Désaccord sur les accords

Société des conserveries en Afrique : Les travailleurs dénoncent les accords de pêche avec l’Union Européenne
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«La société  des conserveries en Afrique (Scasa) est actuellement  en arrêt de travail depuis le 30 avril 2014 pour cause de manque de poisson », a déclaré hier le président du collège des délégués de la Scasa, Kabou Guèye. Il faisait face à la presse. Ces travailleurs  de la Scasa dénoncent, à l’instar des autres acteurs du secteur de la pêche, le protocole d’accord de pêche signé avec l’Union Européenne  le 03 avril 2014 qui risque de mettre au chômage 1500 travailleurs.
La Société des conserveries en Afrique (Scasa) est en agonie. Avec l’accord de pêche signé nouvellement avec l’Union Européenne par le ministre de la Pêche Ali Haidar, la Scasa se trouve noyée, selon les travailleurs, dans des difficultés d’approvisionnement en poisson. Alors que le groupe coréen Dongwong a déjà consenti  un investissement de 6 milliards de FCFA dans cette société pour moderniser et perfectionner l’outil de travail.
Selon le président de collège des délégués de la Scasa, Kabou Guèye, la  Scasa, repreneur de la Société nouvelle de conserverie du Sénégal (Sncds), est aujourd’hui en perte de vitesse et en arrêt de travail depuis le 30 avril pour cause de manque de poisson. «Cette situation découle du protocole d’accord  de pêche signé le 03 avril 2014 qui est à notre défaveur et en porte à faux avec les  conditions de reprise de la Sncds signées avec l’Etat du Sénégal », soutient M. Guèye.
A l’en croire, les quantités de poissons pêchées par les canneurs actuels dans la zone économique exclusive (Zee) ne représentent que 25% des captures.  « Si les estimations  de captures annuelles sont exactes, elles sont de 11000 t à 14000 t et donc le pourcentage dans la Zee tourne autour de 3000 t à 4200 t. Et c’est cette quantité de poisson  qui est censée être débarquée dans nos industries d’après le protocole », informe-t-il. Kabou Guèye trouve insensé de devoir acheter du poisson ailleurs, alors qu’on permet à des étrangers de pêcher et d’exporter. «L’Etat veut brader ses ressources pour un milliard par an alors que la Scasa, à elle seule, rapporte à l’Etat sénégalais plus de trois milliards de FCfa par an et fait rentrer plus de 15 milliards de FCfa. Nous le dénonçons et appelons les autorités à intervenir d’urgence pour préserver nos ressources et les 1500 emplois avant que le pire ne se produise », avertit-il.
Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des industries alimentaires, Mouhamadou Lamine Tall, fustige également ces accords de pêche qui ne prennent pas en compte ni les intérêts des travailleurs ni ceux de l’Etat du Sénégal.
L’autre aspect des accords de pêche dénoncé par M. Tall est la présence de 38 bateaux européens dans nos côtes qui va entraîner une surexploitation des ressources halieutiques sénégalaises.
« De même, puisque l’accord prévoit que ces bateaux étrangers recrutent 20% de leur équipage parmi les marins d’Afrique, Caraïbes et Pacifique ou du Sénégal, « nos marins seront, pour des raisons de compétitivité, des laissés pour compte sur une pêche qui se passe au Sénégal », se désole-t-il.
 De ce fait, il exhorte l’Etat à reconduire ce protocole d’accord de pêche dans les mêmes termes que l’ancien (protocole signé entre le ministère de la pêche, les huit canneurs espagnols et français et tous les acteurs du thon) afin de mettre en place un système d’approvisionnement correct de l’entreprise en matière première.
Maguette Guèye DIEDHIOU/Lesoleil

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