Crime à Dakar

Crime à Dakar
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Le crime a été commis à Dakar par un trio de voleurs qui se sont introduits dans le voilier de la victime
Un Angloy de 57 ans, assassiné au Sénégal
Gérard Gallais, 57 ans, a été tué dans son voilier, près de Dakar, dans la nuit du 27 au 28 août. Le crime aurait
pour mobile le vol : trois hommes sont montés à bord du bateau qui était au mouillage, entre 3 et 4 heures du matin.
Ils ont tenté de subtiliser ce qui pouvait l’être, ont violé la compagne sénégalaise de Gérard Gallois et étouffé
celui-ci avec des coussins. Ils se sont enfuis à bord de l’annexe du bateau qui a été retrouvée sur la grève avec
quelques effets.
« Il est mort pour une télé ! » lâche, dépité, un ami de longue date de Gérard Gallais. Comme les frères, enfants et
proches du défunt, il est dans l’attente du rapatriement du corps au pays Basque qui pourrait intervenir cette
semaine.
Gérard Gallais était né en Tunisie et a grandi à Anglet où sa famille s’est installée alors qu’il était encore
enfant. Il avait fait carrière dans le commerce de la moto et s’était fait un nom dans ce milieu où son handicap ne
passait pas inaperçu.
Gérard Gallais avait en effet perdu l’usage d’une jambe après avoir contracté la poliomyélite. Il avait malgré tout
réussi à adapter des motos pour pouvoir piloter. Durant de longues années, il s’était aussi impliqué dans des clubs
de motards et dans l’organisation de courses.
Avant de devenir cofondateur de l’enseigne Chrono, il avait monté des magasins dans le secteur du boulevard du BAB,
à Anglet. Il s’était désengagé du dernier d’entre eux, derrière le magasin Castorama, qui porte toujours le nom de
Chrono.
Dans les années 80, Gérard Gallais s’était mis avec assiduité à la voile. Là encore, il avait fait fi de son
handicap pour apprendre à naviguer. Il consacrait son temps libre et ses vacances à cette passion et avait acquis un
premier bateau à bord duquel il avait effectué sa première traversée de l’Atlantique, jusqu’aux Antilles.
Il y a une dizaine d’années, Gérard Gallais avait choisi de prendre sa retraite : il avait du même coup décidé de
changer de vie et de partir autour du monde en voilier.
Il avait d’abord navigué au large de l’Afrique, entre Sénégal et Cap Vert. Il y a deux ans, ses longs séjours dans
le port de Hann, près de Dakar, l’avaient amené à prendre la présidence du Club de voile de Dakar (CVD), l’une des
structures qui accueillent les voiliers qui séjournent dans ce secteur.
Il y a six mois environ, il s’était offert un nouveau bateau de 14 mètres avec lequel il avait l’intention de partir
au Brésil.
« Il aimait la chaleur et se trouvait très bien au Sénégal. C’était un épicurien, qui aimait les copains. Il était
rarement solitaire, sauf pour naviguer », raconte son ami angloy.
Son dernier défi avait été, en juin dernier, de participer à une régate à bord de son voilier. Il y avait embarqué
l’équipe nationale féminine du Sénégal et avait, avec ces dames, remporté la course dans sa catégorie.
Pas une zone d’insécurité
Olivier Hecquet, vice-président du Club de voile de Dakar, décrit son président comme un « bon marin, sympa,
souriant et qui avait toujours le bon mot. Il avait su dynamiser l’activité économique née de
la voile dans ce petit
port de pêcheurs ». Pour lui, cet acte est isolé est un larcin qui a mal tourné et ne traduit pas d’insécurité pour
les plaisanciers dans la région. « Hann ne figure pas sur les sites répertoriés comme dangereux », note Olivier
Hecquet.
La gendarmerie sénégalaise est chargée de l’enquête. Jusqu’ici, aucune nouvelle n’a filtré dans la presse de ce pays
et il semblait hier qu’aucune interpellation n’ait encore eu lieu.
(Auteur : véronique fourcade)

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