LE SÉNÉGAL, UN PAYS SI MAL GÉRÉ

Polémique sur le pétrole : A quand le débat sur les fruits qui pourrissent en Casamance

Toutes ces dernières années, une polémique est née au Sénégal suite à la découverte du pétrole et la signature des contrats qui s’en est suivie. Les uns accusent les autres se défendent et la justice mise entre le marteau et l’enclume. Depuis la naissance de ce débat, personne ne sait qui a raison et qui a tort, chacun brandissant les preuves qui fondent sa position. Pendant ce temps et depuis toujours, le Sénégal perd des milliards chaque années en Casamance et dans les autres régions du pays. En effet, des milliers de tonnes de fruits se détériorent chaque année entre les mains des producteurs. Prenons par exemple la mangue casamançaise et les dégâts que l’on constate à chaque début d’hivernage. Il est presqu’impossible de marcher sur le sol dans certaines exploitations sans toucher des manques pourries. C’est la même chose qu’on note pour les autres catégories de fruits. Pourtant, se sont aussi des ressources du pays et ce sont des milliards qui sont perdus chaque année mais personne n’en parle, même si c’est le cas, le débat n’a jamais été posé avec autant de « patriotisme ». Pourquoi personne n’a jamais marché ou organisé un rassemblement à la place de nation ou à la place de l’obélisque pour demander au gouvernement de trouver des solutions à ce manque à gagner pour l’économie sénégalaise. Aujourd’hui, les producteurs casamançais sont parmi les plus pauvres alors qu’avec seulement la mangue, ils auraient dépassé ce statut paradoxal. Tout le monde sait que la mangue sénégalaise notamment casamançaise est très prisée dans beaucoup de pays de l’étranger notamment en Asie. Et pourtant, le gouvernement ne propose presque rien de signifiant pour faire face à ce désastre. Beaucoup de producteurs ont quitté ce monde sans avoir profité du fruit de leur dure labeur parce qu’aucune politique n’a été proposée par aucun gouvernement pour valoriser ou au moins leur permettre d’écouler leur abondante production. La seule et unique alternative reste la plateforme économique de Bignona mais sa construction ne finit jamais durant tout le premier mandat de Macky Sall. Mais non, qu’est-ce qu’un débat sur les mangues qui pourrissent en Casamance peut apporter à nos braves hommes politiques prêts aujourd’hui à défier l’Etat ou à mourir aux abords des allées du centenaire juste pour faire le buzz. Et pourtant, le pétrole n’est pas encore exploité. De quelle citoyenneté nos politiciens veulent-ils nous vendre? C’est bien qu’on exige de la transparence dans la gestion des ressources du pays mais à qui profite ce combat frontal au moment où des sénégalais croupissent sous le poids de la faim et pourtant ils ont fait ce qu’ils devaient faire c’est-à-dire travailler la terre.
Chaque année, les producteurs des Niayes ou de la région du fleuve Sénégal haussent le ton pour demander la suspension de l’importation de l’oignon pour leur permettre d’écouler leur production. Les hommes politiques « marcheurs » ne leur prêtent jamais la bonne oreille.
Qui sait combien de sénégalais souffrent dans leur propre chaire de l’indifférence du pouvoir comme de l’opposition face à leur désarroi.
L.Badiane pour xibaaru

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4 réponses

  1. Durand Michel dit :

    Bonjour,
    J’ai passé plusieurs années au Sénégal et j’ai apprécié la qualité des fruits et des légumes produits. Je suis toujours révolté lorsque je vois sur les étales des commerçants français mangues, ananas et autres produits dits tropicaux en provenance du Costa Rica ou du Pérou. Des tonnes de fruits transportés, par avion, pendant plus de 15 heures, alors que l’on nous culpabilise chaque jour sur l’écologie et l’empreinte carbone. Nos politiques français sont aussi responsables. Un accord bi-latéral entre nos deux pays est-il si difficile à réaliser.
    Amitiés

  2. D. Bâ dit :

    La pêche en haute mer est autorisée à certains bateaux étrangers moyennant finances, et tout le monde sait que les conditions du « marché » ne sont pas forcément respectées… les producteurs locaux de fruits et légumes ont du mal à écouler leurs marchandises, alors que le pays en importe des tonnes… les producteurs locaux de lait sont bien plus taxés que les produits laitiers importés… On peut donc légitimement se poser la question de savoir à quoi servent les ministères dédiés ? car apparemment aucun d’entre eux ne semble réellement s’intéresser aux véritables problèmes liés à leur « expertise »… et pendant ce temps-là, le pays et ses habitants souffrent encore et encore… jusqu’à quand ces derniers vont-ils attendre pacifiquement qu’on veuille bien, enfin, s’occuper de leurs difficultés et les aider dans leur dur labeur ?
    Et pendant ce temps-là, on construit à tout va des édifices de haut ou de très haut standing, on construit même en « zone protégée », on détruit la nature (déforestation notamment), on rafistole des plages qui seront tôt ou tard englouties par les eaux, on veut devenir incontournable dans le secteur touristique !… Quelle gabegie ! Quelle formidable puissance d’inertie ! Quelle prétention ! Quel mépris pour le pays ! Quelle insolence vis-à-vis de ceux qui triment dur chaque jour et n’en peuvent plus…

  3. Pdp dit :

    Le gouvernement a certes sa part de responsabilité mais les producteurs, notamment en casamance, devraient changer de mentalité; Ils peuvent créer des coopératives, s’organiser pour mettre en place une filière d’approvisionnement sur Dakar surtout avec la mise en place des 3 bâteaux. Mais ils ne savent pas s organiser et c est toujours qui tirera la couverture à lui; il y a non seulement la mangue mais aussi les agrumes; Quelle honte quand en janvier on ne trouve que des oranges en provenance du Maroc (produit traité!) à Dakar et rien du casamance; Point de vue qualité et goût il n’y a pas photo; Dégustez un jus d’orange frais en casamance, c est une pure merveille

  4. Beatrice BRUN dit :

    On ne peut pas toujours mettre tout sur le dos de l’ Etat !
    Que les producteurs s’organisent en créant comme le dit très justement, PDP, des coop, des Amap comme en France, (ça marche très bien) ❗

    Maintenant il y a le problème de jouer « Collectif ».
    Et çà c’est une autre paire de manches au Sénégal !

    (également entièrement d’accord avec D. BA) 👍

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