Portrait – Sénégal Black Rainbow https://www.senegalblackrainbow.org Fri, 14 Jan 2022 03:02:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.3 145175315 VOUS AVEZ DIT « CULTURE » ? https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/14/vous-avez-dit-culture/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/14/vous-avez-dit-culture/#respond Fri, 14 Jan 2022 03:02:22 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39631 Il serait sans doute bien difficile de déterminer à partir de quel moment le mot culture a pris le sens que nous lui donnons aujourd’hui.

Si le mot varie d’une langue à l’autre, le concept est à peu de choses près le même dans toutes les civilisations. Voici la définition qu’en propose le dictionnaire en ligne CNRTL : « travail assidu et méthodique (collectif ou individuel) qui tend à élever un être humain au-dessus de l’état de nature, à développer ses qualités, à pallier ses manques, à favoriser l’éclosion harmonieuse de sa personnalité», Cette belle définition est aujourd’hui sans doute un peu réductrice. Pour ma part, je serais enclin à dire que la culture c’est avant tout un ensemble de valeurs dans lesquelles un groupe humain peut s’identifier. Autrefois, la culture était principalement régionale : la cuisine, le vêtement, les coutumes… En France on pouvait parler de culture bretonne comme de culture provençale ou alsacienne, cela avait un sens. Mais en retour, plus un pays était morcelé en entités culturelles distinctes, moins ses habitants avaient le sentiment d’appartenir à la même nation. Avec le temps, les cultures locales se sont transformées en folklore, les habitants sont devenus des citoyens et l’État est devenu Nation. Le jour n’est sans doute pas éloigné où ces nations perdront elles-mêmes leur identité culturelle, au profit d’entités culturelles élargies où chacun pourra encore s’identifier, la mondialisation nous en apporte chaque jour des exemples.

Partout en Occident, les musées jouent un rôle majeur et l’on n’hésite pas à traverser les océans et faire des heures de queue pour aller voir telle ou telle exposition.

Nous sommes à l’heure où les pays d’Afrique Noire prennent conscience de la valeur culturelle de leur patrimoine sculpté, constitué de toutes les œuvres héritées des générations passées, dont certaines remontent au 10° siècle avant l’ère commune, précédant l’apparition de l’art classique grec, il n’est pas inutile de le préciser. Nous ne nous attarderons pas sur les motifs qui furent la cause d’un rejet de la statuaire traditionnelle : qu’il suffise de dire qu’à un certain moment de l’histoire ces objets ont été perçus dans toute l’Afrique comme les témoins d’une époque révolue et d’une histoire douloureuse à laquelle chacun voulait échapper pour rentrer dans le monde moderne. La honte et la peur d’être traité d’idolâtre, la conversion au monothéisme, l’accès à l’instruction à travers l’école ou les modèles occidentaux proposés par la télévision furent à l’origine du rejet global de tout ce qui était relié aux anciennes pratiques magico-religieuses. Les objets traditionnels furent abandonnés dans le bois sacré pour certains, brûlés pour d’autres, vendus pour la plupart. Les appropriations forcées restent l’exception, malgré un tapage médiatique qui voudrait faire accroire le contraire.

Les anciens pays colonisateurs, que ce soit par souci d’équité ou par repentance, s’engagent peu à peu vers des restitutions du patrimoine détenu dans leurs musées. En Afrique, les capitales, Abidjan, Bamako, Cotonou, Dakar, Lomé, Kinshasa, se dotent de musées modernes prêts à recevoir les vieux bois de retour d’exil. Mais cela garantira-t-il le succès d’une véritable politique culturelle en matière de musées et d’arts anciens ?

Ne nous voilons pas la face, la plupart des états africains confondent encore culture et folklore. Les ministères subventionnent abondamment des danses folkloriques, des groupes de musiciens, tout ce qui réjouit les foules : le peuple a besoin de se divertir. D’innombrables chaînes de télévisions font la promotion à longueur de journéed’hommes et de femmes qui se trémoussent au son du tam-tam ou de la musique électronique. Mais quel impact culturel à long terme ? Quel lien culturel entre la danse des Kankourang à Mbour et une cérémonie chez les Bédik de Casamance ou chez les Dogon du Mali ? Insignifiant à l’échelon national et nul à l’échelon panafricain. Nous sommes résolument dans un folklore local qui s’adapte de plus en plus à la demande touristique, sans aucun effet sur la culture telle qu’il faut l’envisager dans sa définition moderne car le mot culture ne saurait en aucun cas s’apparenter à des phénomènes identitaires.

À travers le monde entier, le meilleur véhicule de la culture est le musée. Ce qui importe aujourd’hui, en matière de politique muséale, c’est d’échapper à l’ethnocentrisme culturel. On ne doit pas parler pays, tribu, ethnie, on doit parler Afrique et replacer l’Afrique sur la carte de l’Histoire mondiale. Si nous prenons l’exemple du Bénin qui recevra prochainement les statues que s’était accaparées le général Dodds en vertu de l’antique coutume des dépouilles opimes, quelle sera sa communication ? Sera-t-il question de l’insatiable appétit de conquête des Fon qui ont porté la guerre chez tous leurs voisins, au sud pour l’accès à la mer et le contrôle du négoce négrier et au nord pour la capture d’hommes destinés à être sacrifiés par centaines ou vendus comme esclaves ? Permettez-moi d’en douter, l’histoire détournera pudiquement le regard car ce sont des pages que tous les béninois voudraient oublier, et c’est bien naturel : on ne peut responsabiliser les Blancs pour la traite négrière et avouer que l’on était amplement partie prenante dans cet épouvantable commerce. Quand bien même la vérité serait dite, qu’en retiendrait le visiteur ? Un gros plan sur l’image d’un lieu, d’une époque, d’évènements qui se sont produits il y a un siècle ou deux. Certains pourront même penser que si les Blancs ont mis fin à ces pratiques, leur arrivée aura été somme toute bénéfique. Cela ne mène à rien. Peut-être faudra-t-il avouer l’inavouable, et, pourquoi pas, mettre en parallèle la «barbarie» des africains et celle des européens dans les derniers conflits mondiaux (l’offensive du Chemin des Dames en 1917 a envoyé à la boucherie 350 000 soldats, sacrifiés sur l’autel de la guerre…). Le musée doit donner à réfléchir, ouvrir les esprits, inciter au respect et à la tolérance.

Cheick Anta Diop prônait le panafricanisme. Ses théories sur l’appartenance à un tronc commun qui aurait engendré l’Égypte pharaonique n’avait d’autre but que de rapprocher les hommes avant que de rapprocher les nations, noble et digne projet. Si cet objectif politique ne semble pas près d’être atteint, la chance est donnée aujourd’hui à toute l’Afrique Noire de créer un lien culturel fort entre les ethnies de toutes les nations au moyen d’une politique muséale commune, novatrice pour le continent.

État des lieux

À l’heure où nombre de pays africains s’apprêtent à recevoir un patrimoine indispensable à l’éveil culturel des populations, il convient de se demander de quelle manière ce patrimoine va être exploité pour profiter au plus grand nombre.

En matière de politique muséale, l’Afrique est un enfant pauvre. Il est vrai que le colonisateur qui n’hésitait pas à enseigner «nos ancêtres les Gaulois» aux petits africains n’a fait aucun geste pour donner à voir l’art universel que l’on peut admirer un peu partout dans les musées européens.

En Afrique, l’art se devait d’être enfermé dans son africanité. Ces musées d’art africain s’adressaient prioritairement aux européens, non sans arrières pensées politiques, puisque la présentation des œuvres ethnie par ethnie rendait compte de la mosaïque de peuples que le colonisateur se devait de fédérer : c’était la métaphore absolue de l’anti culture, puisque la culture c’est avant tout un ensemble de valeurs dans lesquelles un groupe humain peut s’identifier au sens le plus large. Plutôt que de compartimenter le pays en groupes ethniques il eut mieux valu défendre les valeurs historiques et culturelles partagées qui s’étendaient bien au-delà des frontières administratives issues de ce souk géopolitique que fut la conférence de Berlin en 1885. Le président Omar Bongo a prononcé un jour ces mots pleins de sagesse : « c’est en brisant l‘histoire, les traditions et l’unité des peuples africains que le pouvoir colonial s’est imposé. C’est donc l’histoire, les traditions et l’unité des peuples qu’il faut rétablir pour redevenir nous-mêmes. Recherchons ce qui nous rapproche, et nous réduirons alors progressivement les facteurs qui nous divisent ». Tout est dit.

Les indépendances portèrent un coup fatal à la plupart des musées africains. Les œuvres autrefois protégées par des conservateurs passionnés autant qu’érudits tombèrent en déshérence et devinrent des objets de commerce en même temps que l’Afrique se vidait de son patrimoine sous la pression des conflits ethniques et d’une demande occidentale sans cesse croissante. Le phénomène, amorcé au début du 19° siècle est devenu universel jusqu’au milieu du 20°. Il est bon de rappeler ici que l’Afrique ne jouit pas d’un statut particulier en la matière : de très nombreux pays de par le monde ont subi le même sort… Navrant constat, soixante ans après les indépendances, la situation en Afrique n’a guère évolué, et si les musées ont essaimé un peu partout, la qualité des collections, la présentation et les explications sont généralement très en dessous du niveau acceptable pour un musée digne du nom.
Vers une nouvelle politique muséale

Un musée ne doit pas être un lieu où les œuvres sont vouées à être des objets de contemplation. Si le plaisir ou l’émotion esthétique sont indispensables pour capter l’intérêt du visiteur, l’objectif final doit être l’éducation, la connaissance, le partage, en bref, des valeurs universelles qui rapprochent et fédèrent des individus venus d’horizons culturels différents. Le musée, c’est le plat dans lequel chacun vient manger, le feu vers lequel chacun vient se réchauffer, la musique qui donne à chacun l’envie de danser. Pour parvenir à ses fins le musée doit s’adresser à l’esprit aussi bien qu’au regard.

Une politique muséale cohérente doit donc tenir compte du fait qu’il n’y a pas de culture s’il n’y a pas de partage. Contrairement aux idées reçues, un grand musée national dans la capitale – comme il est de règle – ne sert que très peu la cause de la culture. Ces musées agissent comme une vitrine promotionnelle à l’adresse des étrangers qui visitent le pays, mais quel impact sur les populations de l’intérieur ? Insignifiant, pour des raisons d’éloignement, de moyens et souvent d’ignorance.

La place du musée national

S’agissant du musée national, il doit se démarquer en montrant, en plus de l’art africain, de l’art classique provenant du monde entier : une statue grecque, un bouddha japonais, une peinture lamaïque du Tibet, un masque des Eskimos, une peinture renaissance ou cubiste… Il ne faut pas tomber dans le piège colonial d’enfermer le public africain dans l’art africain mais il faut au contraire l’ouvrir à l’art universel. Le président Wade allait résolument plus loin puisqu’il déclarait dans un livre paru en 2005 :« Ces objets d’art, masques, sculptures, parures diverses, sont nos ambassadeurs dans les autres civilisations. Ils sont les témoins de notre civilisation, de notre culture. Leur rapatriement relèverait du nombrilisme. À quoi cela sert-il de nous autocontempler ? De tous les arts non européens, seul l’art africain, ce qui est la preuve de son universalité, a autant pénétré l’Occident. Au demeurant, les moyens d’entretien de nos musées faisant défaut, ces objets seraient vite détériorés. Laissons-les donc dans les musées d’Europe ou d’Amérique, qui ont d’importants moyens financiers et disposent de moyens techniques de conservation. Ils y seront encore dans mille ans…en échange, l’Europe pourrait nous offrir des peintures, des Goya, Delacroix ou Vlaminck, que nos populations n’auront jamais la possibilité de connaître. C’est pour cette raison que, réagissant contre la thèse du retour, je m’adressais aux Européens à Saint-Louis au Sénégal, en 1976, en ces termes : « gardez nos masques, mais donnez-nous des Delacroix !)… »
Pour la création de musées régionaux

Dans les pays sans tradition de musée, on ne doit pas demander aux individus de fréquenter spontanément des lieux culturels. Ce sont les lieux culturels qui doivent aller à la rencontre de la population, jusqu’au jour où ils sont intégrés dans le quotidien et où leur visite devient un plaisir pour la majorité.

Des enquêtes ont révélé que les gens qui visitent les musées sont ceux qui y sont allés accompagnés par leurs parents lorsqu’ils étaient enfants. Si l’implantation de musées dans les provinces est une nécessité, leur fréquentation prendra du temps, et c’est pour cela qu’il faut se dépêcher d’agir. Rappelons-le, car c’est important, il faudra éviter la tentation de l’ethnocentrisme culturel local. Le musée doit, d’abord et avant tout, rendre hommage à l’histoire collective et aux valeurs partagées des peuples d’Afrique. L’approche doit être thématique avant d’être ethnique. Si le musée provincial peut servir les populations locales, que l’on habite Saint Louis, Yamoussoukro, Franceville ou Foumban on doit retrouver dans la visite un fond de valeurs communes. Idéalement, on peut envisager le musée comme une suite de cercles concentriques, le cercle le plus large symbolisant la culture au niveau du continent, puis chaque cercle successif figurant les cultures sous régionales, régionales et au centre la culture vernaculaire du lieu où il se situe. Ce n’est qu’en assumant la cohérence d’une politique culturelle à l’échelon des régions que l’on obtiendra un résultat bénéfique pour l’ensemble de la population.

Un musée national dans la capitale ne résoudra rien, nous nous en sommes expliqué. Dix petits musées bien gérés dans les provinces apporteront un bien meilleur résultat que le somptueux musée à Dakar ou à Bamako. Dans cette perspective, chaque musée provincial doit être envisagé comme un tentacule relié au musée national : il doit en être le prolongement en même temps qu’il se doit d’être autonome.

Une réalisation de référence

On pourrait penser que la mise en œuvre d’une telle politique nécessiterait de mobiliser des fonds considérables. C’est faux. Nous prendrons l’exemple du Mahicao, Musée d’Art et d’Histoire des Cultures d’Afrique de l’Ouest implanté à Djilor Djidiack au Sénégal à 150 km au sud de Dakar. Issu d’une initiative privée, ce musée a mobilisé un capital d’environ cinq cent millions de francs cfa, bâtiment et collections compris. Ouvert depuis 2018, il ne cesse de voir augmenter le nombre de ses visiteurs, même pendant la crise sanitaire de la Covid 19. Ses résultats d’exploitation sont positifs et permettent de payer le personnel, de subvenir au fonctionnement et à l’entretien, bref, il rapporte davantage qu’il ne coûte. Il est devenu un moteur économique pour le village et la région : les gens n’hésitent pas à faire le déplacement depuis Dakar pour le visiter. C’est la raison pour laquelle l’Académie Diplomatique Africaine (ADA)basée à Dakar a établi un partenariat avec le Mahicao, qui est envisagé comme le musée référent dans le cadre de son projet de création de musées dans les provinces, au Sénégal pour commencer. Grâce aux excellents résultats du Mahicao en terme de fréquentation, de satisfaction et de trésorerie, il est démontré que nous ne sommes pas dans un énième projet utopique mais dans la réalité concrète et positive. Dès sa conception en 2009, le musée Mahicao a été envisagé pour pouvoir être dupliqué à moindre coût. L’intention présente n’est pas d’expliquer comment faire, nous y reviendrons peut-être une autre fois, mais de convaincre que ce type de réalisation est tout à fait réalisable et économiquement viable.
La mise en œuvre de mesures incitatives

On ne peut envisager de politique culturelle et muséale sans de fortes mesures incitatives, comme c’est la règle aujourd’hui dans tous les états modernes : c’est une façon intelligente de dynamiser la croissance du secteur culturel et par ricochet du secteur touristique. Contrôler la sortie du patrimoine ne suffit pas : c’est une mesure bancale si l’on n’encourage pas l’entrée d’un nouveau patrimoine. C’est maintenir le patient en vie sans le guérir pour autant. Il faut commencer – et c’est une aberration que cela ne soit pas déjà fait – par supprimer tous les droits et taxes pour les œuvres d’art de toutes sortes qui rentrent sur le territoire national : chaque œuvre qui entre au pays, moderne ou ancienne, quelle qu’en soit l’origine, enrichit le patrimoine artistique et culturel du pays. Elles agissent comme autant de graines qui fécondent les esprits. Aujourd’hui encore, les œuvres d’art africain qui retournent en Afrique sont taxées d’importants droits douaniers, cela n’est pas admissible. Il faut ensuite mettre en place des mesures incitatives au niveau fiscal par le biais de déductions d’impôts, du mécénat d’entreprise, d’exonérations pour les associations reconnues d’intérêt général. Il est temps de s’engager dans une politique culturelle hardie : Il faut encourager la défiscalisation pour les aides à la construction de musées ou à l’acquisition d’objets de collection. Les lutteurs, les footballeurs, les musiciens devraient pouvoir s’honorer de subventionner des projets muséaux : ils réaliseraient des économies d’impôt et se feraient les champions de la culture ! Si un Sadio Mané ou un Yekini sponsorisait un musée dans leur région natale au Sénégal, il ne faut pas douter que les jeunes sénégalais seraient plus enclins à aller voir de quoi il retourne ! Les grandes sociétés sénégalaises devraient pouvoir être fières de parrainer des vitrines ou des œuvres. Ce sont là des mesures à prendre d’urgence, pour donner un signal fort aux états européens qui se sont engagés dans la voie des restitutions, pour montrer que l’Afrique ne va pas se contenter de recevoir les œuvres de façon passive, mais qu’elle s’est engagée sur le chemin d’une véritable politique culturelle innovante, dynamique, envisagée à la fois sous l’aspect du développement culturel mais aussi sous celui d’un facteur de croissance économique local et sous celui d’un formidable outil de communication et de cohésion sociale.

Conclusion

En somme, puisqu’il faut conclure, ce n’est pas le retour des œuvres au pays natal qui résoudra la situation de déficit en matière de politique culturelle muséale. Il faut voir beaucoup plus haut et viser beaucoup plus loin. À n’en pas douter, la création de musées provinciaux jouera le rôle de catalyseur touristique, donc d’accélérateur de croissance. Étant rappelé que le secteur de la culture est le troisième employeur européen après la construction et la restauration et que le seul secteur des beaux-arts engendre à lui seul 127,6 milliards d’euros annuellement, l’Afrique ne peut pas se priver d’une ressource dont il est prouvé que les effets dépassent largement le secteur de la culture : tourisme, restauration, artisanat, transports, hôtellerie… Il est patent qu’on ne saurait prétendre être un pays à vocation touristique si l’on ne développe pas une politique efficace de musées régionaux. Le duo de la culture et du tourisme est un moteur économique extrêmement puissant. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le patrimoine culturel représente plus de 40 % de l’activité touristique internationale…

Il est grand temps de convoquer au Sénégal des états-généraux de la culture qui ne se limiteront pas aux habitués du sérail mais qui réuniront des conservateurs, experts, collectionneurs et autres spécialistes des questions culturelles pour poser les jalons d’une politique culturelle à l’échelle nationale et internationale en Afrique.

Le poète français Alphonse de Lamartine qualifiait les musées de «cimetières des arts». S’il faut applaudir ces formidables projets de retour des masques et statues ancestraux il faut souhaiter que ce nouveau destin ne soit pas, faute d’une politique culturelle dynamique, qu’un prélude à leur extrême onction.

Réginald Groux

Réginald Groux est Conseiller spécial du président de l’ADA. Ancien marchand d’art, expert, auteur de livres et d’articles, professeur de l’ICART, il se consacre depuis le début des années 2000 à la reconnaissance du patrimoine sculpté traditionnel africain, tant par les peuples qui en sont à l’origine que par les populations issues de l’immigration. Il est Fondateur du Musèe Mahicao à Djilor Djidiack.

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HAUSSE DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/14/hausse-de-la-production-industrielle-3/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/14/hausse-de-la-production-industrielle-3/#respond Fri, 14 Jan 2022 03:00:04 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39628 Accroissement de 7,1% de la production industrielle en novembre 2021

En novembre 2021, la production industrielle hors égrenage de coton du Sénégal s’est accrue de 7,1% par rapport à la même période de 2020, selon les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) basée à Dakar.

<<Cette évolution est en relation avec les performances notées dans les industries environnementales (+62,7%) et extractives (+51,8%)>>, souligne l’ANSD. Selon toujours cette structure la situation constatée au niveau des industries extractives s’explique par la bonne tenue de la production des minerais métalliques (+66,3%) et des autres produits des industries extractives (+33,3%). De même, la production au cours des onze premiers mois de 2021 s’est relevée de 36,7%, comparativement à celle de la période correspondante de 2020.

Quant à la performance de l’activité de production des industries environnementales, elle est consécutive à la bonne tenue de l’activité de collecte, traitement et élimination de déchets (+62,6%). Par ailleurs, note l’ANSD, sur les onze premiers mois de 2021, la production des industries environnementales a augmenté de 44,9%, comparée à la même période en 2020.

Toutefois, la production industrielle a été amoindrie par le repli de la production d’électricité, de gaz et d’eau et celle des autres industries manufacturières. En effet, par rapport au même mois de 2020, la production d’électricité, de gaz et d’eau a diminué de 0,6% en novembre 2021 du fait du repli de la production d’eau (-12,0%) sur la période. De même, sur les onze premiers mois de 2021, la production d’électricité, de gaz et d’eau s’est relevée de 5,1% par rapport à son niveau de la période correspondante en 2020. De son côté, la production manufacturière s’est contractée de 3,9% relativement à celle du même mois de 2020. <<Cette régression est principalement attribuable à la contreperformance notée dans la production du cuir travaillé et articles de voyage, chaussures (-79,7%), métallurgiques et de fonderie, ouvrages en métaux, produit du travail des métaux (-53,9%) et textiles et articles d’habillement (-34,6%)>>, note l’ANSD. En revanche, la production agroalimentaire (+4,2%), chimique (+4,3%), celle des matériaux minéraux (+15,6%) ainsi que l’activité de raffinage et de cokéfaction (+18,4%) se sont bien comportés sur la période considérée.

Sur les onze premiers mois de 2021, la production des industries manufacturières a bondi de 15,5%, comparativement à son niveau de la période correspondante en 2020.

Au terme des onze premiers mois de 2021, la production industrielle du Sénégal a progressé de 18,7%, par rapport à la période correspondante de 2020. Par ailleurs, en fin novembre 2021, l’activité d’égrenage de coton est ressortie en hausse de 26,4%, comparativement au cumul sur les onze premiers mois de 2020.

Albert Savana/financialafrik.com

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TOUJOURS PLUS DE RIZ IMPORTÉ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/toujours-plus-de-riz-importe-4/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/toujours-plus-de-riz-importe-4/#comments Wed, 12 Jan 2022 16:06:28 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39622 Sénégal : la valeur des achats de riz a grimpé de 22 % à 425 millions $ en 2020

Au Sénégal, les importations de riz ont atteint 246,2 milliards Fcfa en 2020 (425 millions $), soit 22 % de plus que l’année précédente. C’est ce qu’indique l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans sa dernière note d’analyse du commerce extérieur.

Selon l’organisme public, cette hausse de l’enveloppe est liée à la progression du volume des achats qui a grimpé à 1,1 million de tonnes de riz contre 893 000 tonnes en 2019. Les principaux fournisseurs de la céréale ont été l’Inde, le Brésil, la Thaïlande et le Pakistan.

agenceecofin.com

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MALI: QUE VA PERDRE LE SENEGAL https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/mali-que-va-perdre-le-senegal/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/mali-que-va-perdre-le-senegal/#respond Wed, 12 Jan 2022 14:44:01 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39619 Sanctions contre le Mali : Economiquement, que perd réellement le Sénégal ?

Les sanctions prises par la CEDEAO à l’encontre du Mali vont avoir des répercussions pour le Sénégal. L’économie va en pâtir. C’est l’avis de l’Economiste, Dc Oumar Seye qui pense que les autorités doivent préconiser des stratégies de résilience pour amortir l’éventuel choc économique que va subir le Sénégal. Il a estimé le manque à gagner pour le Sénégal à 300 milliards de F CFA.

« Du côté du Sénégal, le volet économique et commercial, c’est à dire, en termes de commerce, de transaction, surtout en ce qui concerne le corridor Dakar – Bamako, sera impacté négativement. Et même la dimension financière avec les envois de fonds à travers le mobile banking, tout sera court-circuité », analyse M. Sèye. Il estime, tout de même, que, « ces conséquences seront beaucoup plus ressenties du côté du Mali, parce que pratiquement, pour les années civiles, c’est vers les 1500 milliards de dollars ».

Pour faire face à cette conjoncture, Oumar Sèye conseille à la junte malienne de dégager des stratégies de résilience. « Il faudra que les autorités étatiques maliennes puissent dégager des résiliences en vue de voir comment gérer cette situation conjoncturelle. Parce ce que ces mesures prises à l’encontre du Mali, si elles sont effectives sur le terrain, ce pays ne pourrait pas tenir plus d’un mois ».

Les craintes de Gora Khouma

Dans ce lot d’impacts négatifs, le transport routier est le plus lésé. Le Secrétaire de l’Union des Transporteurs routiers du Sénégal, Gora Khouma, regrette le fait que les ressortissants des deux pays soient immobilisés à cause de cette sanction. « Nous n’allons pas nous mêler des décisions de la CEDEAO. Mais nous avons pensé qu’avant de prendre cette décision les autorités devaient évacuer les Sénégalais qui sont sur le sol malien et vice versa ».

À en croire le syndicaliste sénégalais, « il y a des ressortissants des deux pays qui sont bloqués de part et d’autres. Il y a des Sénégalais qui sont même en dehors du pays et qui, certainement, devaient transiter par le Mali, et qui finalement sont bloqués. Les 95 % de la flotte malienne passent par le Sénégal. Les Maliens étant plus nombreux que les Sénégalais, ils vont certainement subir les conséquences néfastes de ces sanctions ».

Modou Mamoune Tine / senenews.com

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ACCIDENTS DE LA ROUTE AU SÉNÉGAL https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/accidents-de-la-route-au-senegal-2/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/12/accidents-de-la-route-au-senegal-2/#comments Wed, 12 Jan 2022 14:30:11 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39616 «La tranche d’âge la plus affectée est celle des 20 à 29 ans et c’est le cas depuis plusieurs années »

Pour prévenir les accidents de la route au Sénégal, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a appuyé la formation de divers acteurs dont les secouristes et les chauffeurs.
Après 27 ans à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, l’adjudant Abdoulaye Coly admet que c’est le cas le plus pathétique qu’il a eu à gérer. « Il s’agissait d’un jeune homme de 24 ans habitant aux Parcelles Assainies, dont le grand frère était venu à la maison avec sa moto, pour déjeuner et retourner au travail. Lorsqu’il est entré dans la maison, son jeune frère a décidé de prendre la moto, sans aucune protection, pour faire un tour. Non loin de là, il s’est fait percuter par un véhicule et il est mort sur le coup».

L’adjudant Coly se remémore l’instantanéité de la tragédie qu’il a vécue presqu’en direct. Il était de service ce jour-là et lorsque qu’il est arrivé sur les lieux, le policier de service lui a dit en pointant du doigt le domicile du jeune : « Je connais ce gosse ; je connais ses parents ; il habite juste là ». Un attroupement commençait déjà à se former devant la maison du jeune et la famille s’interrogeait sur son départ avec la moto, sachant que son frère devait retourner au travail. « Les voyant là, sachant qu’à l’instant même leur enfant était couché sans vie dans notre ambulance en route pour la morgue, je n’ai pas pu retenir mes larmes. Nous étions tous secoués par ce drame et ça me touche jusqu’aujourd’hui. »
Au Sénégal, les accidents de la circulation routière représentent 63,17% de tous les accidents. De manière constante au cours des 5 dernières années, les accidents de la route ont surtout fait des victimes parmi les piétons et les automobilistes : « Nos interventions de secours concernaient le plus des piétons et des motos renversés par un véhicule, ces deux catégories faisant au total 65 452 interventions. Ces deux catégories d’accidents font aussi le plus de victimes avec 107 434 enregistrées de 2017 à 2020 », se désole l’Adjudant Coly.

Parmi les causes majeures des accidents figure en grande place le facteur humain, avec les excès de vitesse, la négligence, l’imprudence et le non-respect des règles du code de la route. Pour prévenir cela, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a appuyé la formation de divers acteurs dont les secouristes et les chauffeurs. « Ce qui est fondamental pour l’Oms, c’est de mieux outiller les intervenants, et aussi de convaincre les usagers de la route à adopter un meilleur comportement, chacun à son niveau et chacun dans son rôle. L’appui de l’Oms est venu en complément aux activités menées par la Croix-Rouge et le Service national de l’éducation et de l’information pour la Santé (Sneips), qui s’associent régulièrement pour conduire des activités dans le cadre de la prévention routière », explique Dr Idrissa Talla, spécialiste en maladies non transmissibles au bureau de l’Oms au Sénégal.

En novembre et décembre 2021, ces activités étaient au nombre de 76 et comprenaient entre autres des initiations aux gestes qui sauvent et des démonstrations du premier secours, des dotations de trousses de secours aux conducteurs, des causeries communautaires chez les usagers, la mobilisation sociale dans les établissements scolaires et le plaidoyer auprès des décideurs.

Sur la même période, l’Oms a soutenu 11 formations ont eu lieu dans 3 départements de Dakar, Thiès et Diourbel avec 660 participants. Elles portaient sur comment porter secours à une victime de la route, quels sont les gestes essentiels, et ceux à éviter pour sauver des vies. En parallèle, des séances de sensibilisation ont été organisées dans 22 écoles et 22 gares routières, atteignant plus de 300 personnes.

Ousmane Ndoye, le président de l’Association nationale des personnes vivant avec un handicap (Anpavh) créée en 2012, est une personnalité très connue dans la sensibilisation à la sécurité routière dans le pays. Victime d’un accident de la route en 2007, il a souhaité rassembler les victimes et aller vers les autres pour changer les choses : « Mon objectif était de rassembler d’autres personnes affectées par les accidents, de nous entraider pour faire face à nos difficultés, et de nous unir pour sensibiliser aux dangers de la route. A ce jour, nous sommes plus de 1000 membres à travers le pays», raconte-t-il.
A présent technicien de carrosserie, Ndoye assiste pour adapter les véhicules des personnes ayant un handicap moteur afin qu’elles puissent retourner travailler. « C’est un projet très important que j’ai essayé de mettre en place mais il est à l’arrêt pour l’instant, faute de financement. Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés pour assurer l’autonomisation des personnes vivant avec un handicap, pour que nous puissions vivre une vie digne», a-t-il confié.

La sensibilisation est au cœur des actions menées par l’Anpavh. « Je me suis porté volontaire et je ferai tout pour réduire le nombre de décès. Nous les membres de l’Anpavah, nous sommes les meilleurs exemples car notre handicap est visible et cela fait réfléchir. La prévention est essentielle pour arriver à bout de ce problème et nous voulons surtout que les jeunes comprennent les risques », estime Ndoye.

L’adjudant Coly confirme cette tendance notée dans les statistiques de son unité : « Effectivement, les jeunes sont particulièrement vulnérables sur les routes au Sénégal. La tranche d’âge la plus affectée par les accidents est celle des 20 à 29 ans, et c’est le cas depuis plusieurs années », explique-t-il. « Cela nous conduit à plus cibler les jeunes dans nos actions et à leur faire comprendre qu’en étant plus prudents, en ne prenant pas de risques inutiles sur la voie publique, ils peuvent préserver leur vie – car elle est précieuse – et ils peuvent aussi préserver celles des autres. »
En plus des formations et sensibilisations, l’Oms fait aussi le plaidoyer pour des routes plus sécurisées et pour plus de contrôle du parc automobile, qui sont des causes majeures d’accidents.

Avec les initiatives prises pour prévenir les accidents, l’espoir renaît chez les acteurs impliqués dans la sécurité routière. Ces dernières années, une baisse a été constatée dans les accidents de la circulation qui sont passés de 17.213 en 2019 à 16.373 en 2020.
Pour les acteurs impliqués dans la sécurité routière cela est une lueur d’espoir. « Le quotidien d’un secouriste n’est pas de tout repos, mais notre engagement reste entier et nous sommes encouragés par l’amélioration des conditions sur la voie publique, aussi petite soit-elle. Le travail de prévention peut être difficile à certains moments mais pour nous, chaque accident évité et chaque vie sauvée en valent la peine ».

Libération Sénégal online

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LE MALI PUNI: CATASTROPHE COMMERCIALE https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/11/le-mali-puni-catastrophe-commerciale/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/11/le-mali-puni-catastrophe-commerciale/#comments Tue, 11 Jan 2022 08:57:37 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39598 Le Mali sous sanctions de la Cédéao: quelles conséquences pour le Sénégal et la Mauritanie?

Les dirigeants ouest-africains de la Cédéao ont décidé de fermer les frontières aériennes et terrestres avec le Mali et de mettre le pays sous embargo. Au-delà de l’impact sur l’économie malienne, ces mesures devraient aussi avoir des conséquences au Sénégal voisin : le Mali est son premier client commercial.

Chaque jour, des centaines de camions empruntent le corridor Dakar-Bamako, sur plus de 1300 km. Un axe stratégique pour le Mali, pays enclavé, largement dépendant du port de Dakar pour ses importations. Et stratégique pour le Sénégal : l’an dernier, 21% de ses exportations étaient destinées au Mali, selon l’Agence nationale de la statistique).

« Cela va être extrêmement compliqué pour le budget du Sénégal parce qu’un budget, c’est des prévisions de recettes. Recettes qui devaient venir des importations maliennes. Le Sénégal se tire une balle dans le pied. On sanctionne une économie aussi fragile que l’économie malienne. Mais en sanctionnant le Mali, on sanctionne le Sénégal aussi », constate Khadim Bamba Diagne, économiste et enseignant chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Depuis l’annonce des sanctions dimanche soir, Gora Khouma, secrétaire général des transporteurs routiers du Sénégal, reçoit de nombreux appels.

« Nous sommes inquiets parce que 80% du fret malien passe à Dakar. Le port de Dakar ravitaille le Mali. Si c’est fermé, ça va nous porter préjudice », craint-il.

La suspension des échanges décidée par la Cédéao ne concerne pas les produits alimentaires de grande consommation, le matériel médical ou encore les produits pétroliers.
La Mauritanie entre deux eaux

Le coup est donc dur pour le Mali, qui ne dispose pas non plus d’accès à la mer. Parmi les rares portes de sortie, reste la Mauritanie voisine. Hier, le président mauritanien s’est entretenu au téléphone avec Nana Akufo-Addo, le président en exercice de la Cédéao.

D’après l’agence mauritanienne d’information, c’est Nana Akufo-Addo qui a pris l’initiative de cet appel. Mohamed ould Ghazouani a écouté les arguments du médiateur et rappelé le souci de la Mauritanie de voir les frères maliens surmonter les difficultés actuelles.

Il faut dire que les relations économiques entre les deux pays sont étroites et anciennes. À 10 km au sud du port de Nouakchott se trouve même un carrefour Bamako. Le Mali utilise un accès mauritanien à la mer pour exporter ses produits comme la gomme arabique et importer des produits manufacturés. Les frontières terrestres sont également très empruntées, notamment pour le commerce de bétail.

La Mauritanie pour sa part, n’a pas beaucoup d’autres choix que d’aider le Mali, explique Abdallahi Ould Awa, professeur d’économie à l’université de Nouakchott. Elle ne peut pas l’asphyxier, leurs relations et intérêts sont trop étroits, conclut-il.

Mais la Mauritanie a tout intérêt aussi à conserver des relations cordiales avec la Cédéao à qui elle fait du pied depuis plusieurs années. En 2017, Nouakchott a notamment signé avec la commission de la Cédéao un accord d’association pour accélérer son intégration économique à la sous-région.

Enfin, côté guinéen cette fois, Conakry – dont la junte est elle aussi dans le collimateur de la Cédéao – maintient ses frontières ouvertes « avec ses pays frères conformément à sa volonté panafricaniste ». C’est ce qu’a annoncé lundi soir le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) dans un communiqué officiel de la présidence guinéenne.

Charlotte Idrac/RFI

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LE MINISTRE DE LA PÊCHE COMPTE LES BATEAUX… https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/08/le-ministre-de-la-peche-compte-les-bateaux/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/08/le-ministre-de-la-peche-compte-les-bateaux/#comments Sat, 08 Jan 2022 05:40:15 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39586 Licences de pêche : 120 navires opèrent officiellement au Sénégal

La flotte sénégalaise compte 120 navires dont 31 bateaux battant pavillon Union européenne et 24 autres dont les licences n’ont pas encore été renouvelées, a fait part, vendredi, le ministre des Pêches et de l’économie maritime, Alioune Ndoye.

’’La flotte sénégalaise compte actuellement 120 navires au total. Trente-et-un bateaux appartiennent à l’Union européenne et les vingt-quatre autres n’ont pas encore renouvelé leurs licences’’, a-t-il précisé lors de son intervention à la conférence de presse du gouvernement.

Le ministre a souligné que cette situation est gérée de façon stricte, suivant les règlements qui régissent cette question.
Concernant la flotte industrielle, le Sénégal ’’en a besoin pour faire évoluer le secteur’’, a signalé M. Ndoye, indiquant qu’elle est protégée et aidée par l’Etat qui la subventionne.

’’Cette flotte industrielle permet à la Pêche d’être le premier secteur qui rapporte des devises à l’économie sénégalaise. Avec la dernière évaluation, on était à plus 262 milliards de francs CFA. C’est un pan important de l’économie nationale’’, a expliqué le ministre.
Alioune Ndoye a rappelé que l’année dernière, il y avait 129 navires qui opéraient au Sénégal, dont 32 européens et un autre battant pavillon cap-verdien.

APS/ndarinfo.com

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TURPITUDES ET RELIGIONS… https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/08/turpitudes-et-religions/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/08/turpitudes-et-religions/#comments Sat, 08 Jan 2022 05:38:28 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39583 Un chef religieux encourage « toutes les démarches légales » contre l’homosexualité

Un des plus hauts chefs religieux du Sénégal a déclaré vendredi « encourager » toutes les démarches légales contre l’homosexualité, après le rejet par le Parlement d’un texte durcissant la répression en la matière, dans ce pays très majoritairement musulman.

Par ailleurs, neuf manifestants antihomosexuels, dont un rappeur célèbre au Sénégal, Abdou Karim Guèye, ont été « arrêtés et conduits » vendredi dans un commissariat de police de Dakar après avoir « brûlé un drapeau arc-en-ciel » devant l’Assemblée nationale, dans le centre de la capitale, après la grande prière musulmane hebdomadaire, a indiqué à l’AFP l’avocat de l’artiste, Me Cheikh Khoureysi Ba.

Le Bureau de l’Assemblée nationale a déclaré mercredi « irrecevable » une proposition de loi réprimant plus durement l’homosexualité.

Dans un communiqué, le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, se garde d’évoquer le rejet de ce texte. Mais, écrit-il, « nous encourageons toutes les démarches légales visant à lutter contre ce crime odieux et dénonçons toute tentative pour le défendre ».

Le khalife général est à la tête de l’une des plus puissantes confréries religieuses qui caractérisent le Sénégal. Les mourides, d’obédience soufie (sunnite), et les autres confréries jouent un rôle prépondérant, spirituel et temporel sinon politique, dans la vie de ce pays musulman à près de 95 %. Les leaders de ces confréries sont très écoutés.

Dans son communiqué, le khalife dit que « l’une des plus importantes finalités de l’islam consiste à préserver la progéniture et à protéger la société contre la corruption et la dépravation des moeurs ».

Citant le Coran et la tradition, il parle de l’homosexualité comme d’une « turpitude » et de « crime envers le Créateur et contre l’humanité tout entière ». La tradition préconise une « punition sévère », dit-il, dénonçant « vigoureusement toute action » visant à promouvoir l’homosexualité.

La loi sénégalaise punit d’un à cinq ans de prison et d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs CFA (152 à 2.286 euros) « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ».

Des voix réclament le durcissement de cette législation. Onze députés ont déposé en décembre une proposition en ce sens, portant les peines de prison à cinq à dix ans ferme et les amendes à 1 million à 5 millions de francs CFA (1.500 à 7.625 euros).

Outre l’homosexualité, la proposition visait « lesbianisme, bisexualité, transsexualité, intersexualité, zoophilie, nécrophilie et autres pratiques assimilées ».

Le Bureau de l’Assemblée nationale a recalé la proposition en invoquant le fait que le code pénal sénégalais réprime déjà « sévèrement » l’homosexualité.

Le gouvernement sénégalais invoque les spécificités culturelles sénégalaises pour refuser une dépénalisation de l’homosexualité.

lepoint.fr

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LA DETTE DE L’ÉTAT https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/07/la-dette-de-letat-2/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/07/la-dette-de-letat-2/#comments Fri, 07 Jan 2022 05:01:12 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39580 L’encours de la dette publique grimpe

L’encours de la dette, c’est-à-dire le stock global de l’endettement de l’Administration centrale, est projeté à 10 295 milliards en 2021 contre 8 903 milliards FCfa en 2020. Soit une progression de 15,6% sur la période. Il devrait représenter 67,3% du PIB en 2021, soit une progression de 4,6% par rapport à 2020 (62,8% du PIB). Toutefois, précise la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), il devrait demeurer en dessous de la norme de 70%, retenue dans le cadre de la surveillance multilatérale.

L’encours de la dette publique est projeté en 2022 à 10 937 milliards FCfa, soit une hausse de 6,2% par rapport à 2021. Il devrait représenter 66,4% du PIB en 2022, contre 67,4% l’année précédente. D’après la DPEE, le ratio devrait demeurer, toujours, en dessous de la norme retenue dans le cadre du pacte de convergence de l’Uemoa. Les causes de la lourdeur du stock de la dette, sont certainement à rechercher dans les grands projets d’investissement engagés, ces dernières années, par le chef de l’Etat et ses équipes.

«En matière de dette, le ministre me rappelait qu’on a la meilleure notation souveraine. Il n’y a aucun pays qui ne s’endette pas, l’endettement fait partie du fonctionnement de l’Etat. Il faut juste savoir honorer ses dettes. Faire en sorte que l’économie puisse payer le service de la dette », avait indiqué Macky Sall lors du Conseil présidentiel sur les revenus futurs du pétrole et du gaz.

Le plus important, disait-il, ce n’est même pas le capital. Mais, faire en sorte que le pays ait une bonne tenue de ses recettes, une bonne gestion financière, que l’argent emprunté soit utilement investi, et non pas utilisé dans le fonctionnement et les salaires seulement ou dans l’achat de voitures et autres.

Ainsi, il a été relevé que la marge de manœuvre, par rapport au palier fixé par l’Uemoa, se rétrécit de plus en plus. Et pour contenir les vulnérabilités, liées à l’augmentation de la dette publique du pays, l’équipe du FMI soulignait, en décembre dernier, qu’il importe d’accroître les recettes intérieures, de réduire progressivement les subventions aux produits pétroliers et, à l’électricité, et de renforcer l’efficience des dépenses publiques afin de ramener le déficit budgétaire d’ici à 2024, à 3 % du PIB.

Ousmane Wade/leral.net

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SUPERMARCHÉ 100% SENEGALAIS https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/06/supermarche-100-senegalais/ https://www.senegalblackrainbow.org/2022/01/06/supermarche-100-senegalais/#comments Thu, 06 Jan 2022 03:42:36 +0000 https://www.senegalblackrainbow.org/?p=39575 Elydia, premier supermarché 100% sénégalais à Dakar

Après Touba, le groupe Elydia a ouvert fin décembre son second supermarché 100% sénégalais à Dakar au Sénégal. Situé au CICES, il couvre une superficie de 1200 m2. La particularité de cette chaine de distribution est qu’elle se positionne sur le « consommer local » avec la mise en valeur des produits locaux, made in Sénégal, mais aussi biologiques.

Pour ce faire, le groupe Elydia de la holding Fortunes Capital Group dispose de plusieurs structures dans l’agrobusiness allant de la production agricole, à la transformation en passant par ,a distribution, la logistique et le transport : Ely-Agro, Elycargo.

Après les supermarchés ouverts à Touba et Dakar, deux autres devraient ouvrir très prochainement aux Mamelles et à Keur Massar avec l’ambition à terme de couvrir toutes les régions du Sénégal

commodafrica.com

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