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Nouvelles du Grand Magal de Touba
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La poussière dicte sa loi à Touba et sur la route du Magal
En dehors des cas d’accidents de circulation notés sur la route du Magal, l’autre contrainte relevée et à laquelle les fidèles musulmans sont confrontés est liée à la recrudescence de la poussière dans la ville sainte. Un peu partout  dans la cité de Khadim Rassoul,  les particules de poussières  et les rayons solaires ont mis en rendu difficile le déplacement de certains  fidèles. Touba est envahie en cette veille de Magal, par une poussière « monstrueuse » qui a empêché à certains pèlerins de sortir faire leur «  ziar » comme cela se doit. D’autres plus  nantis, ont  très tôt pris leur disposition, mobilisant la grande artillerie et célébrant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, dans un camouflage extraordinaire.
Au moment où les uns ajoutent à leur mise des foulards, chaussettes et autres bonnets pour se préserver de cette infortune naturelle, les autres, se sont dotés de  masques et de lunettes de protection contre la poussière. Des dispositions qui sont en train d’imposer  leur ‘’suprématie’’ dans la ville abritant le mausolée du fondateur du « mouridisme». 
Les débris de sable plus fréquents dans les zones aux chemins non goudronnés, ont été aggravés par le passage obligé des charrettes dans ces artères de l’intérieur de la ville et surtout par l’agression des rayons solaires qui piquent dures.

Une situation dramatique qui a dérangé nombreux des pèlerins. Estimés à des millions de talibés et simples pèlerins présents sur les lieux, les musulmans venus solliciter des grâces à Touba, ont éprouvé d’énormes difficultés dus aux  entassements  dans les ruelles poussiéreuses qui mènent toutes, vers la grande mosquée. Rencontré à Djanatou, localité située à 8 kilomètres de la résidence « khadimou Rassoul », Moustapha n’a pas arrêté de se plaindre de la poussière étouffante, « c’est la période des récoltes », fait-il savoir. Bien métamorphosée, Aida Samb  explique,  les raisons de son accoutrement spécial fait d’une grande robe assortie de chaussettes, avec un pantalon « bas », le tout couronné par un long foulard dressé au contour de la tête, descendant vers le cou.
« Le climat est quand même bizarre. Si on ne se protège pas, il peut atteindre notre peau», enseigne la dakaroise non habituée à ce type de temps sec.  S’adossant sur la grille de la mosquée, donnant l’air épuisé, Samba Ndiogou, ne souffre pourtant de rien d’autre que des aléas du climat.  Lui qui ne s’est pas préparé à cette situation, a certainement regretté son port vestimentaire incapable de  le protéger contre le climat  non agréable qui le meurtrit. Il en était ainsi pour beaucoup de fidèles, mais la plupart, du fait de leur attachement à la ville et à son fondateur, n’ont pas tenu compte des dangers que cela peut engendrer car, « Serigne  Touba le vaut bien », lance un passant. Fervent talibé mouride  l’homme qui semble n’être aucunement dérangé par ce climat délétère, nous jette ces mots au pas de course. Sokhna Diarra elle, n’est préoccupée que par ses lèvres, qui sèchent sans cesse. Venu se procurer un produit à la pharmacie, elle dégage un ouf de soulagement pensant avoir remédié à son mal. Il importe enfin de signaler que la qualité du climat a fait le bonheur des vendeurs d’habits lourds et d’accessoires capables  de contrecarrer les aléas climatiques. Ces commerçants ont pour la plupart, écoulé leur marchandise et rentreront  certainement des poches pleines et surtout avec les bénédictions de Khadim Rassoul.
Le « Magal » dans tous ses etats

Les chameaux une des attractions
Ils sont  attachés dans presque chaque coin de rue des quartiers et devant le domicile de certains dignitaires mourides à Touba. Avec leur morphologie particulière, les chameaux du fait de leur rareté au Sénégal, ont capté l’attention de certains compatriotes.  Au Magal, ces animaux ont mobilisé des foules, même si les attentions qui leur sont accordées différent. Venues en général  de la Mauritanie, ces bêtes à la corpulence   gigantesque semble avoir la bénédiction de  Cheikh Ahmadou Bamba  et ont elles aussi, autant que les  autres sites visités,  eu droit à des fortes présences humaines. C’est certainement pour éviter que leur abattage pose problème du fait de leur  grand physique,  que les bêtes du désert sont  ou  seront abattus la nuit  de la  veille du jour du Magal. Cela est pour aussi éviter que les foules  ne se présentent encore en ces moments. Dénombrés en des centaines pour les besoins du Magal, ils viennent aussi en appoint pour une assurance parfaite des « berndel » ou repas copieux destinés aux visiteurs et pèlerins. 

Le Magal et ses fruits de toutes sortes
Comme de coutume, les fruits sont  en train de marquer la présente édition 2013 du grand Magal de Touba. En quantité colossale, oranges,  pastèques, bananes, pommes, noix de coco et ananas se distribuent  partout comme des billets de banque au guichet automatique. Par ci, les vendeurs  les cèdent à des francs symboliques,  par là les organisateurs du Magal en offrent après chaque repas en guise de dessert. Importés de la Guinée, du Mali et de la Côte d’Ivoire en général, ces  aliments, dont s’en sert au quotidien une minorité de  Sénégalais, sont à  la portée de toutes les bourses durant le Magal. En atteste les poubelles pleines de leurs restes éparpillées à Touba.
« Le Magal devrait durée encore quelques jours, pour permettre à ceux qui commençaient à s’habituer de la consommation de ces aliments de « luxe », d’en user encore » implore un amateur que nous avons rencontré. Pour l’instant, ce qui est sûr est que certains, saturés, n’en useront qu’à la prochaine  édition du grand Magal de Touba.
La circulation infernale entre  véhicules et piétons
C’est parce qu’il est un Sénégal en miniature que Touba en cette période de Magal, reste la seule destination vers laquelle sont tournés tous les esprits. Et voilà pourquoi s’y côtoie tout un monde. Pressés de se faire des bénéfices, les conducteurs de véhicules, disputent la route aux les piétons qui ne veulent de leur côté rien rater de la fête.  Cette situation a créé une anarchie notoire  dans les grandes artères de Touba, devant des policiers obligés de laisser aller car, peu de solutions s’offrent à leurs yeux. Engendrant des bouchons monstres sur l’axe Touba-Mbacké, cette difficulté de circuler a pendant de bons moments retenu immobiles certains véhicules ou contraint quelques piétons à changer de chemin. C’est aussi ça les conséquences d’un manque d’infrastructures routières dans les points à forte convergence.

La vente de masques contre la poussière, les bousculades à l’entrée de la Grande mosquée et la concurrence entre opérateurs téléphoniques sont, entre autres, les faits marquant à Touba, La vente de masques marche fort à Touba à cause de la couche poussiéreuse qui enveloppe la ville qui célèbre dimanche le départ en exil du fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Dans les différentes artères et ruelles, les vendeurs de masques proposent leurs produits. L’unité est vendue à 100 Francs CFA.
Les traditionnelles bousculades sont constatées à l’entrée de la Grande mosquée de la ville de Touba prise d’assaut par des milliers de fidèles. De longues files sont observées à l’entrée du lieu de culte qui abrite également les mausolées de grands dignitaires du mouridisme.
Le Magal de Touba n’a pas échappé à la concurrence entre les trois opérateurs téléphoniques. Tigo, Orange et Expresso ont déployé des moyens pour séduire les milliers de fidèles, venus assister à l’évènement religieux. Promotion d’abandonnements téléphoniques, campagne de communication, affichages, entre autres, sont les canaux utilisés pour ferrer les clients.
Les conducteurs de calèche se frottent les mains, à 24 heures du Magal. Face à la forte densité de la circulation et les nombreux bouchons, les charrettes sont très prisées par les fidèles qui se rendant à la Grande mosquée de Touba. Evitant les grandes artères, elles rallient le lieu de culte en empruntant des raccourcis.

60 individus arrêtés dans plusieurs quartiers de la ville
Au total, 60 individus ont été arrêtés lors différentes opérations de sécurisation effectuées du 19 au 21 décembre dans plusieurs quartiers de la ville sainte de Touba, a-t-on appris de source policière.
Le dispositif spécial mis en place pour le Magal a investi les secteurs suivants: Rond point Khaira, Entrée Mbacké, Ndame Alazar, Sortie Dara Djolof, Sortie Darou Mousty, Darou Miname2, Marché Ocass, Guédé, Darou Khoudoss, Keur Niang, Ndame, Darou Marnane, précise le communiqué transmis à l’APS.
La même source souligne que le Coordonnateur de ce plan opérationnel, le Commissaire de Police Yaya Tamba du commissariat Spécial de Touba ‘’s’est appuyé sur un impressionnant renfort des unités spéciales placées sous son autorité’’.
Cette opération se poursuivra encore samedi et dimanche.
Les 60 interpellations se répartissent ainsi : 2 pour détention de chanvre indien, 1 pour ivresse publique et manifeste, 2 pour vol commis en réunion, 1 pour vagabondage, 1 pour outrage à agent, 1 pour vol dans un lieu de culte, 1 pour détention d’arme blanche.
Il y a eu 46 interpellations pour vérification d’identité, 2 pour abus de confiance, 2 pour recel, 1 pour conduite sans permis de conduire. La police fait également état de la saisie de 4 cornets de chanvre indien et du vrac.

Business du magal 2013 Touba Les petits commerces font de grandes affaires
Grande affluence religieuse des musulmans du Sénégal, la période du Magal est aussi un moment d’économie. Les commerçants du Sénégal et de la sous région ouest africaine ont saisi ce moment de fort trafic, pour écouler une bonne partie de leurs matériaux et autres articles. Pour cette année, les choses ont plutôt tourné dans le bon sens. Des chiffres d’affaires revus à la hausse, des produits en rupture, ou encore des clients faisant la queue, car poussés par la rage d’obtenir tels ou tels autres articles, c’est le décor qui se plante dans Touba et ses agglomérations en ce temps de grande affluence. C’est visible en faisant un tour dans les grandes rues qui mènent à la grande mosquée de Touba, au marché Occas et aux stands montés un peu partout aux environs de la mosquée. Ils sonnt nombreux les commerçants venus profiter de la grande affluence que connait la ville sainte en ces moments d’échanges.
S’il ya des fidèles qui ont rallié Touba pour faire des ziares (visite religieuse), prier ou recueillir la bénédiction des marabouts, d’autres y sont pour gonfler leur compte financier par l’écoulement de leurs produits. Laweul Cissé est un commerçant arrivé de Guinée pour tenter l’expérience. Pour un premier test, le vendeur de chapelet, dresse un bilan satisfaisant du commerce en ce temps de Magal.
« Nous rendons grâce à Dieu, car en moins d’une semaine, nous avons pu terminer l’essentiel de notre stock » confie t-il avant de regretter n’avoir pas amené plus d’articles.
Doudou Ndiaye, lui a réussi un exploit en parvenant à terminer cinq de ses sept sacs de dattes qu’il avait transportés vers Touba. Vu qu’il a écoulé ces affaires, Ibrahima Thiam est venu prêter mains fortes à son ami, Ngagne, pour l’aider à faire comme lui : de vider ses réserves.
A la recherche, de ses derniers clients, en ce jour de Magal, Driss n’a pas regretté les milliers de kilomètres parcourus pour parvenir à la ville de Cheikh Ahmadou Bamba. « J’ai gagné quelque chose qui me permettra de retourner tranquille au pays ». Les étrangers n’ont pas été les seuls à réussir au Magal. De cette enquête, il ressort que les locaux plus rompus à la tâche certainement, ont simplement eux, doublé leur gain pour l’essentiel.
Voilà pourquoi, certains d’entre eux pensent déjà à la prochaine édition du grand Magal. « Travailler pour Serigne Touba, rien que pour lui ». C’est l’avis de Khadim Bousso, concentré sur son poste radio écoutant les « khassaides » de Serigne Touba, le jeune mouride a tenu à signaler qu’il ne pouvait pas se passer autrement. « Quand on vend une propriété de Mame Bamba, on ne peut que s’en sortir car, c’est Serigne Touba lui-même, qui assure la vente », nous apprend t-il. Les fruits ont aussi marqué leur présence à la 118ème édition du grand Magal de Touba. Pour les fruits ananas, oranges, pommes, noix de coco étaient plus prisés par les fidèles.

Premières retombées du magal de Touba 2013: La bonne affaire des mendiants
Le plus grand événement religieux du Sénégal, est aussi un point de convergence des démunis. Ils sont des milliers de mendiants à se présenter pour bénéficier de l’aumône des pèlerins et des autres bonnes volontés sensibles à leur cause. Garçons et filles, jeunes ou vieux, ils sont de toutes les tranches d’âge et issus d’horizons divers. Les mendiants font, depuis un bail, partie prenante du décor de Touba pendant le Magal, notamment au niveau du périmètre de la grande mosquée.
Sans nul doute, ils peuvent être classés parmi les bienheureux du magal, car en dehors des bénédictions, avec l’aide de DIEU et des pèlerins, ils rentreront les sacoches pleines. La somme les pièces de monnaie qu’ils amassent en cette veille de Magal, en attendant le grand jour, équivaut à des billets de banques qui peuvent pendant une bonne durée les aider à subvenir à leurs besoins. Dakaractu a rencontré certains d’entre eux établis autour de la grande mosquée de Touba.
Gorgui Ndiaye, un handicapé physique qui peine à marcher, est convaincu qu’il ne perd rien en venant quémander au Magal. Le vieux s’est bousculé avec les pèlerins dans les voitures de sa localité pour rejoindre Touba où il continue à se faufiler entre les petits espaces en quête d’aumône. A côté de lui, une veille dame dénommée Aissatou implore les passants généreux pour quelques pièces de monnaie. Même pour parler à vos serviteurs, elle leur a arraché des pièces.
« La valeur n’est pas importante, nous n’avons pas d’exigence car, nous sommes démunis », dit-elle après avoir encaissé nos aumônes. Répondant à notre interrogation, elle rend grâce à Dieu et à Serigne Touba qu’elle remercie infiniment car, « il nous a donné ce grand jour d’aumône ». Le Magal, à l’en croire, est une période de bienfaisance qui leur permet d’amasser beaucoup de sous et de subvenir pendant un moment, à leurs besoins.
Cela est confirmé par Issa, un autre indigent ambulant qui fait deux fois par jour le trajet Mbacké Touba. Attrapé à hauteur du garage de Dakar, le mendiant en partance à Mbacké, nous signale que les choses se passent bien. Assise, devant un tas de pièce, non loin de Chez le khalife générale des mourides, Mère Bintou cache soigneusement son sacoche. La seule issue qu’elle a oublié de dissimuler, permet à notre regard de percer le fond du sac plein de pièce et d’avoir une idée de ces colossales retombées du magal. Heureusement qu’elle s’est ouverte à nous mais juste après nous avoir pris des ronds. « Nous rendons grâce à Allah. Nous n’avons aucun problème ici et j’ai gagné 160 000F dans une durée de cinq jours », enseigne la dame visiblement comblée.
Devant chez Serigne Saliou, ils sont des dizaines à s’y installer. Ce qui les intéresse ce sont les sous pas l’aumône en nature. Le journaliste dérangeur est bloqué à ce niveau car, les mendiants lui tournent complètement le dos même s’il donne quelques choses avant de solliciter un entretien. « Ce qui nous dérange c’est le temps qu’on perd pendant cet entretien », nous martèle cet autre démuni.
Question aux économistes, à combien peut-on estimé le total ces actes de bienfaisances, en pièces ou billets ?

Macky Sall à Touba «C’est la première fois que je vis une célébration aussi exceptionnelle»
En prenant congé de Serigne Cheikh Sidy Mactar Mbacké après la prière du vendredi, Macky Sall s’est engagé à aider davantage les autorités de Touba. Macky Sall, qui a décrit le Magal de cette année comme le plus exceptionnel de sa vie, s’est engagé à mieux aider dans l’organisation de l’événement. «Je rends grâce à Dieu et je remercie Serigne Cheikh Sidy Mactar Mbacké pour l’accueil et l’hospitalité qu’il m’a réservés tout au long de ces deux jours. Aussi, je voudrais le remercier pour les prières qu’il ne cesse de formuler pour nous et pour le Sénégal. C’est vrai que j’ai assisté à plusieurs Magal dans le passé, mais c’est la première fois que je vis une célébration aussi exceptionnelle et cela me motive à aider davantage Touba», a déclaré Macky Sall. Puis, comme pour s’expliquer sur ses propos, Macky Sall ajoute : «ma motivation s’explique par le fait que Touba est une cité religieuse où viennent plusieurs centaines de milliers de personnes. Cela requiert des moyens énormes. C’est pourquoi nous allons aider les organisateurs du Magal pour les prochaines éditions, car le Magal est pour nous un moment pour réaffirmer tout notre engagement et toute notre volonté d’œuvrer aux côtés des autorités de Touba pour tout ce qu’elles font pour l’Islam».
Dakaractu

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