L’Afrique dans le patrimoine mondial

Culture : Sénégal : Hamady Bocoum déplore la place de l’Afrique dans le patrimoine mondial
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Depuis l’adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2003, 878 sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial, mais l’Afrique n’en représente que huit pour cent, a déploré mercredi à Dakar, le directeur du Patrimoine culturel du Sénégal, Hamady Bocoum.
«Non seulement l’Afrique est faiblement représentée, mais elle est aussi mal représentée, car 40 pour cent des sites menacés de déclassement se trouvent dans ce continent», a-t-il déclaré au cours d’un séminaire sous-régional de deux jours sur la mise en valeur du patrimoine immatériel par les industries culturelles.
Faisant une communication sur «La Convention sur la sauvegarde du patrimoine immatériel, facteur de développement des industries culturelles», M. Bocoum a estimé que la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 est une véritable reconnaissance pour les cultures de l’oralité.
«Le patrimoine culturel immatériel est défini comme l’ensemble des pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire, ainsi que les instruments, objets, artéfacts et espaces culturels qui leur sont associés et que les communautés, les groupes et les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel», a-t-il déclaré.
«La convention de 1972 parle du naturel et du culturel, mais pour le culturel, elle a surtout mis l’accent sur l’architecture. Alors, il fallait autre chose pour représenter l’oralité. Ceci est une difficulté. C’est en 2003 qu’on a adopté la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel», a- t-il ajouté.
«La seconde difficulté, c’est la performance à propos des fonds issus des contributions. Mais nous travaillons à dépasser tous ces problèmes en faisant appel aux industries culturelles», a ajouté M. Bocoum.
Il indiqué que la convention de 2003 est «très intéressante pour les pays qui ont développé la culture de l’oralité».
«Le champ est très vaste, mais les éléments les plus intéressants sont les pratiques, les représentations, les expressions et les connaissances et savoir. Ce sont des éléments pour lesquels la valeur universelle peut ne pas être partagée. Ils sont complémentaires, mais utiles et pertinents», a-t-il dit.
Selon lui, cette convention «prend en charge toutes les particularités et représentativités. Sa liste n’est pas fermée. Cela comporte des avantages et des inconvénients».
Parmi les avantages, il cite la possibilité de présenter tout ce qui est représentatif pour soi.
«Avec la suppression des distances, nous n’avons d’autre choix que de dompter les NTIC pour sauvegarder nos biens culturels et nos valeurs. Les cultures de l’oralité peuvent participer à l’élaboration de la culture dans le monde. Il s’agit là d’un mariage de raison», a déclaré M. Bocoum.

Panapress

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