SCANDALE A MBOUR…

DÉTOURNEMENT DE FONDS AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ «TOUBA FALL FISHING»
Deux neveux du Directeur déférés pour détournement de plus de 200 millions de FCfa
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Plus de eux cent (200) millions de FCfa. C’est la faramineuse somme détournée au sein de la Société de transformation de produits halieutiques, «Touba Fall Fishing», sis à Mbour. Incriminés dans ce scandale, Serigne Sidy Guèye et Moussa Dione, deux neveux du Directeur. Des centaines de millions de francs, des maisons et véhicules figurent parmi les biens qu’ils ont tirés de ce détournement.
 Opérateur économique, le sieur Ibra Guèye, richissime commerçant établi à Mbour, n’a plus que ses yeux pour pleurer. Son joyau qui faisait sa fierté, une société de transformation de produits halieutique intitulée : «Touba Fall Fishing», qui a pignon sur rue à Mbour, près de la structure «Icagel», est sur le poing de mettre la clé sous le paillasson. Un risque de faillite qu’il impute à deux de ses neveux. Il s’agit de Serigne Sidy Guèye et Moussa Dione, accusés d’avoir frauduleusement pompé dans les caisses de «Touba Fall Fishing», la faramineuse somme de plus de 200 millions de FCfa.
Le directeur de «Touba Fall Fishing» victime de «l’ingratitude» de ses neveux
Ayant fait fortune dans le commerce, le richissime commerçant Ibra Guèye avait décidé, en 2007, de mettre sur pied ladite société de transformation de produits halieutiques. Seulement, en homme d’affaires qui passe le gros de son temps entre deux avions, Ibra Guèye, conscient qu’il lui est impossible de gérer sa nouvelle société, décide de confier la gestion à des proches, en qui, il a une confiance aveugle. C’est ainsi qu’il a invité son neveu Serigne Sidy Guèye, alors étudiant en 2e année de Géographie, à venir s’occuper de la gestion de la société. Il lui adjoint son autre neveu, Moussa Dione, alors mécanicien de profession. Ce duo prend ainsi les commandes de «Touba Fall Fishing», moyennant un salaire de 100 000 FCfa. Au cours de leur gestion, c’est via des correspondances téléphoniques qu’ils rendaient compte de la situation de la structure à leur patron. Au bout de cinq années (en 2012), Sidy Guèye décide de passer au peigne fin les comptes de sa société. C’est ainsi qu’il a sollicité de Serigne Sidy Guèye et Moussa Dione de faire l’inventaire de leur gestion. A sa grande surprise, argue-t-il, ses deux employés ont expressément rechigné à s’atteler à cette exercice, prétextant que, part cette requête, leur oncle de patron leur montre un manque de confiance. Outré par un tel comportement, Ibra Guèye les a de suite licenciés. Puis, il a commis un expert pour faire la situation comptable de l’entreprise de 2007 à 2012. Période qui correspond à la durée de la gestion effectuée par ses neveux. Dans ces conclusions, l’expert comptable décèle un gap de plus de 200 millions de francs. Ces indications en main, Ibra Guèye a saisi les limiers de Mbour d’une plainte, déposé le 27 octobre 2014.
L’enquête de police qui a perdu les mis en cause
Les hommes du commissaire Lèye ouvrent une enquête contre Serigne S. Guèye et Moussa Dione, pour tenter d’infirmer ou de confirmer les présomptions du plaignant. Au bout de près de trois mois d’investigations discrètes, à l’insu des mis en cause, les policiers ont pu relever qu’à la date du 31 décembre 2012, le compte bancaire de Serigne Sidy Guèye était crédité de la faramineuse somme de plus de 100 millions de FCfa. Mieux,  l’exploitation de ses relevés bancaires démontre que, d’avril 2007 en décembre 2012, Serigne S. Guèye verser régulier de fortes sommes d’argent dans son compte. Ce n’est pas tout, puisque les enquêteurs ont, en sus, réalisé que Serigne S. Guèye est crédité de trois actes de titres de propriété. Il s’agit de trois maisons entièrement construites (2 à Mbour : 1 face à la gare routière et une autre à Grand-Mbour, et la troisième à Saly). A l’actif toujours de Serigne S. Guèye, les limiers ont découvert qu’il possédait deux camions et avait confié la gestion à son frère, le sieur Moustapha Guèye.
Trois maisons, 2 véhicules et plus de 100 000 000 de FCfa découvert dans le compte bancaire de Serigne S. Guèye
A l’endroit de Moussa Dione, les hommes du commissaire Lèye ont relevé environ 10 millions de FCfa dans son compte bancaire. Mieux, lui aussi possédait, à Mbour, une maison entièrement  construite qu’il a, par la suite, cédée à un tiers à 20 millions. Interpellé, puis confronté à ces pièces l’accablant, Serigne S. Guèye, précise qu’il percevait un salaire de 100 000 FCfa à «Touba Fall Fishing» qu’il n’avait autre source de revenus. Seulement, il a formellement nié la propriété des montants découverts dans son compte bancaire et impute la propriété desdits véhicules à son frère Moustapha Guèye qui en assure la gestion. Des dénégations qui ont amené les limiers à enquêter sur Moustapha Guèye. A terme, ils ont réalisé que celui-ci était chauffeur jusqu’en avril 2014, et qu’il percevait un salaire de 50 000 FCfa par mois. Qu’il n’a pas de maison et que, croulant sous le poids de la conjoncture, Moustapha Guèye a été secouru par un ami qui lui a confié la gestion d’un véhicule, moyennant une rémunération. Les limiers en concluent que celui-ci n’avait aucune capacité financière lui permettant d’acquérir trois maisons, des véhicules et de les offrir à Serigne S. Guèye. Et pourtant, dans un instinct de protéger son frère (Serigne S. Guèye), Moustapha a cherché a confirmé les allégations de celui-ci. Face à la flagrance de son «mensonge», il a été arrêté pour complicité, en ce sens qu’il a aidé à dissimuler les biens détournés.
Une maison et environs 10 000 000 de FCfa découverts dans le compte de Moussa Dione
Entendu, Moussa Dione a, lui, indiqué que sa maison lui a été offerte par son père, un ancien policier. L’enquête a permis de savoir que le père était propriétaire d’un terrain nu et qu’il le lui a certainement cédé. Il est resté évasif sur le solde d’environ 10 millions de FCfa découvert dans son compte bancaire.
Ayant découvert suffisamment d’indices concordants de nature à motiver leurs inculpation, Serigne Sidy Guèye, son frère Moustapha Guèye et Moussa Dione ont été déférés le 4 décembre dernier, au parquet de Thiès, pour escroquerie, abus de confiance et complicité. Aux dernières nouvelles, le dossier qui a fait l’objet d’une information, est en cours d’instruction devant le magistrat instructeur de Thiès.
Abdoulaye DIEDHIOU/L’OBS

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