Pêche enfin un peu mieux surveillée

Le Sénégal renforce la surveillance de ses côtes
Pêcheurs résidents et étrangers avertis

peche-industrielle.jpgLes braconniers résidents ou étrangers seront traqués dans les eaux sénégalaises tant que ce sera nécessaire pour une gestion durable des ressources halieutiques.Des inspecteurs et observateurs de la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (Dpsp) ont déjà reçu une formation dans ce sens.
Tout porte à croire que plus rien ne sera comme avant dans l’exploitation abusive des ressources halieutiques constatée au large des côtes sénégalaises. Des inspecteurs et observateurs sénégalais reçoivent ce jeudi 3 novembre à Dakar leur parchemin attestant du renforcement de capacité de leurs compétences en suivi-contrôle et surveillance des pêches en mer et à quai. La cérémonie de remise prévue à la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (Dpsp) sanctionne la fin de plusieurs ateliers de formation initiés par l’Ong WWF dans le cadre du projet Recargao. Ces ‘soldats de la mer’ ont, en effet, la charge de gérer durablement les ressources en établissant un équilibre entre le présent et l’avenir pour ce qui a trait à l’appauvrissement des stocks de poisson ainsi qu’aux effets perturbateurs de l’activité de pêche ou d’autres activités économiques.
En effet, souligne-t-on dans un communiqué, ces inspecteurs des pêches, composés notamment d’agents et techniciens des pêches, d’officiers mariniers, d’observateurs des pêches, ont, entre autres, été formés en bio-écologie et dynamique des populations marines. Leurs connaissances des Conventions internationales et des codes pertinents, d’aménagement des pêches, de collecte et de traitement des données, ont également été renforcées. Le rôle et la raison du suivi, du contrôle et de la surveillance des ressources marines et côtières étant globaux, leur relation à la protection des pêches est souvent mal comprise, et donc mal interprété, relève le communiqué.
Contrairement à la croyance populaire, la protection des pêcheries ne consiste pas seulement à attraper des braconniers résidents ou étrangers ; c’est une tâche beaucoup plus compliquée à accomplir en respectant des lois civiles et des ordonnances de la nation, affectant tous les exploitants à la fois, précise la même source.
Au Sénégal, selon les statistiques tirées de la Lettre de politique sectorielle et du document intitulé ‘Cadre de dépenses sectoriel à moyen et long termes 2009- 2011 du secteur Maritime’, le sous- secteur de la pêche maritime contribue à hauteur de 2 % du Produit intérieur brut (Pib) et enregistre 600 mille emplois directs ou indirects. Sa part dans le total des exportations sénégalaises tourne autour de 32 %. La valeur commerciale des produits de la pêche a atteint 185 milliards de francs Cfa en 2007. Cependant, depuis plusieurs décennies, le secteur traverse une crise majeure due à la raréfaction des ressources et une augmentation soutenue de l’effort de pêche s’exerçant sur ces ressources au point de rompre la durabilité de leur exploitation. Ainsi, depuis quelques années, les débarquements moyens annuels qui étaient de l’ordre de 450 mille tonnes ont chuté à 350 mille tonnes.
Au niveau international, la pression exercée sur les ressources halieutiques continue de croître en raison de l’augmentation soutenue de la consommation de poisson dans le monde entier, parallèlement à la croissance de la population notamment dans les zones côtières. Divers autres problèmes s’ajoutent à ce dernier, notamment les importantes modifications observables dans la structure des écosystèmes, le gaspillage représenté par les quantités rejetées en mer, les effets sur les espèces menacées d’extinction, les pertes d’habitats critiques, l’intensification des conflits pour l’accès aux pêcheries et l’octroi de subventions conduisant à des captures excessives et à une surcapacité.
Abdoulaye SIDY

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