LE SECTEUR HORECA EN COLÈRE

Le « niet » des travailleurs de l’hôtellerie, restaurants et bars

Le Syndicat national des travailleurs de l’hôtellerie, restaurants et bars et salles de jeux du Sénégal (Snthrbs) attire l’attention des pouvoirs publics en rapport aux dernières mesures prises dans le cadre de lutte contre la covid-19. Ces travailleurs disent non au couvre-feu et invitent les pouvoirs publics à revenir sur la décision qui, selon eux, n’est rien d’autre que suicidaire pour le secteur durement éprouvé durant la première vague de Covid-19.
Jugeant très épouvantable la situation économique et sociale vécue dans la première vague de la pandémie de la Covid-19, les travailleurs du secteur du tourisme, singulièrement le Syndicat national des travailleurs de l’hôtellerie, restaurant et bars et salles de jeux du Sénégal se disent à bout de souffle pour devoir vivre la même situation de perte d’emplois, de fermeture, de réduction du personnel, voire de diminution des salaires avec ce nouvel Etat d’urgence, assorti de couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin décrété par le chef de l’Etat. «Avec ce couvre-feu, plusieurs d’entre nous risquent de mettre la clé sous le paillasson», lit-on dans la déclaration liminaire du Snthrbs, qui «ne saurait être agréée par cette mesure de couvre-feu qui d’ailleurs, comme en attestent les remous constatés un peu partout dans notre pays, semble bien être inappropriée et impopulaire.
Une mesure peut bien être impopulaire, mais profitable à la communauté, notamment sur les besoins primaires, essentiels et existentiels mais si elle impacte négativement sur la survie d’un secteur aussi essentiel que le tourisme qui renferme hôtels, bars, restaurants, salles de jeu».
Sidya Ndiaye, secrétaire général de la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts), relève dans la foulée que «les travailleurs ont beaucoup souffert durant la première vague de la pandémie pour avoir perdu leur emploi, ou avoir vu leur salaire diminué, ou le personnel sensiblement réduit ou arrêt total de leur activité économique. Et si rien n’est fait par rapport aux mesures prises, touchant directement leur secteur qui fonctionne essentiellement la nuit, le pire n’est pas à écarter», alerte-t-il. Un mal vivre durement éprouvé par les impactés.
Avec ce nouveau couvre-feu, « ces travailleurs qui ont tout dernièrement commencé à nourrir des espoirs commencent à déchanter avec ces nouvelles mesures de lutte contre la pandémie qui a refait surface dangereusement», prévient-il. Confortant son propos, il regrette le licenciement de femmes au Caesar Mermoz, après 16 voire 17 ans de service. «Nous avons un échantillon de femmes qui travaillent au Caesar Mermoz qui viennent d’être virées à peine la mesure entrée en vigueur», explique-t-il. Il poursuit: «A Saint Louis, on m’apprend que dans beaucoup d’hôtels, bars et restaurants la situation est déplorable».
Paradoxalement, regrette-il: «L’on nous apprend que l’Etat a appuyé et continue d’appuyer le secteur». Ce qui lui fera dire: «Nous voulons savoir qui reçoit cet appui? Puisqu’il y en a qui disent n’avoir rien reçu, même si par ailleurs on parle de baisse de fiscalité».
JEAN PIERRE MALOU/sudonline.sn

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2 réponses

  1. Stephane dit :

    Les femmes travaillant au Caesar Mermoz pourront certainement attaquer leur employeur à la reprise de l’activité, j’ai bien peur qu’elles n’obtiennent gains de cause, les Libanais sont au dessus des lois au Sénégal

  2. Horacio dit :

    Il n’y a pas que les bar restaurant hôtel, les autres commerces sont concernés, couvre feu à 21h, la majorité ferme à 18h pour pouvoir rentrer chez eux (embouteillages, places limitées dans les bus et les taxis qui ne se gêne pas pour augmenter les prix !)

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