Senelec à l’agonie

Arrêt des machines de la Sar : La Senelec s’enfonce dans le pire
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C’est vraiment l’impasse pour le secteur énergétique sénégalais. Au lieu de rassurer les Sénégalais, par rapport aux délestages, Seydina Kane, Directeur général de la Senelec et Carmélo Sagna qui faisaient face à la presse hier, les ont plutôt inquiétés. Le premier demande aux Sénégalais d’être plus indulgents, tandis que le second annonce l’arrêt de la Sar à partir de ce matin, ce pour trois semaines. Les coupures de courant ont encore de beaux jours devant elles ! Car ce n’est pas demain la veille du règlement de la crise énergétique. Le secteur est dans l’impasse, avec un déficit de plus de 180 Mw. La Société nationale d’électricité (Senelec) est asphyxiée par des problèmes d’approvisionnement en combustibles et de trésorerie. Seydina Kane, le Directeur général l’a confirmé hier. Au cours d’une conférence de presse qu’il animait avec Carmélo Sagna, Directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar), M. Kane indique que «la situation en combustibles est tendue. La Senelec dépense 14 milliards par mois en combustibles, auxquels il faut ajouter les autres dépenses, soit une charge d’environ 21 milliards de francs Cfa. Alors que les recettes ne tournent qu’au tour de 19 milliards. Par conséquent chaque mois, il y a un manque à gagner qui ne permet pas d’avoir un équilibre».
Le Directeur général annonce 6 mille tonnes de fuel dans un bag à la Sar, mais le transfert de ce produit dans les centrales pose problème. Les raisons ? M. Kane préfère ne pas entrer dans les détails. Faute de contrôle qualité, un tanker de 35 405 tonnes est bloqué aux larges. «Aujourd’hui, si on avait du combustible dans les centrales, on serait en équilibre», soutient Seydina Kane.
Sur le retour de l’équilibre, les responsables du secteur sont incapables de donner une date. En tout cas pour combler le gap de 180 Mw, ils ne comptent que sur un plan d’urgence pour recouvrer la puissance perdue sur certaines machines et mettre en place des capacités additionnelles. «On sollicite la compréhension des Sénégalais pour mettre sereinement en œuvre, le plan d’urgence», lance le Directeur général de Senelec.
Seydina Kane et ses collaborateurs promettent de communiquer à partir de lundi prochain, sur les délestages selon les zones. Et d’expliquer que le délestage consiste à maintenir en équilibre l’offre et la demande. «Si nous produisons, nous devons produire juste ce qu’il faut. Et la demande, dans les 24h évolue. Au Sénégal, nous avons une pointe entre 19h et 23h. c’est une pointe lumière. Par conséquent, il n’est pas facile de baisser la demande», justifie Seydina Kane.
Les responsables annoncent également, un fonds de sécurisation des importations de la Senelec. «Si on nous donne cette béquille, Senelec se portera bien. Aujourd’hui, nous souffrons des charges liées à la structure du parc actuel qui est à 80% thermique, utilisant du pétrole. Nous avons 10% d’hydraulique provenant de Manantali», dit M Kane. En termes d’encours, la Senelec aujourd’hui, a crevé le plafond au niveau de la Sar. Cependant, indique M. Kane, la société a des lignes de 6 milliards de francs Cfa avec la Sar et, 5 milliards avec Total, qui lui permettent de pouvoir prendre du combustible.
La Sar en arrêt
Ces contraintes d’approvisionnement en combustibles risquent d’être accentuées par l’arrêt de la Sar à partir de ce matin, annoncé par Carmélo Sagna. Cet arrêt est lié d’après le Directeur général au prochain tanker de brut attendu entre le 13 et le 15 février 2011.
Malgré tout, M. Sagna tente de rassurer : «Il y a un programme d’importation qui va permettre d’assurer la soudure entre le moment de l’arrêt de la Sar et son retour. A la Sar, il y a 7 mille tonnes de fuel importé, 2 500 tonnes de fuel produit par la Sar, 2 500 m3 de gasoil. Toute cette quantité est mise à la disposition de la Senelec. A cela s’ajoute une importation de 15 mille tonnes de fuel à 1% pour pouvoir couvrir les besoins de Kounoune.» Carmélo Sagna déclare ainsi, que «l’arrêt de la Sar n’aura aucune incidence négative dans l’approvisionnement de fuel de la Senelec. Nous profiterons de cet arrêt de trois semaines pour procéder à des entretiens».
Pour se libérer de la tyrannie du pétrole, les responsables du secteur brandissent un plan d’investissement 2011-2015 qui prend en compte un certain nombre de projets, notamment la réalisation d’une centrale à charbon à Sendou de 500 Mw. «C’est cela qui va nous permettre d’inverser la tendance», déclare Seydina Kane.

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