L’ARTISTE PEINTRE DES TALIBES
Un garçon de la rue et une toile. Un conte d’un peintre sénégalais qui dynamise/autonomise des jeunes mendiants par l’art

La vie de plus de 50 000 garçons (talibés) mendiants dans les rues du Sénégal, n’est certainement pas peinte dans les couleurs vives. Agés de 5 à 15 ans, vêtus dans les vêtements sales et déguenillés et tenant dans leurs mains un seau en plastique, ces garçons inondent les rues des villes et villages du Sénégal dès que la prière du matin dans une mosquée est terminée. Au Sénégal, dont 92% de la population est musulmane, ces enfants des rues sont des étudiants coraniques –les talibés. Ils sont généralement envoyés par leurs familles pauvres aux marabouts islamiques pour l’éducation religieuse. Mais une fois que les petits garçons viennent à certaines écoles islamiques (daaras), au lieu de stylo et de papier, ils reçoivent leur outil de travail principal – un seau en plastique après la margarine bon marché. Et puis, ils sont envoyés dans les rues pour quémander, la compensation généreuse que leurs maîtres exigent pour «rembourser» l’éducation et la tutelle.
Les rues des villes inconnues et des daaras deviennent la nouvelle vie pour les garçons, une vie sujette à toutes sortes de vulnérabilités: la faim, la violence verbale et physique, le harcèlement sexuel et l’esclavage.
Mais un peintre de St-Louis – connu par le surnom artistique de Zeus – apporte des couleurs plus brillantes à la vie des talibés. Chaque mercredi, il leur enseigne à peindre et il met en valeur leurs œuvres artistiques. Quand j’ai rencontré Zeus à l’occasion de son 40ème anniversaire, il a exposé ses peintures et celles de ces garçons dans la ville de St Louis, où environ 9000 talibés mendient dans les rues chaque jour. Et il a volontairement partagé avec moi quelques détails choquants sur la vie de ces enfants aux marges de la société.
-Les talibés doivent apporter 500 francs (près de 0,8 euro) par jour à leur marabout. Puisque la communauté locale n’est pas trop riche, cela est peut être un quota très difficile à atteindre – poursuit Zeus, – Beaucoup de talibés sont battus par leurs marabouts s’ils n’apportent pas assez d’argent. Par conséquence, certains d’entre eux préfèrent donc passer la nuit dans la rue, et cela les expose à d’autres abus et risques.
Selon le dernier rapport de Human Rights Watch Report 2017, la situation des garçons talibés dans certaines écoles coraniques au Sénégal est désastreuse. Le rapport mentionne des cas de violations sexueles commises contre des garçons par certains enseignants. Puis, les enfants fréquemment vivent dans des écoles (daaras) sordides et surpeuplées, dans des conditions sanitaires précaires. La malnutrition et les maladies sont endémiques. Plusieurs garçons ont confessé avoir été battus, enchaînés et emprisonnés dans des daaras pour mauvaise performance de mendicité ou une vilaine conduite. HRW a également signalé des cas de talibés battus à mort. Les cas de garçons qui souffrent ou meurent d’accidents dans les rues ou aux daarasas (accidents de voiture, accidents d’incendie, malnutrition et maladie) sont également fréquents.
-Ces enfants sont laissés à eux-mêmes. Complètement – a dit Zeus – alors, il y a quelques années, j’ai décidé de commencer un cours de peinture pour eux.
Tout ce qui compte, en fait c’est l’argents … et les traditions
Avec le visage ludique, couverts par des grandes lunettes, et avec une écharpe jetée négligemment sur son cou, Zeus n’est qu’un (stéréo) type représentant du monde artistique. Il fait une pause de temps en temps en racontant son histoire.
-J’étais un talibé moi-même. Mais j’ai eu la chance d’avoir des parents qui ne me envoyaient pas à mendier – ils ont payé pour ma formation même s’ils n’avaient pas beaucoup d’argent.
En même temps, Zeus a grandi en voyant ses camarades-talibés expérimenter toutes sortes de vulnérabilités. A l’époque, ces garçons viennent généralement des communautés appauvries de la tribu peul du nord Sénégal (la région de Pador et de Matam) ou même des pays voisins du Mali et de la Guinée-Bissau. Souvent, leurs parents espéraient que la formation coranique et la vie dans une ville donneraient à leur fils une chance de prospérer et de gagner de l’argent – une chance assez rare dans leurs villages. Ou simplement ils ont juste trop de bouches à nourrir à la maison et ils voulaient se débarrasser de l’une d’entre eux.
La tradition d’envoyer des garçons aux écoles coraniques est probablement aussi ancienne que l’Islam en Afrique de l’Ouest. Cette tradition montre par inadvertance les transformations sociales et économiques tragiques des temps modernes. Dans le passé, les garçons de familles aisées pouvaient se permettre de payer l’enseignant pour leurs études, tandis que les enfants de familles moins fortunées aidaient les marabouts sur son terrain. Ce travail était traditionnellement perçu comme une forme de compensation au professeur pour l’effort et le transfert des connaissances. Le travail était supposé faire partie du curriculum, inculquant à un disciple des valeurs de patience, de travail acharné et d’humilité.
Pourtant, ces idées nobles ont changé au fil des ans face à la modernité. Dans le contexte de l’urbanisation, , les garçons et les marabouts se sont déplacés vers les villes naissantes où les premiers ont été forcés de mendier pour l’aumône dans les rues. Ce qui était autrefois une forme d’apprentissage et un système de la formation basique, cela s’est transformé aujourd’hui en une affaire épineuse de maltraitance, d’esclavage et de traite des êtres humains, où les gangs de trafiquants d’hommes professionnels se mélangent avec des marabouts «entrepreneurs» et avec ceux qui veulent vraiment offrir une formation coranique à leurs étudiants.
Même certains érudits islamiques au Sénégal sont très critiques de cette pratique.
– Cela ne devrait pas avoir de place dans l’Islam – dit Moustapha, un érudit islamique de Dakar – la formation coranique devrait être gratuite et les marabouts devraient plutôt travailler dans d’autres domaines et fournir une éducation volontairement quand ils ont le temps. Mais ils en font une grosse affaire.
En fin de compte, il faut se rappeler que le système d’éducation islamique est fortement ancré dans la société sénégalaise comme il était antérieur à l’éducation laïque du colonisateur français. Malgré des efforts pour la réformer, dans des zones plus conservatrices, de tels changements sont considérés comme des interventions néo-coloniales.
Bien que le gouvernement sénégalais a fait des efforts pour lutter contre les marabouts abusifs pendant les dernières années, ces enseignants religieux jouissent souvent d’un respect élevés dans la société et sont rarement poursuivis.
– Ils ont trop d’influence dans la société, donc tout projet gouvernemental visant à éliminer le commerce des talibés échouera misérablement – Zeus hocha la tête – Surtout just’avant les élections gouvernementals.
Atelier l’Or dur
Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis que Zeus était un talibé, sa passion et son empathie pour les expériences difficiles des talibés ont été transformées en quelque chose de plus grand. Alors que Zeus est actuellement un peintre bien établi dans le domaine artistique de St-Louis, son atelier intitulé L’or dur n’est pas seulement plein de peintures. Depuis deux ans, une fois par semaine, l’atelier accueille des talibés pour des cours de peinture et d’arts plastiques. L’or dur devient un espace où une vingtaine de garçons peuvent dévoiler leur créativité et oublier, au moins pour un moment les peines qu’ils endurent dans la rue. Ils travaillent pendant deux heures sur leur propre petite toile, mais aussi ils sont lavés, nourris, et ils apprennent le français basique.
Pourtant, les débuts de cette initiative n’étaient pas faciles du tout. Zeus devait d’abord convaincre des marabouts de lui permettre de travailler avec les garçons sous leur tutelle.
«Il y a environ 120 marabouts à St-Louis, mais seulement deux d’entre eux étaient assez ouverts d’esprit et m’ont permis de travailler avec leurs garçons – dit Zeus. Et puis, il ajoute, – Après quelque temps, j’ai remarqué que certains des marabouts ont même cessé de me parler tout à fait.
Pourquoi?
Zeus hausse les épaules; il y a quelque chose qu’il hésite à dire.
Quelque part sur l’arc-en-ciel
Pour le talibé, ces 2 heures par semaine sont plus qu’un simple cours de peinture. Ils sont profondément thérapeutiques et stimulants. Pendant les tutoriels, les garçons sont libres de s’exprimer, raconter leurs propres histoires, partager leurs vulnérabilités, leurs rêves et leurs peurs alors qu’ils remplissent les toiles avec des couleurs sombres et vives.
Par exemple, Salyou n’a que 6 ans et mendie depuis l’âge de 3 ans. C’est un garçon très timide et je peux imaginer que mendier est un défi pour lui. Il aime beaucoup la peinture et à l’avenir, il aimerait devenir un grand peintre.
D’un autre côté, il y a Aliou, un garçon de 9 ans qui a l’air bien mieux loti que des autres garçons. Ses vêtements sont propres et il a un écouteur – un signe clair qu’il va bien. On me dit qu’il est l’un des garçons les plus âgés du groupe et qu’il mendie depuis plusieurs années. Avec son flair entrepreneurial, il travaille avec les touristes comme un guide et un chauffeur de calèche. À l’avenir, il aimerait démarrer une entreprise.
L’un des talibés a littéralement atteint les étoiles du sol de l’Or dur. Un artiste proéminent de Dakar a visité l’atelier de Zeus et a bien aimé une peinture étonnante d’un garçon, Aliou de 11 ans. En voyant un coup de génie dans la peinture, il a non seulement acheté la toile, mais a également envoyé Aliou à L’Ecole des Beaux-Arts de Dakar.
Pourtant, le destin de beaucoup d’autres garçons n’est pas aussi glorieusement peint.
– On peut dire que globalement, environ 40% des garçons sortent de cette expérience et acquièrent quelques compétences qui les aident dans la vie adulte. Cependant, pour les 60% autres, l’expérience d’être talibé est entièrement traumatisante. Cela les amène à entrer dans un cercle vicieux de vulnérabilité et de désespoir. Lorsqu’ils grandissent, cela peut les rendre susceptibles de s’impliquer dans le vol, la criminalité et la traite des êtres humains – souligne Zeus.
Pourtant, pour les garçons, faire partie de l’initiative est une expérience véritablement transformatrice.
Zeus admet enfin: – Ces marabouts, ils craignaient que la créativité n’ouvre la conscience des garçons. L’art encourage les talibés à réaliser le potentiel et éveille une capacité à contrôler sa vie, une capacité qui est endormie dans chacun d’eux.
Puis il ajoute:
-Ce système talibé est totalement detournéet si difficile à déraciner de la société. C’est pourquoi je veux travailler directement avec ces victimes perçues. Pour construire leur capacité et leur faire prendre conscience qu’ils peuvent se libérer un jour de cet esclavage.
Dans le monde où la politique et l’argent dictent comment les capacités humaines sont utilisées, cela peut-il être un compte subtil mais puissant de combien de beau potentiel réside dans les plus vulnérables de la société.
Marta Matosek/https://roshanmarta.wordpress.com/2018/04/24/a-street-boy-and-a-canvass-a-tale-of-senegalese-painter-empowering-young-beggars-through-art/













Zeus, un « dieu bienfaiteur et sauveur, justicier et protecteur, maître de la destinée » dans la mythologie grecque… L’artiste peintre a bien choisi son pseudo. C’est beau ce qu’il fait.
Le sujet est parfaitement dénoncé par cet artiste, ancien talibé privilégié, surnommé Zeus, dieu de l’Olympe et maître des dieux dans la mythologie grecque… Un article complet de dénonciations tant connues et si répétées, d’années en années comme une récitation hors d’âge qui ne fait rien avancer au sort des talibés !
Dixit » Des parents qui ont trop de bouche à nourrir à la maison et qui veulent se débarrasser de l’une d’entre eux »… « Des gangs de trafiquants professionnels d’enfants qui se mélangent aux maîtres coraniques pour mettre des enfants en esclavage et faire une grosse affaire très lucrative en les faisant mendier »… « Les marabouts sont trop respectés, trop d’influence sur la population sénégalaise et tout projet gouvernemental contre le commerce des enfants talibés sera irrémédiablement voué à l’échec, surtout avant des élections »… » L’expérience d’être talibé est entièrement traumatisante, un cercle vicieux de vulnérabilité et de désespoir et adulte, ils finissent dans le vol, la criminalité et la traite d’être humains à leur tour »…
Comme dans un cercle sans fin ou un puits sans fond où s’enfonce le Sénégal, depuis des décennies désormais, avec l’exploitation abjecte des enfants talibés sur son sol, un fléau humain qui sert d’exemple et se répand dans toute l’Afrique de l’Ouest sur couverture de l’apprentissage de ce Sacré Coran…
Bravo à Zeus et ses 2 heures de peinture par semaine et ses petits soins pour les enfants talibés de Saint Louis, avec des marabouts qui ne lui adressent même plus la parole, malgré ses efforts pour leurs enfants esclaves mendiants… Et pour cause !
Mais en vérité, le problème reste le même ! Les enfants talibés continuent à mendier dans les rues pour leurs pourris de maîtres marabouts… Alors que leur place n’est pas à mendier dans la rue, mais à l’école comme tout enfant dans un pays qui se dit civilisé, respectueux des droits de l’Homme et du Citoyen et signataire de la la charte de la Protection de l’Enfance et des groupes vulnérables ???…
Le But ultime est de sortir les enfants talibés de l’Esclavage qui est un Crime contre l’Humanité…
Faire condamner l’Etat sénégalais par les Instances Internationales avec sa mise au banc des pays civilisés comme pays esclavagiste d’enfants… Pour obliger le gouvernement sénégalais à poursuivre les parents irresponsables qui abandonnent des enfants… Arrêter et faire condamner les passeurs trafiquants d’enfants et leurs commanditaires marabouts sénégalais esclavagistes des élèves talibés… Fermer les daraas maltraitantes nauséabondes et corrompues, non-contrôlées par l’Etat… Dissoudre les Associations mafieuses maraboutiques qui gangrènent toutes les sphères du pays et corrompent les policiers et les juges… Rétablir la peine de mort pour les marabouts assassins d’enfants talibés avec ou sans dissimulation du cadavre de l’enfant innocent assassiné…Alors, le Sénégal pourra se sortir de la Honte qui gangrène ce pauvre pays esclavagiste d’enfants au XXIème siècle…
Honte au Sénégal, Honte aux Sénégalais, Honte à l’Islam dévoyé du Sénégal pour le mal fait aux enfants talibés !
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