DÉCOLLAGE LONG COURRIER LE 1er FÉVRIER

Face à Air France, Air Sénégal se lance sur le long-courrier
Ouverture d’un nouveau Paris-Dakar

Après plusieurs péripéties, la nouvelle compagnie aérienne sénégalaise doit inaugurer son vol Dakar-Paris le 1er février 2019. Air Sénégal, qui volera sur un A330neo flambant neuf, ne cache pas ses ambitions et veut tout simplement « être la première compagnie d’Afrique de l’Ouest sur le long-courrier ».
Après une ouverture progressive de son réseau régional, Air Sénégal s’attaque au long-courrier
Le lancement était prévu depuis plusieurs mois, sa date est aujourd’hui connue.
A partir du 1er février 2019, Air Sénégal, la nouvelle compagnie nationale lancée en 2018 sur les réseaux domestiques, prévoit de relier Paris à Dakar à raison d’un vol quotidien.
Une liaison sur laquelle elle sera confrontée frontalement à Air France.
L’entreprise s’avère risquée. Ces dernières années, les deux derniers essais du gouvernement sénégalais pour lancer une compagnie nationale se sont soldés par des échecs : Air Sénégal International (2001-2009), puis Sénégal Airlines (2011-2016).
Alors que le pays s’est équipé, en décembre 2017, du nouvel aéroport international Blaise Diagne, promis à devenir le premier hub d’Afrique de l’Ouest, l’Etat sénégalais relance maintenant le pari d’une compagnie porte-drapeau, pilier de son Plan Sénégal Emergent (PSE).
Pour ce faire, le gouvernement sénégalais n’a rien laissé au hasard. D’après ce qu’indique Mediapart, le président Macky Sall lui même a désigné le directeur général de la compagnie : le français Philippe Bohn, ancien responsable d’Airbus en Afrique et homme d’influence réputé sur le continent.
A ses côtés, un autre français, Jérôme Maillet, entrepreneur bien connu du secteur aérien, aux origines de Volotea, d’Air Côte d’Ivoire ou encore de Congo Airways. Trois entreprises couronnées de succès.
La « première compagnie long-courrier d’Afrique de l’Ouest »
La stratégie du duo promu à la tête de la compagnie sénégalaise a débuté par l’ouverture, poussive, d’une réseau régional qui compte aujourd’hui huit lignes : Banjul, Bissau, Abidjan, Cotonou, Praia, Conakry, Bamako et Ziguinchor. Après d’important retards de déploiement, la jeune compagnie avait été clouée au sol pour des problèmes techniques sur ses ATR-72.
Dans un second temps, Air Sénégal a fait l’acquisition de deux A330-900 neo, configurés en tri-classe et dont elle sera la compagnie de lancement en Afrique.
Les deux appareils doivent lui être livrés la semaine prochaine.
Ils lui permettront de commencer ses opérations long-courriers, et de prendre ainsi la place de Corsair, priée par les autorités sénégalaises de stopper l’exploitation de sa ligne Paris-Dakar – qu’elle opérait avec succès depuis 2012 – à partir du 31 janvier.
La raison : les accords bilatéraux entre la France et le Sénégal ne permettent qu’à deux compagnies d’opérer cette liaison capitale pour les deux pays.
Air Sénégal prévoit aussi d’étendre ses opérations au reste de l’Hexagone
Air Sénégal a donc le champ libre et affiche d’emblée de grandes ambitions.
« L’objectif est d’être la première compagnie d’Afrique de l’Ouest à faire du long-courrier, mais sans occulter les vols régionaux », explique Jérôme Maillet à nos confrères du Monde.
« C’est la première fois qu’une compagnie sénégalaise se positionne sur des routes à forte rentabilité, d’habitude desservies par des compagnies étrangères telles qu’Emirates ou Air France ».
Après son lancement sur le long-courrier, la nouveau transporteur sénégalais ne s’interdit pas d’ouvrir son capital à d’autres compagnies aérienne.
D’après Saoudatou Ndongo, responsable France de la compagnie, Air Sénégal prévoit aussi d’étendre ses opérations au reste de l’Hexagone. Et espère déjà atteindre un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros dès la fin de l’année, puis de 340 millions d’euros avant 2022.
Pierre Georges/TourMaG.com

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20 réponses

  1. MANGNAY dit :

    Il est dommage de voir cette centralisation sur la France …… alors que par exemple Bruxelles n’est elle pas la capitale de l’Europe avec toutes les institutions ?

  2. Tristan dit :

    J ai pris un billet sur air Sénégal international pour Dakar le 7 février.. il se trouve que finalement le vol sera assuré par une compagnie tchèque ….

    • Pdp dit :

      La qualité du service n est plus la même ! On passe de cie régulière à du low-cost. Pour moi c est tromperie sur la prestation. Tenez nous au courant de la qualité du vol que vous allez avoir. Intéressant à suivre. D accord avec Lotenzi: quant à partir de Roissy autant prendre Air France (question sécurité et qualité)

  3. Lotenzi dit :

    Au départ de Roissy autant choisir Air France.
    Si air Sénégal démarre de Orly, je penses qu il aurait eu plus de client ne voulant ou ne pouvant pas se déplacer jusqu’à Roissy .

  4. bill dit :

    J’aurais aimé prendre cette nouvelle compagnie locale mais 300€ de plus que Brussels Airlines (soit > 700€) pour la date qui m’intéresse, c’est vraiment trop.
    Corsair était pour le coup, plus concurrentiel.

  5. Tiocan dit :

    Pour que plus de compagnies aériennes étrangères viennent à l’AIBD et que ce dernier devienne le grand HUB qu’il ambitionne d’ être, il faudra baisser fortement les taxes d’aéroport. Air Sénégal paye t-il le même tarif que les autres? Quoique il en soit, plus de compagnies étrangères viendront au Sénégal et plus la compagnie nationales aura à gagner. Et tout cela n’est pas évident à mettre en oeuvre.

  6. Eniabey Rizzoto dit :

    A quand le vol Dakar Marseille et à quel prix ??

  7. Eniabey Rizzoto dit :

    A quand les vols Dakar vers Marseille ETA quel prix ???

  8. sarabanding dit :

    A quand les vols directs Dakar- Nantes…et vice versa ?

  9. Yvesbzh dit :

    Autant prendre AIR FRANCE EXPÉRIENCE / EXPERTISE / FIABILITÉ / même si SERVICE A BORD ET CONFORT DE MOINS EN MOINS QUALITATIF
    MAIS. C EST AIR FRANCE
    MAINTENANT SUR «  AIR CHANCE «  DAKAR la MECQUE ALLER SIMPLE OK !!
    POURQUOI PAS???

  10. Ndiaye dit :

    c’est pas pour rien qu’on est allė chercher dans un meme pays des expats comme dg de la compagnie et de l’aeroport. en plus de leur commander 4 avions neufs..qui coutent les yeux de la tête et même la maintenance pour eux. alors y a plus d’excuses!!!
    donc si cela ne marche pas au bout, va falloir faire confiance 100% aux americains pour la prochaine compagnie…

    • amy dit :

      je comprends pas le Sénégal émergent. On aurait du prendre des nationaux pour diriger la société, commander les avions aux menuisiers métalliques du coin de la rue et confier l’entretien aux garagistes du quartier. Pas de doute on s’en serait sorti à moins cher

  11. ivan dit :

    Le décollage au 1er Février est prématuré, dû probablement à la contrainte de décoller avant les élections. Ceci a impliqué beaucoup de sous traitance car Air Sénégal n’était pas prêt; en premier lieu, une sous traitance de la logistique à Air France, ce qui a donné lieu à accepter le créneau qu’Air France a imposé, c’est à Roissy avec des tranches horaires imposées; en second lieu, la location d’équipages clé en main (Air Sénégal n’a pas de pilotes habilités pour atterrir en Europe); et puis, pour les premiers vols, les avions n’étant pas encore opérationnels, des locations d’avions, voire une sous traitance complète à d’autres compagnies. C’est un modèle qui coûte trés cher (le mème que Senegal Airlines utilisait les 2 dernières années en sous traitant le vol interieur à une compagnie sud africaine); espérons qu’AIR SENEGAL soit réellement opérationnelle dans les prochains mois parce qu’avec ce modèle, la faillite est assurée. Avec des horaires imposés sur la liaison PARIS DAKAR, Air Sénégal ne peut pas bâtir de stratégie pour établir de correspondances avec ses vols régionaux; c’est dommage car c’est un point qui aurait pu faire la différence avec ses concurrents. Longue vie à cette liaison en espérant que cette compagnie puisse trouver rapidement de l’autonomie.

  12. bill dit :

    Hum… Le vol inaugural réalisé par une compagnie étrangère ? Ce serait étonnant voire humiliant pour le pays. J’espère qu’une solution sera trouvée d’ici là à moins que l’avion ne soit pas livré à temps et dans ce cas, ce sera Airbus le fautif et l’honneur sera sauf.

  13. Ndiaye dit :

    bizarre…la page facebook fly air senegal est visiblement plus optimiste …pour ce 1er vol

  14. Diouf dit :

    Des problèmes techniques fréquents

    Le 1er février prochain, lors de l’ouverture de la desserte Dakar-Paris-Dakar, l’A330neo immatriculé 9H-SZN et nommé Casamance sera toujours au sol sur la ligne d’assemblage final à Toulouse et sans moteur sous les ailes. Pourtant, les formalités administratives étaient bien avancées avec l’attribution de l’immatriculation 9H, celle de Malte. Cette aviation civile a l’énorme avantage d’être du ressort de l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Même si son homologue maritime n’a pas une réputation en béton, ce tampon maltais en aviation est apprécié par les compagnies d’assurances et surtout par les organismes financiers qui doivent épauler l’État sénégalais. Au travers de sa caisse de dépôts et de consignations, il s’est porté acquéreur de deux A330neo au tarif catalogue Airbus de 296 millions de dollars pièce. Le deuxième, baptisé Sine Saloum, est attendu l’an prochain. Air Sénégal sera la première compagnie à exploiter en Afrique cette nouvelle version de l’A330 avant Air Mauritius. L’aménagement cabine retenu, pour un total de 290 passagers, est réparti en 3 classes : 32 sièges-couchettes en classe affaires, 21 sièges en premium économie et 237 en classe économie. Une configuration assez proche de celle des avions d’Air France, l’autre compagnie qui vole sur Paris-Dakar. On sait que Corsair a été priée de se retirer d’Orly-Dakar à la fin de ce mois.

    Faire du Sénégal un « hub » aérien

    Le chef de l’Etat Macky Sall a fait l’annonce des noms de baptême fin décembre lors de la cérémonie de dédicace de son livre Le Sénégal au cœur. Ces deux localités seront érigées en pôle de développement. Air Sénégal se retrouve, elle aussi, au cœur, cette fois, des élections présidentielles et de quelques polémiques. Aussi est-il important que l’ouverture de la ligne vers Paris intervienne avant le scrutin du 24 février. Ce déploiement aérien s’inscrit, en effet, dans le cadre du plan Sénégal émergent (PSE). Il vise à faire émerger un pays et une économie, mais comporte donc de nombreuses arrière-pensées électorales.

    Comment décoller « sans avion » avec un appareil encore en assemblage à Toulouse ? Les dirigeants de la compagnie ont trouvé un intérimaire sous la forme d’un A330 (d’ancienne génération) loué à HiFly. L’avion appartenait autrefois à Emirates et en a conservé la cabine haut de gamme avec une classe affaires de 24 sièges-lits plats de 2 mètres et une classe économique aux sièges largement espacés. Cette compagnie portugaise, qui dispose d’une flotte d’Airbus, y compris un super-jumbo A380, est spécialiste de la location d’avions avec équipage. Elle est le dernier recours quand un appareil est en panne, quand un transporteur est en grève, quand il faut faire face à une pointe de trafic, etc. Cela a un coût sur la base d’environ 12 000 euros de l’heure. Pour un aller-retour Paris, il faut compter entre dix et douze heures. La facture salée ne devrait pas être assumée par Air Sénégal, mais donne lieu à une négociation entre Airbus et Rolls-Royce. Il y aura donc bien le 1er février un vol vers Paris avec un A330 avec des navigants de HiFly portant sur le fuselage un autocollant Air Sénégal. Et la direction de la compagnie de Dakar, experte en langue de bois, d’affirmer pudiquement : « Air Sénégal commence l’exploitation de la ligne Dakar-Paris le 1er février 2019. » Vrai et faux à la fois.

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