BAIGNADES DANGEREUSES

LES PLAGES INTERDITES, DES TOMBEAUX À CIEL OUVERT POUR LES BAIGNEURS

Les vacances s’annoncent déjà mal au niveau des plages du Sénégal, notamment à Dakar et à Mbour. Rien que depuis le début des vacances, 21 morts par noyade ont été dénombrés dans la zone de Guédiawaye, dans la capitale sénégalaise, et 4 à Mbour. Et, le constat, c’est que ces victimes sont déplorées au niveau des plages interdites qui deviennent des sortes de tombeaux à ciel ouvert pour les jeunes baigneurs qui n’ont presque pas le choix, telle la privatisation du littoral et des plages est d’actualité. Suffisant pour qu’Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, mettent en garde les bénéficiaires de ces largesses et ceux qui les leur octroi. «On ne saurait accepter que la population paye pour accéder à la plage… J’ai d’ailleurs demandé à l’administration territoriale ‘’d’instruire’’ les préfets de nous vérifier ça.» En attendant les rapports des exécutifs départementaux, les populations ont le choix entre une quinzaine de plages autorisées à la baignade par arrêté ministériel, tout en évitant strictement 19 autres réputées dangereuses.
GUEDIAWAYE – PLAGE INTERDITE DE MALIBU : 21 morts par noyade dont 11 en 72 heures
21 personnes ont trouvé la mort par noyade sur le littoral de Guédiawaye, depuis le début des vacances ou juin. Pis, rien qu’entre vendredi après-midi et dimanche dernier, soit en l’espace de 72 heures, 11 jeunes baigneurs âgés entre 15 et 20 ans y ont perdu la vie par noyade. Alors que l’on annonçait déjà 4 décès à la plage de Malibu (Guédiawaye), avant-hier lundi, le bilan s’est alourdi, passant à 11 morts par noyade sur cette plage interdite de la banlieue dakaroise. Et, selon la Rfm, le même jour, lundi 30 juillet, 6 corps sans vie ont été repêchés sur les plages de Gadaye et Malibu, 4 dans l’après-midi et 2 en mi-journée. Ils ont tous été identifiés. Il s’agit de jeunes baigneurs originaires de Yeumbeul qui se sont noyés entre samedi et dimanche. Ces corps sans vie rejetés par la mer, avant-hier lundi, sur le rivage, ont été récupérés par les Sapeurs pompiers et acheminés vers les hôpitaux, en attendant d’être remis aux familles. A Guediawaye toujours, l’on a encore en mémoire le décès par noyade du fils ainé du député Seydina Fall Bougazelli, il y a presque deux mois. Le garçon âgé de 16 ans était élève en classe de Quatrième (4e). L’annonce avait été faite, le 1er juin dernier, par le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, à la fin de la séance plénière. Il avait ainsi porté à la connaissance de ses collègues parlementaires que le jeune homme s’est noyé à la plage de Malibu à Guédiawaye. Autant de pertes en vies humaines, des mineurs surtout, qui ne doivent laisser indifférent les autorités appelées prendre des mesures nécessaires pour mettre fin à ces séries de noyades enregistrées chaque année au niveau des plages sénégalaises en général, celles interdites en particulier. D’ailleurs, des voix s’élèvent pour demander des mesures drastiques de l’Etat contre la fréquentation de ces plages interdites à la baignade et la mise à disposition de véritables maîtres-nageurs bien formés en technique de sauvetage en mer pour sécuriser les baigneurs, en lieu de se contenter des surveillants de plages.
DAKAR- BAIGNADE 19 plages interdites et 15 autorisées
Face aux centaines de cas de noyades déplorés chaque année avec à la clé des dizaines de pertes en vie humaines, le gouvernement, à travers le ministère de l’Intérieur, met à jour la listes des plages interdites et celles autorisées, pour la baignade, en saison estivale. Histoire de sécuriser les sorties et fréquentations du littorale par dans à Dakar et certaines régions côtières disposant de plages dangereuses. Par arrêté ministériel, en attendant une nouvelle mise à jour de la liste cette année, un nombre total de 19 plages étaient concernées par la mesure d’interdiction dans la région de Dakar. Il s’agissait des plages de Soumbédioune, Université, Mermoz, Le Virage, Almadies 1 et 2, Mamelles, Institut Pasteur, Lat-Dior, Parcelles Assainies, Guédiawaye (Hamo 3, 4, 5, 6), Malika, Cap des Biches (Centrale Senelec), Port autonome, Hann, Soccocim, Rufisque (Ex-Bata), plage Niague, plage de Bargny. L’interdiction de la baignade au niveau de ces rivages est motivée par des critères liés à l’inaccessibilité de la plage aux services de secours et de sauvetage en cas de noyade, la présence de rochers dans l’eau. Il y aussi le fait que pour certaines plages, la censure à trait au sable mouvant due à la turbulence des vagues, ainsi que l’existence de pollution due à des déchets d’origine industrielle ou domestique. Par contre, les fréquentations sont autorisées pour une quinzaine d’autres plages que sont Terrou Baye Sogui, Anse Bernard, Almadies 2 (pour les surfeurs), Plage des enfants, Cour suprême, Terrou-bi, Ouakam, Yoff, Ngor, Ile de Ngor, Cambarène, Piscine Mermoz, Ile de Gorée, El Mahdi, Koussoum
ALY NGOUILLE NDIAYE, MINISTRE DE L’INTERIEUR, SUR LES CAS DE NOYADE ET LES PLAGES PRIVEES
«On ne saurait accepter que la population paye pour accéder à la plage» «Il y a des plages qui sont privées. Mais toutes les plages ne peuvent pas être des plages privées et on ne saurait l’accepter». Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, met les pieds dans le pat. En marge de la sortie de la 44e promotion de l’Ecole nationale de Police et de la formation continue, s’insurge contre cette nouvelle donne, face aux nombreux cas de noyades qui sont dénombrés depuis le début des vacances scolaires dans la région de Dakar, notamment à Guédiawaye, et à Mbour. Aly Ngouille Ndiaye juge inconcevable que des plages soient réservées à une certaine catégorie de la population capable de débourser une somme d’argent. Mieux, met-il en garde, des dispositions seront prises, s’il est établi que des plages sont payantes. «J’ai d’ailleurs demandé à l’administration territoriale ‘’d’instruire’’ les préfets de nous vérifier ça. Et, d’ici demain (aujourd’hui, mercredi 1er août, ndlr) nous allons avoir le rapport. S’il est avéré que c’est la raison, nous allons immédiatement l’enlever», déclare-t-il. Auparavant, tout en déplorant l’ampleur du nombre de pertes en vie humaines (21 morts à Guédiawaye dont 11 le weekend dernier et 4 à Mbour) enregistrées durant cette courte période, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, se désole toutefois de la fréquentation par les populations des plages interdites. «Nous regrettons que les jeunes aillent à la plage, surtout quand ces plages ne sont pas autorisées et qu’ils ne sont pas assistés. Quand on dit qu’une plage n’est pas autorisée, on doit prendre les dispositions pour ne pas y aller. C’est surtout ça qui est important», dit-il.
MBOUR – BAIGNADE A SALY-PORTUDAL La mer fait quatre victimes
Les éléments des sapeurs pompiers ont effectué cinq (5) sorties pour des cas de noyade occasionnant quatre (4) victimes et un survivant, entre les mois de mai et juillet 2018, à Saly. C’est ce qu’à révélé Doro Kane, le commandant du Centre de secours et d’incendie de Saly-Portudal (Mbour) polarisant les localités des communes littorales de Poponguine, de la Somone, de Ngaparou et de Saly-Portudal. Selon le commandant Kane, les cas de noyade sont enregistrés dans les plages de Saly-Niakh-Niakhal, la zone des Résidences, et à Obama Beach.
Face à ce constat macabre, il est revenu sur les dispositions prises pour la gestion des plages et des baignades. Des mesures sont prises, conformément aux directives de sa tutelle, à travers une circulaire demandant la surveillance des plages pendant les vacances. A en croire le commandant Kane, chaque jour, de 8 heures 30 à 20 heures, ses hommes sont présents le long de la plage pour faire honorer les mesures retenues (par les Sapeurs pompiers) demandant aux baigneurs de respecter le bulletin météo relatif à l’état de la mer, dans un premier temps. Deuxièmement, il leur est demandé de ne pas s’éloigner du rivage. En troisième lieu, il est recommandé aux baigneurs de ne pas s’isoler. La quatrième mesure concerne les grands groupes de baigneurs, comme les élèves ou autres qui organisent des sorties ou des excursions. Ils sont appelés à prendre contact avec les services compétents ou les Sapeurs pompiers pour l’encadrement des baigneurs. La cinquième recommandation est une invite faite aux premiers sur les lieux, en cas de noyade, d’appeler les secours le plus tôt possible. En dehors de ces directives, force est de retenir que seules les plages autorisées sont habilitées à recevoir des baigneurs.
Pour le commandant Doro Kane, la collaboration des collectivités territoriales est essentielle car elles viennent en appoint à la sécurité des plages. Elles sont appelées à la collaboration pour la formation des surveillants de plages, en plus des Sapeurs pompiers. Ce qui constitue un apport de taille car, selon lui, il ne suffit pas de savoir nager pour savoir secourir quelqu’un. La formation est nécessaire pour connaître les techniques de sauvetage et de secours en mer. Dans le cadre de la prévention, le commandant Kane rappelle les actions de sensibilisation menées, en relation avec les associations sportives et culturelles et les écoles supérieures sises dans les communes littorales polarisées par son unité. Il se désole des détours faits par ses éléments pour sauver des vies humaines en des lieux très proches, à cause des accès obstrués ou peu praticables.
Ibrahima DIALLO, Fatou NDIAYE et Samba Niébé BA/sudonline.sn

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1 réponse

  1. issa gibb dit :

    Il y a des maitres nageurs et des surveillants de plage au Sénégal ??? J’en ai jamais vu ???
    Ils sont en civil ou quoi ???

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