Entre fleuve Sénégal et Mauritanie

Coincées entre le fleuve Sénégal et la frontière mauritanienne : Les populations de Cas Cas et de Saldé refusent l’oubli

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Situés dans les arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, ils sont une quarantaine de villages qui, malgré l’enclavement dont ils souffrent ainsi que le manque d’infrastructures sanitaires et d’eau potable, refusent l’oubli. Avec un secteur agricole qui se cherche encore, malgré les nombreuses potentialités dont ils disposent dans ce domaine.

 

Les populations de Thioubalel, Wassétacké, Wallah, Barobé Diackel, Walaldé, localités situées dans les arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, veulent changer le visage de cette partie enclavée du Nord du Sénégal. Pour cela, elles en appellent à l’appui de l’Etat, mais surtout à celui des organisations non gouvernementales qui foisonnent dans leur région. Jadis très riches en potentialités agricoles, ces deux sous-préfectures ne sont plus l’ombre que d’elles-mêmes. La pauvreté a même atteint dans certains hameaux des sommets inquiétants. Aujourd’hui, même si ces insulaires continuent de s’adonner à leurs activités agricoles, leurs capacités économiques ont été considérablement réduites pendant ces dix dernières années. Ce terroir de plusieurs milliers d’âmes qui a été, pendant longtemps, considéré comme le futur grenier du Sénégal, voit la pauvreté s’accentuer de jour en jour. Les maux dont souffre l’île à Morphile, ont nom chômage chronique, difficultés d’accès à l’eau potable, manque d’espace jeunes, pas d’accès aux financements, analphabétisme, exode rural, vol de bétail….

Les rares infrastructures sanitaires qui existent dans cette zone enclavée, ne le sont que de nom, puisque le personnel qualifié fait défaut et est insuffisant. D’où un fort taux de mortalité et de morbidité maternelle et infantile. D’ailleurs, reconnaît le conseiller rural de Pété, Mamadou Anne, ‘les problèmes de santé constituent notre principal casse-tête. La création de postes de santé dans chaque village, c’est le minimum que nous souhaitons puisque les déplacements posent problème, surtout en cette période d’hivernage où le fleuve va bientôt commencer à déborder de son lit’. Notre interlocuteur continue de se demander ce qui motive le retard dans l’achèvement du poste de santé de Cas-Cas où les travaux sont suspendus depuis quatre ans maintenant après que plus de cent millions y ont été investis.

 

Dans l’île à Morphile, les insulaires sont également confrontés aux difficultés d’accès à l’eau potable. Ainsi, à Siwré, Bito, Gourel Dijiby Samba Gawlo, Abdallah, il faut creuser jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre la nappe pratique et se procurer le liquide précieux. Et ces puits tarissent vite sous l’effet de la sécheresse, explique Mamadou Sow du village de Bito.

 

Au plan économique, les populations de ces arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, terre de tradition agricole, se sentent oubliées par les services du ministère de l’Agriculture. ‘Nous avons des terres, beaucoup d’eau. Mais l’assistance nous fait défaut. Nous n’avons ni semences, ni subventions, pas accès aux lignes de crédits. Pire, le matériel agricole dont on parle tant, on n’en voit pas’, soutient Yéro Sy, responsable de l’organisation paysanne de Thioubalel. Pourtant, explique-t-il, ‘quand la Banque africaine de développement nous avait octroyé un financement de 3 milliards, nous avions enregistré d’importantes productions dans la cuvette de Saldé Wallah où nous avions exploité 600 hectares de riz. Même cas de figure pour les populations de Cas Cas où les Hollandais avaient financé une exploitation de plus de 400 hectares. Mais, depuis lors, nous sommes laissés à nous-mêmes’. Ainsi, pour travailler la terre, les moyens utilisés sont modestes.

 

Abou KANE

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1 réponse

  1. tiphaine dit :

    slt je suis une toubabs accro du senegal et j’ai fait deux blogs sur mes sejours au senegal alors si ta le gout va y jeter un cou d’oeil c http://cherve.bloxode.com et http://namnala.bloxode.com

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