Sénélec la catastrophée

Kéba Keinde flingue la gestion calamiteuse de la Senelec

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Si le Sénégal en est arrivé à vivre de sérieux problèmes d’électricité, qui ont même engendrés des émeutes, c’est à cause de la ‘gestion calamiteuse du secteur’ par les actuels tenants du pouvoir. C’est la ferme conviction du banquier d’affaire, établi à Dubaï et candidat à la prochaine élection présidentielle, Kéba Keinde. Face à la presse, hier, pour décliner les contours de son programme économique, il soutient que les autorités ont torpillé le processus de reprivatisation de la Senelec en 2003 après sa renationalisation au lendemain de l’Alternance politique en 2000. ‘Le problème de l’électricité aurait été réglé si l’Etat avait fait le choix du meilleur candidat. Nous avions évalué les différentes propositions faites et la meilleure était celle de Aes, une société américaine qui est présente partout.

Il s’engageait à recapitaliser l’entreprise, à résoudre le problème des délestages avec des pénalités de retards si le problème n’était pas réglé à temps et permettait le développement de la production indépendante par le biais d’opérateurs économiques nationaux et internationaux’, indique l’ancien Managing Director de Bnp Paribas pour l’Afrique et le Moyen Orient qui était en charge de la reprivatisation de la Senelec. ‘Nous avions ainsi indiqué à l’époque, à Macky Sall, alors ministre en charge de l’Energie, la meilleure offre. Mais, pour des raisons que nous ne comprenions pas, l’Etat a décidé de donner l’adjudication provisoire à une société française dont l’offre, non seulement n’était pas conforme avec les termes de l’appel d’offres mais ne répondais en rien au besoin d’investissement et de développement du secteur’, poursuit le banquier d’affaires. De cela, regrette Kéba Keinde, s’en est suivi une annulation de l’appel d’offres. Ce qui a fait que, la Senelec, pendant dix ans, n’a pas pu être recapitalisée, et n’a pas pu avoir l’expertise nécessaire pour se développer.

Même si la fourniture en électricité s’est améliorée aujourd’hui, il pense que le plan Takkal est une réponse à la crise, provoquée par des problèmes de gestion. ‘Ce plan était obligatoire parce que nous n’avons pas le choix mais il nous coûte excessivement cher puisque le processus d’urgence que nous avons mis en œuvre rend le coût de l’électricité excessivement cher et ne résolve le problème de l’électricité que de façon temporaire’, dit le banquier. Pour qui la véritable solution passe par une refonte du secteur de l’électricité, par une restructuration et une privatisation de la Senelec, par un choix des énergies plus adéquats.

S. DIOP

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