CE SÉNÉGAL QU’ON MASSACRE

Suicide écologique sur la bande de filaos du littoral

La bande de filaos du littoral nord du Sénégal qui contribue à fixer les dunes, lutter contre l’avancée de la mer, protéger contre les vents et améliorer la qualité de l’air, est en danger. Guédiawaye, Malika, Yeumbeul voient disparaître cette forêt classée tous les jours sous l’œil indifférent des autorités.
Ce sont des centaines de filaos qui jonchent le sol. Un spectacle qui ne laisse aucun doute sur une prochaine catastrophe écologique. Sur cette bande de terre côtière, les Niayes [1], le filao est un arbre qui a toute son importance pour la survie des populations et la préservation de l’environnement.
La coupe de ces filaos laisse croire que ce n’est pas l’œuvre de la population, mais plutôt un exercice industriel. Le combat des habitants et des défenseurs de l’environnement pour empêcher que les promoteurs ne s’emparent de cette bande de terre ressemble au duel de David contre Goliath.
Entre projets de lotissement, installation de sociétés industrielles et coupes sauvages, la bande de filao est en grand danger au Sénégal.
Et pourtant, le président disait…
Pourtant, le président Macky Sall donne régulièrement des instructions de préservation de la bande de filaos.
Au Conseil des ministres du 20 janvier 2016 : « (…) le Président de la République engage le ministre de l’Environnement et du Développement durable à veiller à la conservation de la « bande des filaos », (…) ».
Au Conseil des ministres du 20 juillet 2016, il avait instruit le Premier ministre « de veiller à la préservation stratégique du littoral national, notamment, de la bande des filaos et des cordons dunaires ».
Au Conseil des ministres du 30 novembre 2016 : « (…) le Président de la République demande également au Premier ministre de lui faire un rapport circonstancié sur la situation foncière et immobilière le long de la bande des filaos, qui fait l’objet d’une grande convoitise, suite à la réalisation de la nouvelle voie de dégagement nord (VDN) ».
[1] « Niayes » est le terme wolof utilisé pour désigner la longue zone côtière reboisée allant de Guédiawaye (banlieue nord de Dakar) jusqu’à Saint-Louis.
Sur près de 180 km, les niayes sont constituées de hautes dunes de sable coupant le vent marin. Elles ont fait l’objet dans les années 70 et 80 d’un grand programme de protection et de reboisement qui rend le paysage si caractéristique. En effet, une bande de filaos d’une largeur moyenne de 350 mètres court tout le long de cette côte. Le filao (casuarina equisetifolia) est un arbre d’origine australienne qui a besoin de très peu d’éléments minéraux et d’eau de pluie pour survivre.
Eva Rassoul avec BF/http://au-senegal.com/suicide-ecologique-sur-la-bande-de-filaos-du,15513.html?var_mode=calcul&fbclid=IwAR3TtBuX7Ohw7otJXiE33H8OlUgD59q9ZpUe2Vwr9qao4pGeM1HbHmFy4C8

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5 réponses

  1. Xx dit :

    Encore un massacre ! « Une forêt classée » ! C’est une fois le mal fait qu’on va encore dire qu’on n’aurait pas dû laisser faire… Qui est chargé de la surveillance des côtes ? Il n’y a donc personne, aucune autorité, pour surveiller ce qui se trame ?
    Comme pour le reste hélas (maltraitance des talibés, filets de pêche à petites mailles, vol du sable sur les plages, dégradation des biens publics, coupe sauvage des arbres, déchets jetés n’importe où ici et là, cette grosse vache tuée par un taxi laissée sur la route depuis 24 h, etc etc etc…)
    LAMENTABLE !

  2. Coco dit :

    Ils massacrent leur prochain gagne pain et leur beau pays

  3. YVESBZH dit :

    LES TRAITS DE COTES DU SENEGAL SONT EN MAJORITE D ORIGINE DUNAIRE
    A QUELQUES EXEPTION PRES.
    DEPUIS LES ANNEES 80 NOUS ASSISTONS A UNE FRENESIE IMMOBILIERE SUR CE TRAIT DE COTE .
    AUPARAVENT LES CONSTRUCTIONS ETAIENT DES STRUCTURES LEGERES QUE L ON APPELAIT TOUS DES  »CABANONS » LA PLUS PART N’ETANT QU ‘OCCUPES QUE LES WEEKEND PAR LES DAKAROIS DU VENDREDI AU DIMANCHE MIDI VERS LA FIN DES ANNEES 80 SONT APPARUES LES PREMIERES CONSTRUCTION EN ‘ DUR ‘ PETITES MAISONNETTES , PUIS DES MAISONS PLUS IMPORTANTES, PUIS DES MAISONS D HOTES PUIS DES HOTELS , ET TOUS CES BRAVES GENS DONT JE FAIS PARTIE ONT PREVELE DES MILLIONS DE TONNES DE SABLE ET NOUS L AVONT PRELEVE LA OU IL ETAIT SUR LES PLAGES JUSTE DEVANT NOUS .AU DEPART DES CHARETTES ET ENCORE DES CHARETTES PUIS DES CAMIONS PAR MILLIERS .
    NOS PARCELLES DE TERRAINS ETAIENT A L EPOQUE DE GRANDE SUPERFICIES LES PARCELLES FAISAIENT PLUS DE 1500 M2 LE TERRAIN ETAIT POUR RIEN QUELQUES DIZAINES DE MILLIERS DE FRANCS NOUS AVIONS EN GRANDE PARTIE UNE PARCELLE FRONT DE MER ET DE GRANDS TERRAINS A L ARRIERE QUI ETAIENT TOUS ARBORES ET ENTRETENUS PAR LEUR PROPRIETAIRES CE QUE L ON PEUT VOIR SUR CERTAINES PHOTOS IL Y AVAIT COMME UNE BARRIERE VERTE DUR LA PETITE COTE .CETTE DERNIERE EST DEVENUS A LA MODE DANS LES ANNEES 90 LA FRENESIE IMMOBILERE S EST INSTALLEE LE PRIX DES TERRAINS A PLUS QUE DECUPLE , LES CONSTRUCTIONS ONT JAILLI DE TERRE TOUT AZIMUTHS ET SANS AUCUN RESPECT CADASTRAL ( UN PETIT BILLET AU CADASTRE A THIES) ETAIT REGLE. C EST CONSTRUCTIONS SE SONT ERIGEES AU DEBUT EN DEUXIEME LIGNE PUIS 3 EME ETC ETC ET TOUT OU PARTIE DE CETTE BARRIERE VERTE A DISPARU POUR LAISSER PLACE A TOUTES CES CONSTRUCTIONS
    PAS UNE AUTHORITE DE L EPOQUE NE S EST OPPOSEE A CETTE FRENESIE DE CONSTRUCTION LES PROPRIETAIRES SENEGALAIS ETAIENT TROP HEUREUX DE PRENDRE DE L ARGENT POUR DES TERRAINS QUI N ETAIENT QUE DE VULGAIRES PATURAGES.
    LA PREMIERE VAGUE D OCCUPANTS ETAIENT CONCERNEE PAR L ECOLOGIE ET ENTRETENAIT LES ESPACES VERTS ET PLANTAIT DES ARBRES ET JARDINS
    S EN EST SUIVIT LE MORCELLEMENT DE CES GRANDS JARDINS ARBORES POUR Y IMPLANTER DES CONSTRUCTIONS
    AVEC LE RESULTAT QUE L ON CONNAIT MAINTENANT
    LA MER DANS LES ANNEES 80 MONTAIT PARFOIS TRES HAUT , LES PROPRIETAIRES EN PREMIERE LIGNE ONT COMMENCE A SE PROTEGER TRES TOT DE PEUR DE PERDRE LEUR BIEN AVEC PLUS OU MOINS DE SUCCES ET A COUPS DE MILLIONS, MAIS LES AUTOCTHONES N ONT PAS BOUGE SI BIEN QUE LA OU IL N Y AVAIT DE PROTECTION LA MER PRENAIT LES MAISON A REVERS ET LES DETRUISAIT
    DIEU DONNE DIEU REPREND LE FATALISME SENEGALAIS
    IL N Y A EU AUCUNE PRISE DE CONSCIENCE DES AUTORITES LOCALES ET NATIONALES
    LA CHASSE AU CHARETTES ETAIT PEINE PERDUE ELLE N A SERVI QU A ENRICHIR LES BRIGADES DE GENDARMERIES.
    ET PUIS L ORSQUE ENFIN ON A REALISE APRES DES DECENNIES DE TERVIVERSATION ET DE MALVERSATION QU IL FALLAIT FAIRE QUELQUE CHOSE IL ETAIT TROP TARD.
    CERTAINS ESPRIT ECLAIRES PRECONNISENT QUE L ON RASE LES CONSTRUCTIONS DE PREMIERES LIGNE SUR 50 M DE LARGEUR
    CELA NE SERVIRAIT A RIEN PUISQUE LE LITTORAL N EST QU UN LONG CORDON DUNAIRE ET TRES FRIABLE.
    IL FAUT PROTEGER L EXISTANT NON PASPOUR Y MAINTENIR CE QUE CERTAINS APPELE DES PRIVILEGIES MAIS POUR TOUT AU MOINS RALENTIR LE PHENOMENE D EROSION.
    ET INTERDIRE TOUT NOUS CONSTRUCTION A MOINS D UNE CERTAINE DISTANCE DE LA MER
    CAR UNE GRANDE PARTIE DE LA PETITE COTE EST UNE ZONE SUBMERSIBLE

  4. Ndiaye dit :

    suis pas un expert ecolo mais ne pensez vous pas que la bande de filao ne sert que pour fixer les dunes. des maisons peuvent donc les remplacer a mon humble avis.

    • D. Bâ dit :

      A priori, les dunes plantées de filaos retiennent le sable, protégeant ainsi la côte un tant soit peu… les maisons, non ! ceci dit, je ne suis pas expert en la matière…

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