la gestion économique en remontant aussi loin dans le temps que le permet la loi, en précisant que ce droit à l’information ne se confond pas avec celui de sanction. » « J’ai indiqué, poursuivait-il, à chaque ministre ce que j’attends concrètement de lui. Je veux que le gouvernement du nouveau régime soit différent de celui de l’ancien régime qui était celui des improvisations et des approximations. Je leur ai dit tout aussi clairement que je veux un gouvernement de ministres vertueux qui mettent en avant et exclusivement l’intérêt de la Nation. Je ne saurais tolérer les pratiques de commissions plus ou moins occultes, de corruption ou de concussion sous quelque forme que ce soit. Je veux que soient bannies de l’espace sénégalais ces pratiques qui, dans ma pensée, appartiennent déjà au passé. » Je n’ai rien inventé : c’est bien le nouveau président de la République qui s’exprimait ainsi.
Trois mois plus tard, revenant d’un long périple dont il avait le secret et qui l’avait conduit successivement en Mauritanie, en Egypte et en France, il déclarait encore, à propos des audits qui avaient démarré : « Les premiers résultats reçus sont si effarants que j’ai demandé que les dossiers soient transmis à la justice. » On connaît la suite : les gestionnaires de deniers publics qui étaient les plus lourdement épinglés, adhérèrent au PDS et devinrent qui ministres, qui députés, qui présidents de conseil d’administration. Je m’en suis longuement indigné dans le chapitre VI de mon livre que j’ai cité dans l’introduction de ce texte.
Nous sachant enclins à vite oublier, l’homme reviendra nous tympaniser, six ans après, avec son ‘’attachement’’ à la transparence dans la gestion des affaires publiques. Mettant à profit son message à la Nation le 3 avril 2010, il nous jetait encore de la poudre aux yeux en ces termes : « Je voudrais, ici, réaffirmer avec force mon attachement à l’observation stricte des règles de transparence et d’éthique dans la gestion des affaires publiques. Chacun doit assumer la pleine responsabilité de ses actes. Les corps de contrôle poursuivront leurs missions et les manquements dûment constatés seront sanctionnés sans faiblesse. Á cet effet, j’ai transmis au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le rapport annuel de la Commission de Lutte contre la non Transparence, la Corruption et la Concussion, en lui demandant d’en tirer toutes les conséquences (…) ».
Pendant douze longues années, tout dans ses actes de tous les jours, était aux antipodes de ses engagements à lutter contre la corruption. D’ailleurs, il s’emportait rageusement dès qu’on abordait avec lui les questions de corruption. Il en voulait particulièrement aux membres du ‘’Forum civil’’, connus à l’époque pour la traque sans merci qu’ils menaient contre la mal gouvernance en général et la corruption en particulier. Il les appelait d’ailleurs ‘’politiciens encagoulés’’. Mais, il ne pouvait pas continuer de toujours nier l’évidence, les circonstances (évidentes) l’obligeant parfois à admettre, la mort dans l’âme, l’existence de la corruption au Sénégal. Mais, chaque fois que c’était le cas, il jouait sur les mots et relativisait : « Il y a la corruption au Sénégal, lui arrivait-il de rétorquer, mais le Sénégal n’est pas un pays corrompu. Et celui qui le dira, je l’attaquerai au tribunal. » Au chapitre V de mon livre ‘’Qui est cet homme qui dirige le Sénégal ?’’, j’ai réagi à cette menace en faisant remarquer ce qui suit : « Il attaquera alors beaucoup de monde au tribunal, à commencer par moi-même, puisque je considère le Sénégal comme un pays corrompu, corrompu sur le plan de la gestion des affaires publiques, mais aussi, plus gravement, corrompu sur celui des mœurs, des comportements et des mentalités. »
A la limite, le vieux président-politicien considérait la corruption comme quelque chose de tout à fait normal et naturel. N’est-ce pas lui qui déclarait, à propos de la corruption qui a éclaboussé en un moment des magistrats sénégalais, ce qui suit : « C’est un cas isolé qu’on a tendance à généraliser. Il ne remet pas en cause l’intégrité reconnue de nos magistrats. » C’était lors de la Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux le 10 janvier 2007. N’est-ce pas lui, toujours lui, qui donnait cette réponse renversante à une question d’un journaliste sur les actes de corruption : « Ces scandales que l’on dénonce sont une preuve de vitalité démocratique. Ils existent dans tous les pays. Ce sont des accidents de parcours qui finiront par être absorbés dans l’évolution du Sénégal. » On était toujours ce 10 janvier 2007 et les hauts magistrats présents devraient être normalement ahuris, s’ils n’étaient pas du même avis que lui. Des années après, nous nous demandons légitimement si ce n’est pas vraiment le cas.
Le même vieux politicien pur et dur, présidant les travaux de l’Assemblée générale de l’Association nationale des présidents de Conseils ruraux, le 9 janvier 2007 au Méridien Président (cf. le journal parlé de la Tv ‘’nationale’’ de 20 heures de ce jour) leur lançait, à la stupeur générale de toute l’assistance : « Vous vendez des terres sans en avoir la compétence. Si j’avais suivi la loi, certains d’entre vous iraient en prison. » Le mardi 19 mai 2009, il reviendra à la charge pour les rappeler encore à l’ordre de façon plus surprenante encore : « Arrêtez de vendre des terres. Trop de présidents de communautés ont vendu des terres à des étrangers. Je ne vais plus arrêter les dossiers judiciaires. Vous n’avez pas le droit de vendre des terres. »
« Si j’avais suivi la loi . . . », « Je ne vais plus arrêter les dossiers judiciaires . . . ». Que c’est terrible, de la bouche du ‘’Gardien de la Constitution’’ sensé, partant, protéger les lois ! Il est vrai qu’il pouvait tout se permettre, conscient qu’il régnait sur un peuple qui donnait l’impression d’avoir perdu sa capacité d’indignation, s’il en eut jamais d’ailleurs.
Notre vieux politicien ne s’arrêtait pas d’ailleurs en si bon chemin. En tournée ‘’économique’’ dans le Département de Mbour le lundi 17 mars 2009, donc à moins d’une semaine des élections locales du 22 mars de cette année-là où il s’était fortement impliqué, il réunit, en ‘’séance de travail’’, à la préfecture, les frères ennemis libéraux et leurs responsables, pour recoller les morceaux avant la date du scrutin.
Ces derniers s’accusant mutuellement de sorcellerie, il trancha net les accusations et contre-accusations en ces termes : « Taisez-vous ! D’ailleurs, n’eût été ma magnanimité, vous devriez vous retrouver tous derrière les barreaux.» Ailleurs qu’au Sénégal, personne n’accorderait plus le moindre crédit à la ‘’volonté affichée’’ par cet homme de lutter contre la corruption et toutes les autres forfaitures qui étaient consubstantielles à sa gouvernance meurtrie. En tout cas les gestionnaires de deniers publics ne s’y trompaient pas : ils savaient parfaitement qu’il faisait du cinéma ; ils avaient donc tout le loisir de se servir à leur convenance des deniers publics, et ils ne s’en privaient pas le moins du monde. Ils savaient surtout que la Justice, comme d’habitude, resterait indifférente à leurs forfaits. Ils étaient également convaincus que l’Inspection générale d’État (IGE) ne les dérangerait pas dans leur festin et que, même si par extraordinaire elle jetait un coup d’œil sur leur gestion, le rapport d’inspection serait mis dans les placards par le vieux président-politicien. Pour coller à l’actualité, il gémirait sous son coude, comme de nombreux autres.
La gouvernance de ce vieux président-politicien était donc une succession de scandales, aussi graves les uns que les autres, et dont le moins grave lui vaudrait la destitution ou la prison dans toute grande démocratie. Luis Lula Da Silva, son successeur Dilma Roussef, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, etc., n’ont pas commis autant de forfaits que lui. Ils en étaient d’ailleurs très loin. On peut citer, parmi ces scandales gravissimes, la rocambolesque rénovation de l’avion de commandement ‘’La Pointe de Sangomar’’, l’Affaire ‘’Sénégal Pêche’’, la nébuleuse gestion des fonds spéciaux avec ses nombreux comptes alimentés en dehors de la Loi de finance, l’Odyssée des 15 millions de dollars de Taïwan carrément détournés, le ‘’Protocole de Reubeuss’’ (une réalité dont personne ne doute plus), le monstrueux montage financier du monument dit de la Renaissance africaine, son insoutenable boulimie foncière à nulle autre pareille, etc. Bizarrement, le Sénégal et les Sénégalais étant ce qu’ils sont, ce politicien pur et dur, qui a entretenu et nourri au grand jour la corruption et nombre d’autres forfaits pendant sa nauséabonde gouvernance, draine encore des foules, sept ans après qu’il a quitté le pouvoir.
Malheureusement, en accordant leurs suffrages à son successeur le 25 mars 2012, les électeurs ont inconsciemment reconduit la même gouvernance, avec les mêmes tares dont, en particulier la corruption qui, comme entre avril 2000 et avril 2012, se porte comme un charme. Le successeur du vieux président-politicien avait fait les mêmes promesses, pris les mêmes engagements. Elu, il les confirme formellement dans ses premières déclarations que nous rappelons, nos compatriotes oubliant très vite. Ainsi, dans son premier message à la Nation le 2 avril 2012. Il affirmait notamment, avec force : « S’agissant de la gouvernance économique, je serai toujours guidé par le souci de transparence et de responsabilité dans la gestion vertueuse des affaires publiques. Je mets à ma charge l’obligation de dresser les comptes de la Nation et d’éclairer l’opinion sur l’état des lieux ». Dans cette perspective, il ajoute : « Je compte restituer aux organes de vérification et de contrôle de l’État la plénitude de leurs attributions. Dans le même sens, l’assainissement de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption et la concussion me tiennent particulièrement à cœur. » Il se fait plus menaçant encore et lance en direction des gestionnaires de deniers publics : « À tous ceux qui assument une part de responsabilité dans la gestion des deniers publics, je tiens à préciser que je ne protégerai personne. Je dis bien personne. » Et il engageait alors fermement le Gouvernement « à ne point déroger à cette règle ».
Arrêtons-nous seulement sur son engagement à « restituer aux organes de vérification et de contrôle de l’État la plénitude de leurs attributions ».Rappelons que, dans cette perspective, il avait fait voter deux lois importantes : la Loi n° 2012-22 du 17 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques et celle n° 2012-30 du 28 décembre 2012 portant création de l’Office nationale de lutte contre la fraude et la concussion (OFNAC). A propos de cet Office, il avertissait sans ambages ses camarades républicains lors de l’université d’hivernage tenue à Mbodiène en 2012. « L’OFNAC est pour nous, et la Cour de répression de l’Enrichissement illicite (CRÉI) pour les autres », leur avait-il lancé, non sans répéter qu’« il ne protègerait personne ». On connaît la suite pour la CRÉI. Après Karim Wade, le Procureur spécial voulut passer à la vitesse supérieure, en convoquant les deux suivants de la liste des 25. Contre toute attente, il est relevé en pleine audience. Pourtant, ce n’est un secret pour personne que les 24 autres compagnons du vieux président-politicien sont loin d’être blancs. Même s’ils doivent bénéficier de la présomption d’innocence. Pour ce qui les concerne d’ailleurs, la présomption de culpabilité conviendrait mieux, si elle existait dans le Code pénal sénégalais.
L’OFNAC ne connut pas un meilleur sort. Sa présidente fut braquée dès que, de l’autre côté de la barrière, on se rendit compte qu’elle entendait exercer la plénitude des compétences que lui conférait la loi. Rappelons que la Présidente et les douze membres de l’Office ont été installés le 11 août 2014. Après 18 mois de travail dans des conditions qui n’étaient pas des meilleures, la Présidente a transmis, sur décision de l’Assemblée générale des membres, sept (7) rapports au Procureur de la République de Dakar et un (1) à celui de Louga, ce dernier ayant traité rapidement le dossier qu’il a reçu. A ces huit rapports se sont ajoutés trois (3) autres que la Présidente n’avait pas eu le temps de transmettre, son éviction étant intervenue entre-temps. Mais ils avaient été déjà examinés par l’Assemblée générale, qui avait aussi décidé de leur transmission au Procureur de la République. Les trois rapports en instance furent transmis par sa remplaçante. Parmi ces rapports figure celui, très lourd, concernant les fausses quittances au niveau de certains centres fiscaux de Dakar. Ce sont donc onze (11) rapports relatifs à des infractions à la loi pénale bouclés et transmis, que l’équipe de l’ancienne Présidente avait à son actif.
Quatre autres rapports pour lesquels l’Assemblée générale avait demandé des investigations complémentaires, étaient en cours de traitement. En outre, de nombreuses enquêtes étaient en cours, notamment celles sur les Affaires Petro-Tim et Bigtogo, la spoliation foncière au niveau de la Corniche, la gestion des 40 % du budget de fonctionnement alloués au secteur de l’Education, la caisse d’avance du COUD, etc. Arrêtons-nous sur cette fameuse caisse d’avance, devant laquelle celle de la Mairie de Dakar est une naine. Après la transmission du premier dossier concernant la gestion du Directeur général décriée par une plainte, la Présidente avait établi un ordre de mission pour enquêter sur cette fameuse caisse d’avance qui avait attiré l’attention des premiers missionnaires. Le DG prenait 150 millions de francs CFA tous les dix jours pour l’achat de légumes, soit 450 millions tous les mois.
Avec cette caisse, le DG s’est permis tous les abus. Il a notamment acheté un kg de haricot pour 4500 francs et 300 kg de poivre tous les mois (de quoi ‘’poivrer’’ tout Dakar). La mission avait également débusqué d’énormes autres cas de fraude et de corruption dans la restauration, ainsi que dans la réalisation d’infrastructures. Il fallait arrêter rapidement cette mission qui allait vraiment très loin. Le décret du 25 juillet 2016 est ainsi tombé, à bon escient pour le DG qui allait être bombardé, huit mois après, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, pendant que l’ancien Maire de Dakar croupit encore en prison.
Le dossier de cet homme surprotégé dort sur la table du Procureur de la République, à côté de 17 autres transmis par l’OFNAC, dont 11 par l’ancienne Présidente, en 18 mois. Sur la même table, gisent 198 autres transmis par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Les rapports de l’Inspection générale d’Etat (IGE), dont celui sur l’Affaire Petro-Tim, connaissent le même sort, sous le lourd coude du président-politicien. En particulier, les ‘’rapports publics sur l’Etat de la Gouvernance et de la Reddition des Comptes’’ ne sont plus publiés. Le dernier à l’être, c’est celui de 2015. Le président-politicien se serait farouchement opposé à la publication des suivants et, principalement à celle de 2016. On peut se demander légitimement d’ailleurs, si l’IGE continue à les produire.
Voilà où nous en sommes dans notre pauvre pays, près de soixante ans après son accession à ladite souveraineté internationale. Alors que, que dans nombre d’autres pays, on mène une lutte sans merci contre la corruption, les détournements de deniers publics, la concussion, etc., chez nous, les plus hautes autorités, avec en tête le président de la République, les entretiennent au grand jour, en garantissant l’impunité à leurs auteurs. L’Affaire Petro-Tim et ce gênant rapport de l’IGE en sont une parfaite illustration. Ce rapport de l’IGE en particulier, qui devrait mettre mal à l’aise ses auteurs, comme le Vérificateur général et l’ensemble des inspecteurs généraux d’Etat.
Mody Niang/Dakar, le 8 juillet 2019/ndarinfo.com

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5 réponses

  1. issa gibb dit :

    J’avais déjà lu, cet article sur le site du journal Leral :  » La corruption au Sénégal, une endémie nourrie et entretenue au sommet de l’Etat » par Mony Niang qui fait le bilan de la corruption étatique sous les 2 derniers présidents du Sénégal, Me Wade & son dauphin Macky Sall réunis, pendant ces derniers 19 ans, sans concession et langue de bois…
    Cela me rappelle un premier commentaire qui stipulait qu’un pays voué une politique permanente de corruption par ses élites et dans le mensonge permanent de lutte contre cette même corruption, ne peut pas se développer… Et nous voyons bien que le peuple sénégalais reste majoritairement dans la misère avec des conditions de vie ou de survie de plus en plus précaires dans un Sénégal qui reste un des pays les plus pauvre de la planète… Malgré toutes les aides et perfusions internationales qui sont détournées par une poignée de politiciens corrompus assoiffés de pouvoirs et leurs complices religieux assoiffés de luxe et de privilèges, sans grande religiosité et sans grande humanité allant jusqu’à mettre des enfants noirs innocents, les talibés esclaves dans la mendicité forcée pour s’enrichir honteusement sous couvert de l’apprentissage du Coran ???
    Drôle et Pauvre pays où Corruption étatique et Corruption religieuse esclavagiste d’enfants sont complices et intimement liées !

    La corruption est un Sport National au Sénégal et à la sortie de la défaite de Lions à la CAN 2019, avec une équipe sénégalaise qui pourtant n’a pas démérité, mais qui a encore oublié qu’il faut marquer des buts et lâcher la grappe à Allah pour gagner un match ou une finale de football pour devenir des adultes responsables en dissociant la Religion et le Sport… Même si Allah ne peut faire gagner un pays où des enfants sont esclaves !
    La prière finale d’Aliou Cissé et des Lions sur la pelouse du stade du Caire, célébrant leur défaite, était inutile, voire ridicule avec un Idrissa Gana Gueye qui était le seul à être détaché de ce mauvais cirque… Ce n’est pas l’endroit pour prier, il y a des mosquées pour cela ou de simples prières individuelles introspectives pour parler avec Dieu (s’il existe) ou lui demander son aide, avec recueillement dans le silence, hors d’un terrain de foot hurlant…
    J’ai préféré de loin, l’accueil enthousiaste et hurlant des supporters sénégalais au retour des Lions, de l’aéroport LS Senghor et pendant le trajet de 4 heures jusqu’au palais présidentiel à Dakar … Preuve qu’après leur déception de la veille, le peuple sénégalais ne tenait pas rigueur à leur équipe nationale, même s’il s’accroche encore et toujours à cette notion éternelle de la « Volonté de Dieu » pour faire passer la défaite, après cette même « Volonté de Dieu » pour espérer la victoire ??? Plus cons versatiles, tu meurs !
    Avec en effet des marabouts plus que silencieux pour cette nouvelle défaite footballistique qu’ils ne l’auraient pas été en cas de victoire à la CAN 2019 gagnée que par la seule « Volonté de Dieu » ??? Encore raté pour eux, comme pour leurs fausses prévisions de victoire au Mondial 2018 en Russie ! Bis repetita, Allah ne peut faire gagner un pays où des marabouts mettent des enfants innocents en esclavage !
    Par contre, le cadeau de 20 millions de francs CFA par joueur, annoncé par le Président Macky Sall, passe plus mal en travers de la gorge, pour des footballeurs déjà millionnaires, des joueurs Africains déjà, les mieux payés dans leurs clubs respectifs européens, puisque aucun d’entre eux n’évoluent et qui se sont exilés du Sénégal pour faire carrière… c’est encore une grosse ardoise à sortir, dans un pays surendetté où le peuple sénégalais reste dans la misère et manque de tout ??? Peut être que Macky Sall attend une grosse enveloppe chinoise ou internationale pour payer ses récompenses ou il va taper dans l’enveloppe des 250 000 millions de dollars de son frère Aliou Sall dans l’affaire Petro-Tim ???

    Un deuxième commentaire m’a aussi interpellé sur la toile… « Après cette défaite en finale de notre méritante équipe nationale qu’il faut vite oubliée, il est temps que le peuple sénégalais se prenne en mains et devienne adulte responsable, pour virer nos politiciens incompétents et corrompus, sortir de l’obscurantisme religieux et de nos superstitions arriérées, sortir de la soumission à nos religieux peu scrupuleux et assoiffés de luxe et de privilèges, sortir les enfants talibés de leur honteux esclavage et assurer nous-mêmes un meilleur avenir à nos enfants et s’occuper d’Aliou Sall pour le jeter en prison… » Sacré programme pour le Sénégal !
    Mais, à y regarder de plus près, Allah le Tout Puissant a fait gagné une équipe très violente au foot avec une montagne de fautes non sifflées par les arbitres jusqu’à parler de corruption, une fois de plus… Mais, une victoire pour un pays, l’Algérie où le peuple et sa jeunesse se révolte contre 25 ans de pouvoir « super-corrompu » et sortir d’une dictature militaire qui ne leur a laissé aucun d’espoir en l’avenir depuis leur Indépendance en 1962…
    Et « Il » a fait perdre une belle équipe sénégalaise méritante qui se consolera avec sa place de Vice-Championne d’Afrique comme en 2002, son Trophée de l’équipe la plus « Fair Play » du tournoi CAN 2019 pour son respect du jeu et des adversaires… Sans armes à la main, Monsieur le Président du Sénégal, car c’est du Sport, pas une Guerre ou de la politique étrangère… Avec le trophée bien mérité de Meilleur Jeune Joueur pour Krépin Diatta (20 ans) après les idiotes allusions sur son physique… Mais aussi, la défaite de l’Equipe d’un pays fataliste et lâche pour être un pays esclavagiste de plus de 200 000 enfants talibés mendiants ! Inch Allah…

  2. Francia dit :

    enfin le retour de commentaires qui me parlent !
    oui Dieu , s’il existe ne peut pas aussi jouer au foot !
    mais il faudrait bien qu’il fasse quelques chose pour sauver des griffes des marabouts ces milliers de gamins !
    merci Issa !

  3. le chaman dit :

    Comme cela fait du bien de replacer les choses en perspective. Mais d’où attendre les solutions? Le diagnostique est avéré mais qui pour mettre en oeuvre les solutions indispensables pour ce pays qui s’enfonce dans la misère un peu plus chaque jour.

  4. Réginald Groux dit :

    Je l’ai dit et redit mille fois dans ces colonnes : déclaration de patrimoine pour tous ceux qui sont exposés à la corruption, des plus grands – ministres – aux plus petits – gendarmes. Et déclaration des éléments du train de vie avec contrôle régulier.
    Ça ne résoudra rien de définitif dans l’immédiat mais ça aurait au moins une portée psychologique en montrant que le gouvernement s’intéresse au problème. Et puis ça permettrait sans doute d’en agrafer quelques uns, douaniers qui possèdent trois maisons au bout de quatre ans, élus qui attribuent des parcelles à toute leur famille, DG de toutes sortes qui puisent à pleines mains dans les deniers publics. Effectivement, il n’y a pas de démocratie dans un état corrompu.La manne pétrolière va faire l’effet du sang sur les requins. Le problème n’étant pas que certains s’enrichissent de façon indigne au détriment du pays, le problème étant que pendant ce temps passé à monter des combines pour accumuler des fortunes on ne gouverne pas le pays. C’est bien la raison pour laquelle le Sénégal ne décolle pa : l’intérêt de ceux qui ont pour mission de faire bouger les choses passe avant l’intérêt des populations, il n’a qu’à voir le scandale des coupures d’eau dans le Saloum (où personne n’a été sanctionné, bel exemple d’impunité). Le président qui laissera un nom dans l’Histoire du Sénégal ne sera pas celui qui aura construit des autoroutes et des aéroports, ce sera celui qui mettra fin à la corruption, dut-il son propre frère en prison.

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