L’HOPITAL POUR ENFANTS DE DIAMNIADO

Les chinois attendent toujours la contrepartie sénégalaise et l’hôpital risque d’être mortel pour les enfants et le personnel
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L’Etat du Sénégal tarde toujours à verser sa contrepartie de 500 millions de FCFA devant servir à construire les logements du directeur et des chirurgiens, d’un centre d’épuration pour l’assainissement de l’hôpital d’enfants de Diamniadio. Le montant de la contrepartie doit aussi être utilisé pour l’exonération du carburant que les ouvriers chinois utilisent dans le cadre des travaux de construction de l’hôpital. C’est l’information donnée aux membres de la Commission Santé et Affaires sociales de l’Assemblée nationale en tournée pour « contrôler et évaluer l’action de l’Etat ». La fin des travaux (exécutés à 75 %) de cet hôpital est prévue en décembre prochain. Cette infrastructure sanitaire est financée par la République de Chine à hauteur de 6 milliards F Cfa,
Le Sénégal tarde encore à verser sa contrepartie financière de 500 millions F Cfa pour la construction de l’hôpital d’enfants de Diamniadio. Cette infrastructure sanitaire est financée par la République de Chine à hauteur de 6 milliards F Cfa. Et  cette dernière a déjà réalisé 75 % des travaux de construction.
Précisons que c’est le président de la République, Me Abdoulaye Wade qui a décroché, en 2006, ce financement de 6 milliards, lors d’un voyage en République populaire de Chine. La pose de la première pierre de l’hôpital a été faite le 26 mars 2010 par le ministre de la santé, Modou Fada Diagne.
En visite sur les chantiers, les Chinois  ont demandé à la délégation de la commission de santé de l’Assemblée nationale, conduite par son Président, Dr Omar Ndoye, de sensibiliser les autorités sénégalaises, notamment le ministre des Finances, pour verser la contrepartie du Sénagal. La contrepartie  doit servir à construire les logements du Directeur de l’Hôpital et des chirurgiens qui y officient. Les 500 millions seront aussi utilisés dans la construction d’un centre d’épuration pour l’assainissement de l’hôpital, de même que l’exonération du carburant que les ouvriers chinois utilisent dans le cadre des travaux de construction de l’hôpital.
Mais de l’avis de la directrice des Equipements au ministère de la Santé, Awa Ndiaye Diouf, la contrepartie financière du Sénégal est disponible. Seulement, ce sont les procédures d’appel d’offres qui retardent les travaux. Elle a assuré que l’appel d’offres est déjà lancé. « Nous souhaitons l’achèvement des travaux et l’équipement en décembre. Ce délai devrait être respecté », a dit Mme Diouf en recevant mardi des membres de la Commission Santé et Affaires sociales de l’Assemblée nationale en tournée pour « contrôler et évaluer l’action de l’Etat ».
Les travaux de cette infrastructure sanitaire ont débuté en mai 2010, pour un délai d’exécution de 20 mois.
D’une capacité de 130 lits, l’hôpital d’enfants de Diamniadio dispose de bâtiments destinés aux consultations, aux hospitalisations, à la technologie médicale. Il dispose d’un château d’eau qui devrait assurer son autonomie. Cet hôpital, R+ 1, dispose des ascenseurs, des blocs accumulateurs d’énergie et d’une centrale de gaz.
Appréciant la construction de cette structure sanitaire, le président de la Commission Santé et Affaires sociales, Omar Ndoye, a dit : ‘’Avoir un hôpital qui va prendre en charge l’enfant dans les différentes spécialités qui le concernent, c’est extraordinaire’’.
La directrice des équipements au ministère de la Santé, Awa Ndiaye Diouf, a assuré que l’infrastructure en construction à Diamniadio ‘’complétera les hôpitaux déjà existant et constituera une unité de référence pour les régions de l’intérieur’’. ‘’
Bacary Domingo MANE

Construit à proximité d’une usine de plomb : L’hôpital pédiatrique de Diamniadio met ses futurs pensionnaires en danger de mort
L’hôpital pédiatrique de Diamniadio est comme installé sur une poudrière. La structure sanitaire qui doit être livrée en décembre 2011, est, en effet, construite à proximité d’une usine de plomb. Les populations ayant manifesté leurs inquiétudes, les autorités envisagent, après quatorze longs mois de travaux, de mener enfin une étude d’impact environnemental.
Comment peut-on construire une structure sanitaire à proximité d’une usine de plomb ? Pourtant, on l’a fait à Diamniadio, avec l’hôpital pour enfants en construction qui sera livré en décembre prochain après vingt mois de travaux. La visite guidée de ce chantier, hier, par le ministre de la Santé et de la Prévention, Modou Diagne Fada, a permis de constater cet énorme paradoxe. Sur place, l’odeur du soufre est d’une nocivité telle qu’on a du mal à se ré-oxygéner les poumons. Le maire de la commune, Mamadou Moulaye Guèye, qui n’ignore pas le danger qui guette les futurs pensionnaires de cet hôpital pédiatrique, manifestera à son hôte l’inquiétude des populations de Diamniadio. ‘La proximité de l’usine de plomb avec cet hôpital pour enfants constitue un réel danger public. On ne peut pas prétendre soigner des enfants ici, alors qu’ils risquent de contracter une autre maladie. Le plomb est toujours un danger à Diamniadio, il demeure un problème de santé publique’, informe-t-il le ministre de la Santé et de la Prévention.
C’est pour rectifier le tir, précisera le maire de la commune de Diamniadio, qu’il a personnellement adressé une demande pressante à son hôte pour qu’il soit son interprète auprès du chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, et du ministre d’Etat, ministre de l’Environnement, pour que cette question soit prise à bras-le-corps afin que la santé des enfants qui seront évacués au niveau de cette structure sanitaire, ne soit pas compromise. ‘Le problème préoccupe les populations de la commune’, insiste Mamadou Moulaye Guèye s’adressant au ministre de la Santé et de la Prévention.
Autre invraisemblance, c’est que les internés de ce futur hôpital risquent d’être approvisionnés en eau contaminée, même si, par ailleurs, on tente de rassurer par l’installation d’une station d’épuration et de traitement des eaux. Il est, en effet, prévu la création sur place d’un château d’eau, dont la source liquide sera tirée du sous-sol du site à proximité de l’usine de plomb. ‘Rien ne se perd, tout se transfor
me’, paraphrase le ministre de la Santé, en référence à la gestion de l’eau dans cet hôpital. Modou Diagne Fada, dans une dynamique d’apaiser les inquiétudes relatives à la présence du plomb sur le site dont il s’est lui-même rendu compte, promet la diligence d’une étude d’impact environnemental sur ce terrain miné. ‘Une mission est à pied d’œuvre pour apporter des mesures de correction’, tempère le ministre de la Santé et de la Prévention qui, justifiant le choix du site par le président Wade pour abriter l’infrastructure, soutient que ‘Diamniadio est la porte d’entrée de Dakar et ceux qui viendront des régions n’auront plus besoin d’aller jusqu’à Albert Royer’.

Véritable labyrinthe, cet hôpital pédiatrique est édifié sur 8 000 mètres carrés pour une superficie totale de 4 hectares à l’entrée de Diamniadio. Son architecture de l’époque de l’empire chinois en fait un chef-d’œuvre unique au Sénégal et dans la sous-région. Fruit de la coopération sino-sénégalaise, ses travaux de construction ainsi que son équipement au complet vont coûter 5 milliards de francs Cfa à la République populaire de Chine. L’Etat du Sénégal n’ayant qu’une contrepartie de 800 millions de francs Cfa d’investissement à faire. Selon Modou Diagne Fada, ‘cet argent (la contrepartie sénégalaise, Ndlr) est destiné à l’achat à hauteur de 150 millions de francs Cfa d’un transformateur pour gratter le mauvais sol à trois mètres sous terre, à la rémunération de la main-d’œuvre ouvrière’. En outre, selon lui, ‘cet argent doit aussi servir à payer les médecins, infirmiers, sages-femmes etc.’. Et dire que l’hôpital ne sera fonctionnel qu’à partir de décembre 2011, date prévue pour la livraison du joyau.
Cet hôpital d’une capacité de 130 lits, comprend, entre autres services, la consultation externe, une unité de chirurgie infantile, la pédopsychiatrie, la médecine infantile, une unité d’aide au diagnostic et des bâtiments pour l’hospitalisation.

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