LE PARC DE LA LANGUE DE BARBARIE VA ETRE RAVIVE

Parc de la Langue de Barbarie
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Cordon de sable entre deux flots, conquis dès le XVIème siècle par le navigateur portugais Dinis Dias, la « Langue de Barbarie » née de l’affrontement du fleuve et de l’océan, s’étire sur plusieurs kilomètres au sud de Saint-Louis.
Douce et fragile, menacée à chaque crue ou marée, elle tend à céder malgré l’entêtement des filaos et palmiers, pour finalement s’épuiser à l’estuaire, face à la puissance des flots.
Bien à l’abri sur l’autre rive du fleuve, le continent vit.
Tel un oasis à la lisière de la brousse, le gandiolais joue de ses couleurs et de ses charmes.
Au-delà des paletuviers denses et impénétrables, les palmiers s’inclinent au vent. Sous leurs ombrages, dans la blancheur des dunes, les villages s’affairent au rythme des pirogues bigarrées.
Du rivage, leurs habitants tirent sel, épices et oignons qui accommoderont riz, poissons et crustacés.
Territoire d’un équilibre fragile entre la nature et l’homme, cet ensemble remarquable est inclus dans le Parc National de la Langue de Barbarie.
Couvrant 2 000 hectares, ce parc créé en 1976, comprend l’estuaire du fleuve Senegal, l’extrémité sableuse de la Langue, les marigots bordant le continent ainsi que deux îlots situés au milieu du fleuve.
C’est du continent que vous aborderez le Parc.
Dès que vous quitterez Saint-Louis, vous serez surpris par la variété des paysages et la convivialité de l’atmosphère.
Avant d’embarquer, vous traverserez le marigot où les femmes amassent le sel que laisse le fleuve en s’évaporant.
Animés par leurs marchés, vous découvrirez, au long du fleuve, les villages de maraîchers et de pêcheurs situés dans le périmètre du Parc.
Toutefois, sans accoster pour ne pas déranger les nicheurs, vous reconnaîtrez avec l’aide de votre accompagnateur et du garde du Parc, les aigrettes garzettes et dimorphes, les vanneaux éperonnés, les dendrocygnes veufs, les sternes caspiennes et royales, les goélands railleurs et autres mouettes à tête grise…
Alors commence l’approche du fleuve. Protégés par le fragile cordon de sable de la Langue, vous évoluerez lentement vers les ilots aux oiseaux, croisant les pirogues revenant de leur campagne de pêche.
Sites privilégiés de par leur situation géographique, ces ilots accueillent chaque année, d’avril à octobre, des milliers d’oiseaux migrateurs, le temps de la nidification.
Langue de Barbarie : un cordon plein de vitalité
La Langue de Barbarie, sur laquelle les quartiers dits des pêcheurs (Gooxumbath, N’Dar Toute, Guet N’Dar) forment une des trois entités de la cité de Saint-Louis-du-Sénégal (avec N’Dar Guedj, l’île patrimoniale, et Sor, l’extension continentale), est une étroite bande de sable peu stabilisé qui sépare l’océan atlantique du fleuve Sénégal. Large de 200 à 400 mètres sur une longueur nord sud d’environ 40 kilomètres depuis les confins mauritaniens, la Langue en sa partie urbanisée est un « segment proximal » qui commence à 3 kilomètres au nord de la ville de Saint-Louis, dans les landes de Sal Sal, et s’étire jusqu’à 1,5 kilomètres au sud, au lieu-dit l’Hydrobase. Cette portion de cordon est aussi la moins protégée de l’océan, avec seulement une pente de 3 à 4%. Et la plus densément peuplée de la cité. Juste au nord des dernières maisons de Gooxumbath, au-delà des séchoirs de poissons et des amoncellements de coquillages ‘yet’, il arrive que la mer tempétueuse franchisse la steppe côtière pour s’engouffrer dans le lagon du delta fluvial.
Pirogue sur le fleuve Sénégal« La côte sénégalo mauritanienne (surtout de Nouakchott à la péninsule dakaroise du Cap vert) est classée parmi les côtes à forte énergie de houle »*. Un courant vigoureux du Nord-Ouest, régulier et haut d’1,5 mètres vient heurter l’infinie plage qui, quasiment sans interruption court de Nouadhibou, sur la frontière marocaine, aux Niayes de la banlieue de Dakar. Générée par des tempêtes d’ouest des hautes latitudes de l’océan Atlantique (55-60° Nord), la houle transporte de très importantes quantités de sable qui façonne le littoral, de mi-octobre à mi-juillet. Avec un paroxysme de puissance en mars et avril, accompagnée de grands vents marins, les alizés. De mai à novembre les vents de l’Atlantique Nord faiblissant pour laisser place aux remontées de la mousson et à un courant du Sud-Ouest moins fort, les houles faiblissent à leur tour.
Du milieu du XIXème à la fin du XXème siècles, le modelage naturel de la Langue de Barbarie était à « l’engraissement »*. On pense que la « faiblesse d’ensemble des houles » y était favorable. Cela n’empêchait pas des brisures dans le cordon, régulièrement tous les quatorze ans ; celles-ci créaient une nouvelle embouchure du fleuve, à environ sept ou huit kilomètres en amont de la précédente, avant que celle-ci ne redescende peu à peu vers le sud, jusqu’à la rupture suivante. Il suffit de voir l’emplacement du phare de Tassinère puis de se rendre à l’embouchure du parc national de la Langue de Barbarie pour comprendre combien ce long cordon vit et bouge… En 1972 par exemple, l’embouchure était à 25,42 kilomètres de l’île de Saint-Louis ; en 1973, à 15 kilomètres ! En 2002 (un an avant l’ouverture d’une brèche artificielle par l’Etat sénégalais et des techniciens marocains, à 7 kilomètres de la ville), elle était redescendue à 29,98 kilomètres…
Depuis quelques années – dérèglements climatiques,  cycles naturels -, la tendance est à l’effritement de la Langue ; le probable renforcement des courants et de la houle érodent plus violemment le cordon, et de plus en plus haut. La Langue de Barbarie est appelée à se transformer perpétuellement et de façon de plus en plus rapide et tangible. La brèche ouverte par l’homme pour palier aux inondations de Saint Louis a massacré l’équilibre déjà fragile et augure d’une salinisation des t
erres jusqu’alors fertiles. Mais, l’espoir que ces lieux naturels magiques reste de mise.

Nous reviendrons bien vite sur une bonne nouvelle qui vient de tomber ce dix juillet quant à la reprise de la gestion du parc et de son gîte par un homme dont nous vous parlerons très bientôt…
texte emprunté à www.saintlouisdusenegal.com/BRB

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