MBOUR- PROJET DE DECLASSEMENT DE LA FORET DE BALLABOUGOU

Les éleveurs menacent d’entamer une grève de la faim

Le projet de déclassement de la forêt de Ballabougou est un désastre, pour les éleveurs et les agriculteurs du département de Mbour. Ils ne comptent pas se laisser faire. Ils concoctent une marche et menacent d’observer une grève de la faim.
Ils avaient déjà alerté, la semaine dernière, sur la situation avec le projet de déclassement de la forêt de Ballabougou. Lors d’un point de presse qu’ils avaient organisé, les éleveurs du département de Mbour avaient indiqué que cette forêt constituait un régulateur social entre les pasteurs et les agriculteurs. Mais sans réaction, depuis lors, des autorités, les pasteurs du département de Mbour ont décidé de passer à la vitesse supérieure. En effet, lors d’une grande manifestation organisée hier, en collaboration avec les agriculteurs dans le village de Ballabougou, ils ont menacé d’observer une grève de la faim pour arriver à une issue favorable dans leur combat, si des actions ne sont pas faites allant dans le sens d’arrêter ce projet de déclassement de la forêt de Ballabougou initié par le maire de Sandiara Serigne Guèye Diop, selon leurs accusations.
Á les en croire, le projet vise à utiliser les 1 216 ha de la forêt classée pour cultiver des melons qui seront vendus à l’étranger. C’est pourquoi les agriculteurs et les éleveurs sont prêts à en découdre avec quiconque tenterait de leur prendre cette forêt classée qui permet à des centaines de familles de survivre.
Amadou Ka, Président de la Maison des éleveurs de Malicounda, explique : “Nous avons fait des démarches allant dans le sens du dénouement de cette affaire. La lutte va continuer, tant que ce projet n’est pas arrêté. Nous allons déposer une demande d’autorisation de marche au niveau de la préfecture de Mbour. Agriculteurs et éleveurs vont manifester pour montrer leur désaccord”, fulmine-t-il. Avant de préciser : ”Même si les maires sont d’accord, nous populations, nous allons nous opposer. Ce n’est pas un problème politique, mais une question de survie de l’élevage et de l’agriculture dans le département de Mbour.”
”Nous ne pensons pas que le président Macky Sall puisse laisser des milliers de personnes périr pour l’intérêt d’autres personnes”, souligne Amadou Ka qui considère, également, que “ce projet n’est bénéfique ni aux populations ni à l’État, puisque la vente se fait à l’étranger. On les autorise à vendre que 20 %, qui correspondent au 3e choix. Le 1er et le 2e choix sont vendus à l’étranger”, révèle Amadou Ka.
Idrissa Aminata Niang/homeviewsenegal.com

Vous aimerez aussi...

5 réponses

  1. issa gibb dit :

    Il est vrai qu’en regardant la photo ??? Détruire un endroit où il reste encore de l’herbe et des arbres au Sénégal pour en faire une exploitation de melons aux mains d’une société étrangère à destination de l’exportation pour l’étranger => A de quoi mettre en grève les éleveurs et les agriculteurs sénégalais et le peuple sénégalais tout court, de voir la destruction et l’exploitation de leurs terres et de leurs ressources naturelles par des intérêts étrangers… Et ce n’est qu’un début !
    Mais le problème est : Qui décide de çà ? Qui tire les ficelles ? Qui signe les contrats ? Qui fait çà pour prendre des dividendes ? Qui s’enrichit avec çà, pour faire çà ?
    En plus simple et plus court : Qui vend le pays aux étrangers pour s’enrichir ??? Une petite idée…

  2. stephane dit :

    La culture des melons et pastèques devrait être interdite au Sénégal

  3. Ndiaye dit :

    Bizarre ce conflit! ce maire est connu comme un maire bosseur, sérieux, très ambitieux, avec une vision claire mais aussi très au fait de l’aspect écologie.
    Il y a un malentendu certainement … mais on ne peut faire des omelettes sans casser des œufs!
    Personne ne veut qu’on touche à « ses » terres et pourtant tout le monde réclame des usines, fermes, hôtels, des ports, et autres industries à fort main d’oeuvre, pour faire bosser leurs progénitures en chômage chronique… faut savoir ce qu’on veut à la fin, faut bien les construire sur terre et pas au ciel. Car toutes les terres du Sénégal, même dans le domaine national, « appartiennent » déjà à des gens qui l’utilisent. Donc faut les dédommager (très) correctement c’est tout…

  4. Bill dit :

    Peut être y a t-il un compromis qui satisfasse à tous. Des champs de melons parmi les baobabs ??? La culture du melons est aussi du ressort des agriculteurs. Dommage pour les baobabs centenaires et magnifiques surtout qu’ils poussent moins vite que les melons. Il faudra des siècles pour les revoirs s’ils disparaissent.

  5. Ndiaye dit :

    Est t-on obligé de couper des arbres pour cultiver, à plus forte raison des baobabs, espèces avec une très faible densité spatiale?
    L’agro-écologie prône le contraire! le mixte culture/arbres est même recommandé..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :