Drogue au Sénégal

Sénégal: doublement des peines de prison contre les trafiquants de drogue

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté vendredi une proposition de loi doublant les peines de prison contre les trafiquants de drogue, après des saisies records de 2,4 tonnes de cocaïne fin juin-début juillet au sud de Dakar.

La nouvelle loi a été votée à l’unanimité des députés présents, selon le président de séance, le député Mbaye Ndiaye, sans préciser le nombre de parlementaires présents.

Avec ce nouveau texte, les peines de prison prévues contre les trafiquants de drogue sont de 10 à 20 ans, contre 5 à 10 ans auparavant.

Le montant de l’amende contre ces trafiquants, équivalant au triple de la valeur des drogues saisies, est resté inchangé avec cette loi qui doit être soumise au Sénat et promulguée ensuite par le chef de l’Etat, à des dates indéterminée, avant d’entrer en vigueur.

"Je dois dire toute ma satisfaction pour cette initiative. Nous avons pris la mesure de cette nouvelle forme de criminalisation (trafic de drogue) et nous allons prendre toutes les mesures pour la combattre", a déclaré le ministre sénégalais de la Justice, Cheikh Tidiane Sy.

"Le combat contre le trafic de drogue commande une grande mobilisation de l’ensemble des forces vives de la nation mais aussi l’implication de l’ensemble des pays de la sous-région. Si Dakar est (devenu) une plaque tournante, c’est dû à son environnement" géographique, a ajouté M. Sy.

L’Afrique de l’Ouest a totalisé 99% des saisies de cocaïne réalisées en Afrique entre janvier et septembre 2007, a indiqué fin octobre un rapport de l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC).

Des pays comme le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert et la Guinée sont devenus des lieux de passages importants du trafic de drogue d’Amérique latine vers l’Europe, selon la même source.

Pour le député Abdou Latif Guèye, initiateur de la loi, "un Etat ne peut pas tout faire. Cette loi ne sera réellement efficace que si les populations la prennent en charge".

"Il faut mettre fin à l’omerta et à la conspiration du silence dans certains quartiers populaires où les gens connaissent ceux qui se livrent à un trafic de drogue", a poursuivi M. Guèye, qui dirige une organisation de lutte contre la drogue.

Le député avait déclaré début novembre avoir initié cette loi car la législation contre le trafic de drogue en vigueur au Sénégal était "faible par rapport aux sanctions pénales prévues dans les pays limitrophes comme la Côte d’Ivoire, la Gambie ou le Nigeria (où) les peines peuvent aller jusqu’à 50 ans".

La gendarmerie sénégalaise avait saisi fin juin début début juillet à Mbour, à 80 km au sud de Dakar, 2,4 tonnes de cocaïne.

La première saisie de 1,2 tonne de cocaïne a eu lieu le 27 juin près des plages de Nianing, station balnéaire proche de Mbour. La seconde saisie, également de 1,2 tonne, a eu lieu le 1er juillet dans une résidence de Mbour lors d’une perquisition.

Ces deux saisies de cocaïne sont les plus importantes jamais réalisées au Sénégal.

Au moins neuf personnes ont été écrouées dans le cadre de cette affaire dont quatre Latino-Américains (deux Colombiens, un Vénézuélien et un Equatorien), deux Français, dont une jeune femme de 18 ans, ainsi qu’une Sénégalaise.

AFP

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1 réponse

  1. Bon, ce n’est pas la mesure trop sublime et trop inventive mais je la trouve être à tout niveau efficace, cela est bien naturel, et on espère que l’amélioration de statu quo ne fait pas pauser.

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