Tirez pas sur l’ambulance

Les personnels de santé sont avertis : Le chef de l’Etat ne veut plus voir des ambulances transporter des chèvres.

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Sous peu, il ne sera plus question de gérer n’importe comment les biens publics. Ceux-ci feront l’objet de contrôle strict de la part d’une Inspection générale du matériel de l’Etat, dont la création très prochaine a été annoncée hier par le président Wade. Le président Wade veut sécuriser tous les équipements achetés ou reçus en don par le Sénégal. A cet effet, il envisage la mise en place d’une inspection, à la présidence de la République, du matériel de l’Etat. ‘Nous avons beaucoup de structures de contrôle de l’argent comme la Cour des comptes. Il faut aussi que le matériel que nous achetons ou qui est offert soit bien géré. Je vais mettre en place d’ores et déjà une inspection générale dont la mission, c’est d’aller là où il y a du matériel, et de voir si le matériel est bien entretenu, et si ce n’est pas le cas, nous irons jusqu’à l’arracher à ceux qui ne peuvent pas l’entretenir et l’amener ailleurs’, a déclaré hier au Palais le président de la République. Wade pense, par exemple qu’un véhicule doit avoir une durée de vie normale, et que l’Etat ne peut pas tous les jours acheter des ambulances parce qu’on finit par les transformer en boucherie en y mettant des moutons, des chèvres. ‘Non !’, s’exclame-t-il, estimant que ‘c’est incroyable voire dangereux d’ailleurs pour la santé que là où on doit mettre des personnes malades, on y embarque autre chose’.Abdoulaye Wade recevait un don de matériel médical aussi divers que moderne de la Coopération luxembourgeoise et du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). Ce lot est composé de 10 ambulances, 125 motos, 400 vélos, 120 lits d’hôpitaux, 80 tables d’accouchement. Le matériel est aussi constitué de 86 tables d’examen gynécologique, de 2 tables d’opération, de produits contraceptifs, de divers kits pour accouchements, césariennes, soins après avortements etc, et de divers autres matériels médico-techniques. Ces équipements sont estimés à 775 millions 300 mille F Cfa financés sur les fonds de la Coopération luxembourgeoise et des ressources propres de l’Unfpa. Ils sont destinés aux structures de santé des régions périphériques de Saint-Louis, Matam, Kolda et Tambacounda. Les ambulances sont spécifiquement destinées aux populations des localités enclavées du Nord du Sénégal notamment au Centre de santé de Cas-Cas et au Poste de santé de Namarel à Saint-Louis ; au centre de santé de Thilogne, aux Postes de santé de Wendou-Bossoyabé, d’Oudallaye, de Ndiafane, d’Orndolde et de Thionokh de Matam. Dans cette zone nord du pays, la prévalence contraceptive est passée à Saint-Louis de 9,9 % en 2007 à 16,1 % en 2010, contre 12,1 % au niveau national. Sur cette même période, le taux d’accouchement assisté de 48 % à 72 % contre une moyenne nationale de 65,1 %.Au total, entre décembre 2010 et 2011, l’Unfpa a mis à la disposition du gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Santé, des équipements et du matériel chiffré à près de 1 milliard 200 millions de nos francs. Des dons qui sont venus ainsi compléter les lots de matériel médico-technique, d’ambulances et de véhicules 4X4 de supervision reçus par le ministère de la Santé entre 2008 et 2010.Les donateurs se sont dit interpellés par les indicateurs de la dernière enquête démographique et de santé (Eds 2010-2011) pour justifier leur soutien à l’Etat du Sénégal. Notre pays a un indice synthétique de fécondité à 5 enfants par femme au moment où la population mondiale atteint 7 milliards d’habitants. Sa prévalence de contraception moderne est située à 12,1 %, tandis que 38 % des besoins pour l’espacement des naissances restent non satisfaits. L’Eds fixe, en outre, le taux d’accouchement assisté à 65 %. Selon le Directeur de la division technique de l’Unfpa New-York, Werner Haug, ces résultats montrent que des progrès ont été accomplis dans le domaine de la santé par le gouvernement du Sénégal et ses partenaires. Toutefois, M. Haug pense que la réalisation des engagements pris pour l’Omd 5 reste un défi à relever.

A. SIDY

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