LE SÉNÉGAL VIOLENT

La violence au Sénégal

Au Sénégal on constate non sans inquiétude une flambée incroyable de violence. Enlèvements et meurtres d’enfants dans la banlieue, à Touba et Thiès, infanticides, agressions à l’armes blanche entre jeunes . Plus récemment, une flambée de violence conjugale : le drame du mariste où la dame a brûlé son mari suite à une crise de jalousie, la co-épouse brulée à l’eau chaude à Kaffrine, une dame charcute sa rivale à coup de hache par jalousie. La violence est entrain de quitter une sphère sociale large pour se restreindre dans une autre : l’espace conjugale
Le Sénégalais est t-il violent ?
Le Sénégal est le pays de la Téranga et de la paix. Plusieurs crises connues et guerres en Afrique ont jusque là épargné le Sénégal qui se décrit même dans ses campagnes touristiques comme un pays de paix et du bon vivre. Qu’est il donc arrivé aux Sénégalais. Pourquoi toute cette violence constatée ces dix dernières années surtout dans le champ familial et social.
La violence a toujours été connue dans un champ traditionnel de la politique (manifestations, meurtres, personnes blessées), des manifestations estudiantines (meurtres, casses, lancements de pierres) etc mais aujourd’hui, les faits divers relatent des actes extrêmes de meurtres de plus en plus odieux et sanguinaires. Le refrain est le même, est ce que cela se passe au Sénégal ? Aujourd’hui avec une tendance à banaliser ces crimes à force de les entendre tous les jours.
Le Sénégal compte un taux de divorce En 2015, rien qu’à Dakar, le tribunal départemental, a prononcé 1775 divorces. En 2013, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) avait dénombré 126.286 cas. Les raisons sont multiples mais le constat est le suivi : la durée moyenne des unions est de 2 ans laissant une majorité de femmes seules et d’enfants mono parental.
Il s’y ajoute un taux de pauvreté moyenne de pauvreté de 47 % avec des disparités en zones rurales classant le pays parmi les plus pauvres du monde. Malgré les efforts vers l’émergence.
Ces facteurs économiques et sociaux ne sont pas sans incidences sur les comportements. La sphère familiale sénégalaise a connu des mutations jusque là peu analysées qui fondent le sous-bassement des comportements constatés.
Qui s’occupe de l’éducation des enfants ? Quels sont les repères moraux et modèles que l’on offre aux jeunes pour leur permettre de garder des valeurs ? Qui sont les véhicules de ces modèles ?
La violence conjugale : faut il tout mettre sur le dos de la polygamie ?
Les cas de violence décrites plus haut touche directement les couples. Alors que les hommes exerçaient la violence physique sur leurs épouses, aujourd’hui, les femmes s’exercent une violence entre elles d’abord (entre co-épouses) et sur leurs époux (meurtres, blessures etc). L’analyse rapide est que la jalousie est le moteur principal de cette violence et qu’il faudra revoir la pratique de la polygamie.
La question est telle la polygamie ou la manière dont cette dernière est pratiquée au Sénégal. Le Sénégal est à plus de 95% musulman. Que veut dire être musulman ? Il ne s’agit pas simplement de pratiquer les prières rituelles mais d’épouser et d’accepter les principes et commandements divins mais pour cela il faut les connaitre, pour les connaitre, il faut les apprendre. Iqra ! Apprends, lis ! a été la première injonction divine au Prophète Mohamed (PSL). Un musulman et une musulmane doivent apprendre leur religion. La polygamie est admise mais elle n’est pas là pour légaliser l’adultère ! Il ne s’agit pas de prendre une copine, de sortir avec elle, vivre avec elle et un bon jour décider de l’épouser souvent sous la pression ou pour ne pas rester dans la clandestinité. Or chaque mariage est un projet de vie. Les charges économiques et autres rendent les choses plus compliquées pour les hommes et les femmes voulant s’engager dans ce sillage. Pour la première femme, être musulmane oui ! Mais il est hors de question que l’homme aillent se remarier ailleurs : chantages, crises de jalousies, crimes passionnels. Du côté des hommes, la polygamie est un droit masculin et musulman mais les devoirs y afférant sont peu étudiés !
Comment revenir aux fondamentaux familiaux ? Quels sont les obligations des conjoints en Islam ? Qu’est il permis à l’homme musulman de faire ? Quelles sont les obligations d’une femme musulmane ? Voici des fondamentaux à gérer.
Sachant que la famille est le premier fondement de la société, lorsqu’elle est disloquée, c’est la société qui s’en trouve déstabilisée.
Pour le cas du Sénégal, un retour des valeurs ne peut se faire sans connaissance de ces valeurs, sans modèles qui actualisent ces valeurs. La responsabilité de tous est engagée et se taire actuellement est criminel. Nous ne vivons pas en vase clos et les problèmes qui se passent dans tel ou tel foyer peut venir impacter le nôtre, nous sommes tous responsables !
Aminata NDIAYE Sociologue/xalimasn.com

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