Elections présidentielles

Le Sénégal aux urnes dimanche

(AP)

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Près de cinq millions de Sénégalais sont appelés aux urnes dimanche, pour un scrutin qui voit le président sortant Abdoulaye Wade, 80 ans, en lice face à 14 autres candidats. Son principal rival est son ancien Premier ministre Idrissa Seck, un temps considéré comme son dauphin potentiel avant d’être jeté en prison et de devenir le plus virulent de ses opposants.

Critiqué pour ses projets de construction pharaoniques alors que la moitié des 12 millions de Sénégalais sont au chômage et que des milliers d’entre eux risquent leur vie à bord d’embarcations de fortune pour gagner l’Europe, Wade, surnommé « gorgui », terme respectueux qui en wolof désigne l' »ancien », affirme que la question de son âge n’en est pas une, bien qu’ayant dix ans de plus que le plus vieux de ses rivaux. « Le grand âge n’est pas une maladie, c’est une étape dans la vie », déclarait-il récemment à l’Associated Press, jugeant qu’aucun journaliste africain ne poserait ce genre de question car « ça n’est pas comme cela que les Africains pensent ».

En 2000, surfant sur la vague « sopi » (« changement »), Wade, éternel opposant depuis 30 ans, quatre fois candidat malheureux à la présidence avait été élu dans un raz-de-marée, déboulonnant le Parti socialiste aux commandes du pays depuis 40 ans en mobilisant notamment cette jeunesse laissée pour compte dans un pays où 40% de la population a moins de 14 ans…

Depuis, le slogan du « sopi » s’est retourné contre lui, Idrissa Seck appelant notamment les Sénégalais à voter pour le « véritable changement ».

Premier ministre désigné en novembre 2002, Seck était limogé 15 mois plus tard, accusé d’avoir détourné des millions de dollars. Emprisonné sept mois, il fut ensuite libéré et blanchi.

Le Sénégal, un des plus paisibles, stables et démocratiques pays du continent, qui n’a jamais connu de coup d’Etat, a cependant essuyé sous Wade les foudres des organisations de défense des droits de l’Homme pour la répression d’opposants et de journalistes.

Et la campagne électorale en cours a été marquée par des violences. La police a tiré des grenades lacrymogènes dans la foule participant à une manifestation interdite de l’opposition. Moustapha Niasse, un des principaux chefs de l’opposition également candidat, a été traîné à terre par les forces de l’ordre. Et cette semaine, le cortège de Seck a été attaqué par une foule pro-Wade à coups de pierre, qui ont blessé un de ses assistants.

Bien que Wade ait présidé à un impressionnant taux de croissance de 5%, la moitié du pays reste au chômage, d’où les vagues d’immigration clandestine vers l’Europe, via les Canaries. La situation a pris un tour catastrophique en 2006: ayant survécu aux dangers de la mer, nombre de ces candidats à l’Eldorado européen ont été renvoyés au pays, Wade ayant passé des accords avec l’Europe qui lui ont valu les critiques de sa population, pour ce qui est sans doute le plus grave échec de sa présidence.

Plus de 12.000 bureaux de vote sont ouverts dimanche de 8h à 18h GMT. Pour la première fois au Sénégal, un système d’identification électronique des électeurs sera utilisé, basé sur les empreintes digitales et rétiniennes. AP

 

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